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CHAPITRE IV

I da Ararins.

ils marri)

omcDlani^s et amntcurs île faoliDg, public suburbain.

Le persil des Acacias voit figurer jusqu'à des piétons ; fantassins momentanés pour h plupart, descendus de leurs équipages dans l'intention de se dégourdir les jambes, et qui se résignent dans ce but n ihire sur leurs propres pieds un parcours d'environ cinq cents mètres.

Ceui-là disent en rentrant : u Je suis harassé, j'ai beaucoup marché aujourd'hui. »

D'autres, au contraire, beaucoup moins nombreux, sont de véritables avaleurs de kilomètres, qui considèrent b marche comme un sport.

11 a pour lui d'être le plus économique, puisqu'il n'exige comme déplacement de capital que celui nécessaire à l'achat d'un certain nombre de chaussures à fortes semelles, et, pour les gens qui

aiment à se rendre un compte exact de leurs actes, l'emplette d'un podomètre, instrument peu coûteux dont la valeur ne dépasse guère celle d'un waterbury.

Ces dépenses sont évidemment moins ruineuses que l'entretien d'un coach, et jusqu'à présent nous ne sachions pas qu'elles aient donné lieu à la formation d'aucun conseil judiciaire.

Ces marcheurs passionnés ont découvert, pour désigner leur sport favori, un vocable anglais qui le relève à leurs propres yeux et donne à leurs goûts de facteurs ruraux une apparence de chic, — ils s'intitulent amateurs àe footing.

On parle même de la prochaine création d'un footing-club dont les statuts se rapprocheraient beaucoup de ceux de la Société d'encourage-

FootwuM eoDalatant à mb eicellnit podonètre qo'il • foarai mCUt* dut M Joornée 47 kilomètns 328 nètrn 88 Motimélrft.

On m'assure, mais cette information mérite d'être sérieusement contrôlée, que la Société des chaussures à vis aurait l'intention de fonder un prix important qui serait marché dans des conditions à déterminer.

Quoi qu'il en soit, cette manie ambulatoire fait de rapides progrès, qu'on peut surtout constater les jours de courses à Longchamps.

Le nombre de jeunes gens qui en reviennent à pied, la carte de pesage à la boutonnière et la lorgnette en sautoir, devient chaque jour plus considérable.

Peut-être les exigences toujours croissantes des cochers de fiacre et autres cabmen ne sont-elles pas étrangères au développement d'une habitude aussi fatigante que favorable à la transpiration.

Il ne faut pas se figurer qu'il suffise de marcher souvent, vite et longtemps pour être un véritable footman; à ce compte, le premier commissionnaire venu, le plus infime trottin du télégraphe pourrait s'emparer de ce titre. Une tenue exceptionnellement soignée est rigoureusement exigée, premier point essentiel ; il faut ensuite que le footman ait le genre anglais, et, en dernier

lieu, qu'il veille alfentivement à tenir conslammeut les jambes et les bras écartés; c'est la position caractéristique qui donne à l'allure du marcbenr le cachet spécial sans lequel le footing n'existe pas.

S'il rapproche les coudes, s'il met une maiu dans sa poche, s'il quitte en' un mot la position réglementaire, lefootman cesse d'être lui-même et tombe à la condition de simple marcheur.

Le foolman ne sérail pas un bomme haïssable, s'il s'était borné à marcher solitairement. Sa manie ne serait pas blâmable, car chacun prend son plaisir où il le trouve.

Le côté par lequel il mérite la réprobation générale, c'est qu'il a cherché à propager sa manie, et qu'il est parvenu à entraîner des femmes dans la pratique de son sport. Le footman a engendré la foolwoman; et c'est là son crime. Autant il m'est indiUérent de voir un homme, c'est4-dire un être laid

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par deslinalioD, se rendre un peu plus laid à l'aide de certains gesles ou de certaines altitudes, autant il m'est douloureux de voir attenter à la dcmarclie de la femme; la femme, j'enlends la vraie femme, n'est pas faite pour marc'Iier; c'est (ont au plus si on doit lui perineltre de se promener à petits pas; sa véritable allure est la danse, et ses plus grandes courses ne doivent pas aller plus loin que du salon h la salle à man<{er.

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Mais la marche, la marche kilométrique, précipitée, à grandes enjambées, c'est tout au plus si l'on peut l'admettre pour cerlaincs Anjjlniscs naturellement déhanchées et particulièrement nn<{uleuses.

En dehors de ces créatures de sexe indéterminé, coDstriiiles à la façon des locomobiles, la marche soutenue ne peut élre bonne que comme moyen médical pour combattre Tohésité.

Dans ce dernier cas, elle n'a qu'un tort, c'est d'èlre inefficace.

OdI^d m Irurtvo luret panne ■elroaier uoo fo > da plui el reprendre leur cODienilion inler npae iprè* le drjenner L« cod ueronl kd cercle el pHMri 1res probtbl«inent leur n rie même theltre diai lei eoula duquel liferéun ronleacoreponi icberer lenr ilock de nouiellet

Mârrhe pour eoinballre un emb poial progmiif. S'j eit penl-étre pri*e un peu Urd.

Let piéton* dtt Acacia*. — rauri|aoi il* marcheol.

PAKIS W BOIS. 9'

En dehors de ces faaatiqiies de locooiotiou aulomalique, amoureux Aujara da te des Italiens, les fantassias accideolels obéissent, eo se lirranl au suppiice de la marche, à des considéralioas multiples.

Les uns espèrent se rapprocher d'clégaales pronieueuses dont ils a'r::! pu apprécier tous les charmes dans le croisement perpétuel de Lurs véliiules réciproques.

Les autres éprouvent le besoin de faire admirer dans lc:ir ctisciii!)!e d/s toilettes plus ou moins réussies, mais certainemeol inédites.

Ceux-là tiennent à faire prendre un peu d'exercice à leurs insupportables molosses {cam's giganieus des Latins) ; celles-ci veulent que leur persil quotidien profite à leurs rejetons, dont les muscles manquent de développement.

Mademoiselle Z... lient à montrer dans toute leur étendue les dimensions gigantesques du valet de pied qu'elle s'est nouvellement procuré , et mademoiselle V. . . n'est pas moins désireuse de présenter au public, dans un déboulé de quelques centaines de mètres, le comte de X... qu'elle s'est également, et non moins récemment, procuré...

C'est à voua IolI ça? MaieKe! ! !

A ce groupe de promeneurs élégants ou professionnels, il faut ajouter tout un monde de personnalités plus modestes fourni par les habitants des quartiers qui avoisinent le Bcis, et qui constitue le public suburbain du persil. Ce sont, pour la plupart, des gens d'un âge avancé retirés du tracas des affaires et qui, réfugiés à Ncuilly, aux Ternes, Auteuil ou Boulogne, y virent en repos du produit de leurs cconomies.

Pour eux, la conlemplation des promeneui's venus du ceairc constitue à la

fois un spectacle et un renseignement.

C'est là qu'ils étudient les modes nouvelles, et celte promenade supplée,

pour un grand nombre de jeunes filles qui y sont amenées par leurs parents,

à la réception d'un journal de modes.

Elles observent la coupe des jupes, la forme des corsages, les courbes des chapeaux, e(, rentrées à domicile, elles exécutent des copies qui rappellent leurs modèles à peu près au!:si exactement que les tableaux perpétrés sur les chevalets du Louvre représentent les chefs-d'œuvre accrochés aux murailles de notre inestimable galerie nationale.

Celte petite province qui coudoie chaque jour les princesses de l'élégance en reproduit toutes les audaces, mais il est rare que ces tentatives lui réussissent.

Telle forme de toileUe qui foil un excellent eOel dans un huit-ressorts produit une impression absolumeut diflereate quand elle est portée par une personne qui (ransporle en outre un pliant surchargé de tout ce qu'il faut pour le goûter de l'après-midi, et soutient par surcroit les pas chaocelaols d'un virux parent racorni par des ihumatismes ou détérioré par les envahissements d'une ataxie progressive.

Antigone, j'en suis convaincu, ne cherchait pas à lutter d'élégance avec les cocodettes de son temps, et se contentait très probablement d'une mise plus appropriée à ses habitudes de dévouement filial.

Cetle imitalion imparfaite des créalioQS des Worlh et autres Redfern a des inconvénients de plus d'un genre, et un moraliste y trouverait certainement le point de départ de pages éloquentes sur l'influence pernicieuse des excès du luxe : je n'essayerai pas de faire une semblable homélie, qui n'est ni dans mes goûts, ni dans mes facultés, mais je regrette fort que ces jeunes Glles d'invalides et de retraites, dont quelques-unes seraient fort agréables à voir

si elles étaient plus simplement mises, s'acharnent dans la poursuite d'un idéal de toilette qui leur donne à peu de chose près l'aspect à la fois prétentieux et piteux des chiens habillés en marquises par les joueurs d'orgue du temps de mon enfance.

Ces malheureux animaux, «{ênés par leurs atours et forcés de marcher sur leurs pattes de derrière, n'avaient certainement pas un air plus empêlrô que ces élégantes de seconde main dont te faux luxe, plus compliqué, je le reconnais, ne fait pas mieux illusion que celui déployé par les quadrupèdes dont s'agit.

Ceux-ci ont eu d'ailleurs la sa<jcsse d'y renoncer.

Malheureusi^menl, rien ne fait prévoir le moment où leurs imitatrices seront parvenues au même degré de hon sens!

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