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FAÇADE DU PANTHÉON

Gay-Lussac et dont la chapelle se voit à l'angle de la rue Saint- Jacques.

Le Val-de-Grâce était le plus important. Les Bénédictines, qu'Anne d'Autriche y installa en 1621, sur l'emplacement d'un ancien « séjour )> des ducs d'Orléans, formaient depuis plusieurs siècles une communauté dite du Val-Profond, àBièvre, près de Versailles; elles s'y trouvaient éloignées de tout, exposées aux attaques des malfaiteurs; aussi n'eurent-elles pas de peine à attendrir la reine. Il fut décidé que l'église serait traitée avec le plus grand luxe : on s'adressa à Mansard, qui paraît avoir mis beaucoup de temps à préparer ses plans, car la première pierre du monument ne fut posée que le 1^^^ avril 1645 par Louis XIV, alors âgé de huit ans. La direction de l'œuvre fut plus tard abandonnée par Mansard, auquel succéda Jacques Le Mercier, puis, après sa mort, en 1654, Le Muet. Nous ne saurions dire si le plan primitif comportait le fameux dôme qui fait la principale beauté de l'église; on sait du moins que le peintre Mignard, chargé de la décoration de la coupole intérieure y peignit une Gloire, célébrée par Molière, la Gloire du Val-de-Grâce. Il semble que les grands noms du siècle : architectes, peintre, poète aient voulu s'associer pour l'embellissement de cet édifice. Les bâtiments conventuels furent, de même, construits somptueusement; on leur adjoignit le vaste parc, si précieux encore aujourd'hui par sa destination actuelle et pour la salubrité du quartier. La Révolution trouva l'abbaye en pleine prospérité ; mais faute de lui donner une affectation pratique, elle la laissa inoccupée. Plus tard, après diverses hésitations, Napoléon P^ en fit le principal hôpital militaire de Paris, et il l'est resté. En outre, depuis 1852, l'École du Val-de-Grâce fonctionne parallèlement à l'hôpital et confère leurs diplômes aux médecins et pharmaciens militaires. Dans la cour d'honneur, à gauche du portail de l'église, a été érigée, en 1843, la statue de Larrey, chirurgien militaire des armées de Napoléon. Cette statue est l'œuvre de David d'Angers.

Une façade sévère cache la vue des bâtiments de l'Institution des sourds-muets, installée, le 1^^ avril 1794, dans l'ancienne abbaye de Saint-Magloire, transformée depuis 1618 en séminaire des Oratoriens et fermée en 1790. On ne saurait trop honorer la mémoire de l'abbé de l'Épée, ce philanthrope admirable qui voua son existence aux déshérités de la nature. Ce fut chez lui, d'abord, rue des Moulins, qu'il réunit en 1760

CINQUIÈME ARRONDISSEMENT

un certain nombre d'enfants sourds-muets et s'appliqua aies instruire gratuitement. Sans qu'il l'ait voulu ni souhaité, car le vrai mérite est toujours modeste, son œuvre fut bientôt connue du public, et il fut convié à admettre des auditeurs aux leçons qu'il donnait. Le gouvernement ne s'en désintéressa pas non plus; c'est à sa louange. En 1785, il affecta à l'institution une partie du couvent des Célestins, dont les religieux venaient de se disperser. Ce nest cependant qu'après la mort de l'abbé de l'Épée, survenue en 1789, que son successeur, l'abbé Sicard, put occuper ce local; mais on sy trouva si mal, les bâtiments étaient à ce point délabrés qu'il fallut chercher ailleurs. La Convention mit alors à la disposition des sourds-muets la maison de la rue Saint-Jacques qui fut reconstruite en 1832, et s'est accrue depuis de vastes dépendances. Un orme remarquable, haut de 45 mètres, se voit dans la cour d'honneur; il fut planté, dit-on, au xvi*^ siècle. De beaux jardins s'étendent jusqu'à la rue d'Enfer.

L'institution, en dépit de son caractère pédagogique, relève du ministère de l'Intérieur. Les élèves, répartis en internes, demi-pensionnaires ou externes surveillés, ne sont admis qu'âgés de neuf ans au moins, de douze ans au plus. La durée de l'enseignement est de huit années, après lesquelles les pauvres infirmes, outre les notions qu'ils ont acquises sur toutes choses, sont en mesure de parler distinctement et de suivre les conversations par le mouvement des lèvres. La surdité congénitale est encore, hélas! jusqu'ici incurable.

N'insistons pas sur le nit^uvais calembour qui, en 1879, a fait donner le nom de Denfert-Rochereau à l'antique rue d'Enfer, via in fer a, voie inférieure, ainsi nommée parce qu'elle était en contrebas de la rue Saint-Jacques. Pour glorifier le vaillant défenseur de Belfort, les rues nouvelles ne manquaient pas. Le temps fera oublier la dénomination primitive, mais ceux qui l'ont connue et employée trouvent généralement que l'idée n'a pas été heureuse. Denfert- Rochereau eût été certainement de leur avis.

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FAÇADE DE L'ÉGLISE S AINT-ÉTIENNE-DU-MOriîT.

L'église Saint- Jacques -du -Haut -Pas ne mérite guère une visite ; elle est trop du xvn« siècle pour cela. La première pierre en fut posée par Gaston d'Orléans, le 2 avril 1630.

La rue des Feuillantines a eu l'honneur d'être habitée par Victor Hugo enfant. Dans Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, le poète a fait dire d'une façon charmante comment il fit, avec ses frères, connaissance de la nouvelle demeure, sous la conduite de leur mère : lis entrèrent dans l'impasse des Feuillantines, au n» 12; une grille s'ouvrit.

Ils traversèrent une cour, puis furent dans un rez-de-chaussée.

C'était là. Leur mère voulut leur faire admirer la salle à manger et le salon, vastes, hauts de plafond, hauts de fenêtres , pleins de lumière et de chants d'oiseaux, mais elle ne put les retenir dans la maison; ils avaient vu le jardin !

Ce n'était pas un jardin, c'était un parc, un bois, une campagne. Ils s'en emparèrent à l'instant même, courant, s'appelant, ne se voyant plus, se croyant égarés, ravis! Ils n'avaient pas d'assez grands yeux ni d'assez grandes jambes ; ils faisaient à chacpic instant des découvertes. — Sais-tu ce que j'ai trouvé? — Tu n'as rien vu? — Par ici! Par ici! IJ y avait une allée de marronniers qui servirait à mettre une balançoire. IJ y avait un puisard à sec qui serait admirable pour jouer à la guerre et pour donner fassaut. Il y avait des fleurs autant qu'on en pouvait rêver, mais il y avait surtout des coins qu'on n'avait pas cultivés depuis longtemps et où poussait tout ce qui voulait... Le propriétaire était un nommé Lalandc, qui avait acheté le couvent des Feuillantines quand la Révolution f avait repris aux religicuocs. Il en occupait une partie et louait l'autre.

La rue Lmis-Tliuillier doit son nom à un jeune médecin qui, en 1883, mourut du choléra en Egypte où il était allé l'étudier. Elle conduit de la rue Gay-Lussac à la rue d'Ulm, vis-à-vis de l'École normale supérieure. Fondée en 1795, cette Ecole ne s'est installée qu'en 18i7 dans les bâtiments actuels. Chacun sait quelle forme les professeurs pour renseignement suj)érieur et celui des lycées, mais il faut dire aussi qu'elle a préparé à la carrière des lettres et du journalisme bon nombre des écrivains dont s'honore notre époque.

Ne craignez pas de vous engager dans la rue Lhomond, au risque des meurtrissures que ses rudes pavés inlligent aux piétons. On est là dans un des coins les plus pittoresque du vieux Paris, pieux et studieux. La rue Lhomond ne porte que depuis 1867 le nom du célèbre grammairien. Avant, elle était la rue des Postes; pour beaucoup de gens, elle l'est encore, en raison de la célèbre école des

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