‹ Paris au boisChapitre 19 sur 24 · TS · texte numérisé non relu

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les Parisiens pour de vrai, ont aussi les leurs, et ce ne sont pas les moins bien attelés.

J'entends que ce sont les mieux compris pour foire un service pratique et fournir les plus longues excursions, car pour lutter de luxe avec des gens qui peuvent consacrer à l'achat de quatre chevaux le prix d'une ferme en Beauce, les revenus héréditaires de nos familles françaises ne sauraient suffire.

A défaut des fortes sommes, nos sporismen ont pour eux la longue pratique, et comme ils ne sont pas obligés d'avoir recours à l'intermédiaire de gens qui n'ont en vue que la rcmunéralrice commission, il arrive qu'ils trouvent, non pas l'animal le plus cher, mais le mieux approprié au service qu'ils en attendent.

De plus, ils savent conduire, n'ayant pas attendu pour apprendre d'avoir un attelage de plusieurs dizaines de mille francs, et, quand il s'agit de faire de la route, on s'aperçoit pendant les derniers kilomètres que le prix d'achat des chevaux influe moins sur les résultats, obtenus que la fagon dont on a su les ménager.

Ce qui revient à dire que, si l'on désire impressionner les masses par une apparence irréprctcbable, il faut figurer sur le coach d'un propriétaire aussi exotique que milliardaire, mais que, si Ton tient à arriver sûrement au terme d'une excursion un peu longue, il est beaucoup plus sage de se faire inviter par un concitoyen aulbenlique.

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En constatant le développement rapide du ménage à quatre, je commettrais un impardonnable oubli, une criante injustice, si je ne parlais pas d'un bomme qui a fait plus qu'aucun autre pour ses incontestables progrès. Il s'agit d'Howlel, le fondateur de la dynastie.

L'art de conduire à quatre ne s'improvise pas; ce n'est pas un de ces talents qu'on puisse développer dans le recueillement du cabinet et qoi s'apprenne en chambre. II faut l'étudier sur le terrain, et avoir sous la main les cbevaux, la voiture, en un mol, tout l'attirail nécessaire.

C'est tout ce matériel indispensable qu'Howlel a mis à la disposition de la jeunesse studieuse, en même temps qu'un professeur incomparable, d'une patience admirable, d'une persévérance el d'une politesse merpeilleuses, d'un sang-froid imperturbable et d'une présence d'esprit toujours en éveil. Il a mis le fouet à la main de tous ceux qui manient aujourd'hui un peu proprement \xnfour in hands, et il n'est pas un de ses élèves qui ne soit prêt à attester qu'il doit tout ce qu'il sait à l'attention impeccable de son professeur el à son incomparable expérience.

Cet homme, qui joue d'un attelage à quatre comme Pagaoini jouait du violon, assiste, impassible, à toutes les fausses notes commises parles néopbytes qu'il assiste de ses conseils, el n'intervient Jamais que lorsqu'on réclame son secours; si l'on ne demande pas son intervention, il laisse venir l'accident avec une résignation digne d'admiration, puisqu'on bout du compte ses membres ne sont pas plus que d'autres à l'abri d'une fracture ; el quand le choc s*est produit, il faut voir avec quelle activité il y remédie I

On l'a vu plus d'une fois relever, dételer et ratleler à lui seul tous ses quadrupèdes, renversés d'un seul coup par la maladresse d'un élève.

Dans ces cas-là, il fait en un moment plus de besogne qu'une escouade de palefreniers, — sans avoir l'air de se presser, — mais touchant du premier coup la courroie qu'il faut déboucler pour désencbevélrer les harnais, passant au milieu des jambes des cbevaux renversés avec une incroyable îosouciuice du danger, il remet tout en place et remonte s'asseoir à côté du coupable, aussi Iranquillement que s'il ne s'était rien passé.

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