‹ Paris--atlasChapitre 93 sur 339 · LA SALLE DES SÉANCES DU SÉNAT · texte numérisé non relu

LA SALLE DES SÉANCES DU SÉNAT

députés, qui appartient au YIP arrondissement, les terrains de l'hôtel de Condé devinrent libres, et, par lettres patentes du 30 juillet 1773, le roi décida qu'on en utiliserait une partie pour la construction du théâtre de ses comédiens français, qui, forcés d'abandonner leur salle

de la rue des Fossés-Saint-Germaindes-Prés, parce qu'elle menaçait de s'écrouler, jouaient alors à titre provisoire au théâtre du château des Tuileries.

Le premier projet consistait à bâtir la nouvelle salle sur l'emplacement du carrefour actuel de l'Odéon. Des lettres patentes, du 10 août 1779, décidèrenrtqu'il était préférable « de la placer dans la partie la plus voisine du Luxembourg, afin que, plus rapprochée du palais que nous avons donné à notre très cher et très amé frère. Monsieur, pour son habitation et celle de notre très chère et très amée sœur Madame, elle soit un nouvel agrément pour leur habitation, en même temps que pour nos sujets qui, avant d'entrer, ou en sortant du spectacle de la Comédie-Française, auront à proximité une promenade dans les jardins du Luxembourg... »

L'édifice fut achevé en 1782, sous la direction des architectes Peyre et de Wailly. La place de POdéon, qui s'étend devant sa façade, fut conçue sur un plan circulaire, de façon à s'harmoniser avec l'édifice ; deux portiques le reliaient aux deux maisons d'angle de cette place, au coin des rues Corneille et Rotrou; ils ont disparu depuis longtemps. L'Odéon n'est qu'un cube de pierres, peu agréable à voir. Il est de bon goût, chez les boulevardiers, de déclarer qu'il est au bout du monde, de faire une affreuse grimace lorsqu'une nouvelle représentation les convie à accomplir le voyage ; tout cela n'empêche pas que ces pierres soient de solides assises de notre littérature. On y a joué de méchants actes, comme partout; mais combien d'œuvres remarquables et vibrantes, aussi! Quelles soirées d'enthousiasme la jeunesse républicaine y a passées à la fin du second Empire ! Et les arcades même qui entourent le monument, garnies, bondées de livres, ne sont-elles

Pfiot. ]>feurdeia.

Page 1