‹ Paris-CanardChapitre 10 sur 28 · LE LITRE A DOUZE · texte numérisé non relu

LE LITRE A DOUZE

Pour les rich's qu'ont l'palais blasé Par les excès et par l'orgie.

Et d'qui l'estomac est usé.

C'est bon d'avaler d'ieau rougie,

Ou du vin fade et délicat, Comm' le Frontignan ou le Muscat; Mais les zigs poilus qu'ont une blouse 1 C'quL fait leur blot, c'est Tiitre à douze!

Ce vin douceâtre, je l'veux bien, Ça fait du plaisir quand ça entre :

Mais, assurément ça n'vaut rien Pour vous foutre du cœur au ventre.

Pour rester d'aplomb d'vant un choc, N'y a rien de tel que l'vin du broc.

Les bons soldats, si je n'me blouse, Doivent aimer le litre à douze.

Ne m' parlez pas d'une gonzesse, qui Fait sa sucrée et devient blême D'vant un p'tit verre d'riquiqui, Et n'os' même pas boire un cintième!

La vrai' femme c'est cell' qu'a pas Ttaff D'iicher du bleu, d'iicher d'ieau d'atf... Bref, n'ayez jamais d'aut' épouse Qu'une dame qui gob' le litre à douze.

Mastroque.

Le premier numéro du Fciuhourg parut le 26 février 1870, avec G. Maroteau, J. Cavalier, Francis Enne et G. Puissant. Cette feuille était la suite du Père Duchêne. Son troisième et dernier numéro est extrêmement curieux. Voici les deux articles principaux :

A M. le Président de la septième chambre, Le Faubourg- a paru dimanche. Vous allez le condamner

aujourd'hui, essuyer avec votre hermine déjuge le crachat dont j'ai éclaboussé la joue d'Oilivier.

Il vous en a cnvové l'ordre hier, et vous êtes forcé d'être infâme!

L'Empire vous paye et Bonaparte vous a piqué au sein le ruban de décembre comme un papillon sanglant.

J'irai chercher jusque sous vos jupons le drôle qui s'y cache et il vous faudra encore mouiller vos fourrures blanches sur la face de ce gredin comique.

Bonnet bas, mon président.

Je vous condamne à me juger tous les vendredis.

Le Faubourg tué, je fonderai la Révolte^ et quand vous aurez déchiré encore mon papier, épointé ma plume, je ferai feu sur du papier d'affiches avec le rouge d'une allumette.

Et malgré vous, la foule, la grande foule en blouse achètera notre feuille d'un sou; et avec notre papier et son cuivre, nous ferons pour le jour de l'émeute des bourres et des balles.......

Nous écrirons l'histoire de ce césar de carnaval, puant le vin, le sang !

Nous vous jetterons par poignées la cendre de Baudin dans les yeux et, pour effaroucher l'aigle du Bas-Empire, nous tiendrons debout sur ses os qui cassent le cadavre de Victor Noir dans l'arbre de la Liberté

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