‹ Paris-CanardChapitre 4 sur 28 · ET MÊME SANS BRETELLES · texte numérisé non relu

ET MÊME SANS BRETELLES

Le jour où M. Nadar s'enlevait dans les airs, à l'aide de sa seule hélice aérienne, M. Le Guillois s'engagea à le suivre immédiatement, à la distance de loo mètres au moins, partout où il irait, sans le moindre appareil ascensionnel, aussi nu que la décence le permettra.

Du reste, ce ne sera pas la première fois que le célèbre Marquis se livrera à des excentricités de cette nature.

Le samedi, 20 septembre, il se promenait sur le boulevard Montmartre avec quelques amis, lorsque tout à coup, prenant son élan, il alla s'asseoir avec la rapidité d'une flèche sur la plus haute cheminée du quartier. Puis, aux acclamations de la foule, il redescendit majestueusement et reprit sa promenade comme un simple mortel.

Un autre jour, le mercredi 3o septembre, à l'aide d'une longue vue, il admirait le panorama de Paris, du haut des tours Notre-Dame; tout à coup il aperçoit deux gamins qui se battaient avec fureur au pied de l'Arc de Triomphe. Il n'hésite pas, s'élance dans les airs, et tombe trois minutes après entre les deux combattants qu'il sépare.

Ces traits lui sont familiers; aussi depuis longtemps, il aurait entrepris un voyage aérien au long cours s'il n'eût été retenu à Paris par la direction de son journal :

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