‹ Paris--atlasChapitre 76 sur 339 · L'ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

L'ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE

que son vocabulaire forme la matière d'un gros volume; et les jours de sortie, le dimanche, le mercredi, plus d'une mère les rencontrant rêve au jour où le fils aimé conquerra à son tour le droit à cet élégant uniforme.

La rue Clovls a été ouverte en 1807, sur le terrain dépendant de l'ancien collège de Bon court, et dont une partie, restée vierge de construction, forme un remblai verdoyant, très pittoresque, et qui a un autre mérite encore, celui de conserver un fragment vénérable de la muraille de Philippe-Auguste. C'est là, en effet, que passait Tenceintedu xni« siècle.

De la place Soufflet, elle s'élevait sur la montagne, à peu près parallèlement à la rue Soufflot, coupait larue Saint-Jacques entre la rue Soufflot et celle des Fossés- Saint-Jacques, fermait le côté Sud de la place du Panthéon, et par un tracé parallèle à celui des rues Thouin, du Cardinal-Lemoine (anciennement dite des Fossés-Saint-Yictor) et des Fossés-Saint-Bernard, aboutissait à la Seine à la porte Saint- Bernard. Outre le fragment de la rue Clovis, des parties du mur ont été retrouvées encore rue d'Arras, n° 9, et dans les substructions de la plupart des maisons de la rue du Cardinal-Lemoine, côté impair, entre la rue des Écoles et celle des Chantiers. Au surplus, ce nom de fossés donné à quelques-unes des rues que nous venons de citer est suffisamment significatif.

Le plus rare joyau que possède le quartier Saint- Victor, ce sont les Arènes. Tout comme les grandes cités du midi de la Gaule, Paris a eu les siennes, et c'est presque au hasard qu'on en doit la découverte. Par le rapprochement des renseignements fournis par quelques vieilles chroniques, les érudits savaient qu'à l'époque gallo-romaine un amphithéâtre existait sur la rive gauche de là Seine, non loin de la montagne Sainte-Geneviève, mais ils hésitaient sur son emplacement. Les fouilles faites pour la construction du dépôt d'omnibus dont l'entrée est rue Monge, 49, le révélèrent en 1869. Ce fut une fête pour l'archéologie, une gloire pour la cité. Malheureusement, l'on n'en était encore qu'à la période de reconnaissance des lieux lorsque la guerre éclata, et, pour longtemps les arènes furent oubliées. Vingt ans se passèrent. Enfin, le conseil municipal, vivement sollicité, consentit à instituer une commission, à voter des crédits de restauration. Ils ont été employés, dépassés même, dit-on, et les Arènes apparaissent maintenant dans l'encadrement d'un square, peut-être un peu trop rajeunies. On aurait aimé un aspect plus délabré, sentant davantage « le romain », et il faut quelque eff*ort, devant ces gradins si neufs, ce mur de fond qu'aucune lézarde ne sillonne, pour évoquer un monument du iii^ siècle. Il est trop tard pour récriminer. Attendons encore quinze siècles.

La rue des Arènes, toute neuve aussi, a absorbé la rue Neuve-Saint-Étienne et une partie de la rue de

CINQUIÈME ARRONDISSEMENT

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