PLACE MAUBERT ET STATUE D'ETIENNE DOLET
n'avait servi à guérir les maladies humaines. Le terrain fut acheté aux religieux de 1r<aint- Victor; il ne comprenait que deux arpents. Des adjonctions successives l'ont agrandi, notamment la butte Copeau, surmontée d'un moulin dès le xn^ siècle et qui est devenue la charmante promenade du labyrinthe; puis, de l'autre côté de la rue Guvier, par conséquent en dehors de l'enclos même du Muséum, un terrain qui est maintenant le jardin botanique de la Faculté de médecine. Citeronsnous les intendants, administrateurs ou professeurs qui ont tant fait pour la gloire de l'établissement? Leurs noms sont sur toutes les lèvres: Jussieu, BufTon, Guvier, Daubenton, Lacépède, Geoffroy Saint-Hilaire, de Quatrefages.
La Ménagerie n'y date que de la Révolution.
Bernardin de Saint-Pierre était alors intendant du Muséum et c'est lui qui eut Tidéc de réclamer la ménagerie royale de Versailles, dont on était assez embarrassé. Ce fut le premier fonds, accru, peu après, par une décision de la Convention, qui interdisait l'exhibition dans les rues des animaux plus ou moins féroces et invitait leurs « montreurs » à les livrer au Muséum, contre indemnité. Les bâtiments sont en partie anciens, en partie modernes. Parmi les premiers, il faut citer la maison de Guvier, la rotonde où fut créée l'École normale supérieure, les constructions situées à l'angle des rues de Butfon et de Geoffroy-Sain t- Hilaire, où demeurait et où mourut Buffon. La grande serre date de 1800. Les galeries d'anatomie, de paléontologie, de zoologie sont pour la plupart plus récentes encore; la dernière construite, parallèle à la rue de Buffon, a été inaugurée en 1898. L'enseignement technique et pratique est fourni aux étudiants par dixsept professeurs. 11 a pour consécration le diplôme de licence, de doctorat et d'agrégation es sciences naturelles.
Autant l'accès du Jardin des Plantes est aimable et gai du côté du pont d'Austerlitz, autant il est sévère à l'entrée de la rue Censier, mélancolique à la grille de la rue Lacépède.
Le voisinage de l'hôpital de la Pitié n'est certainement pas étranger à cette impression. Le fronton de sa façade porte la date de 1613, qui est celle de la construction même.
Destinée d'abord à servir d'abri aux