‹ Paris au village, vaudeville en un acteChapitre 8 sur 27 · MAD. DERMANCE, MAD. BLINVAL · texte numérisé non relu

MAD. DERMANCE, MAD. BLINVAL

MAD. DERMANCE.

Ah! ma chère tante, combien je vous sais gré d'être arrivée aujourd'hui, je vous attendais avec une impatience...

MAD. BLINVAL

Je devais venir plutôt; mais quand on est comme moi d'une complexion si délicate, on craint la fotigue. . . Cependant le désir de voir ma chère nièce. . .

MAD. DERMaNCE.

C'est bien aimable à vous.

MAD. BLINTAL.

Ah ! ça , ma bonne amie, j'ai appris, arec uû extrême plaisir, que lu pensais à te remarier, je viens pour l'encourager dans ces heureuses dispositions.

MAD. DERMANCE.

Oui, ma tante; dans ma dernière, je vous en ai parlé, mais tous Tavouerai-je, je crains qu'un nouvel époux..,

MAD. BLINVAL

Enfantillage que tout cela : à ton ûge, j'étais moins timide. . . . Mon premier mari est mort, j'en ai pris un second; mon second est mort, j'en ai pris un troisième, et je n'ai eu qu'à m'en louer. ^

AiH : Un homme pour faire un tableau. Tu conçois que d'après cela, Je ne pense pas mal des hommes,

MAD. DERMAKCE.

Vraiment personne ne croira Ce prodige au siècle où nous sommes.

Vous avez de fortes raisons Pour ne pas vous montrer peureuse.

MAD. BLINVAL

Ouijj'en ai rencontré trois bons, Tu le vois, j'ai la main heureuse.

Et si heureuse que si je devenais veuve, eh Lien! j'en prendrais un quatrième.

MAD. DEBMANCE.

Comment, vous voudriez encore?

MAD. BLINVAL

Certainement... l'état de veuve est quelquefois si triste. Aia : Le scandale plaît.

Il fâut un marij P;<rtout l'usage le réclame,

Un lien chéri A vingt ans nous donne un mari ;

Ma nièce aujourd'hui, Le premier soutien d'une femme,

Son meilleur appui, Dans le monde, c'est un mari.

Pour briller au bal.

Fait-on de nouvelles en)plcUes,

On prend robe ou schall, Sans songer jamais au total.

Au jeu favori A-t-cn contracté quelques dettes î

D'un air attendri, Qui paiera lout.,. c'est le mari.

A-t-on de rhiiuiciir Pour uQe cliose fort It-fjorc,

On peut sans frayeur Gronder ou Jeannette et Laileur;

En cliercLant sur qui L'on peut épancher sa colère,

On doit niciuc aussi Compter au peu sur son mari.

Si d'un soupirant UDeftiujme sans conséquence,

Ecoute un moment Le jargon tendre et séduisant,

On jase à l'instant ; Mais des traits de la médisance

Elle est à l'abri Quand elle a dit : c'est mon mari.

Il faut un mari, etc.

Sois tranquille, ma chère amie, j'ai de l'expérience, je te guiderai dans le choix que tu dois faire.

MAD. DERMANCE.

Je compte sur vous, ma tante.

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