‹ Paris chantantChapitre 104 sur 130 · MI · texte numérisé non relu

MI

Min Dieu! min Dieu! j'vas d've - nir

en - ra - ge.

C'esl lot d* même queuqu' chose éd' ben incompeuriensibe que I' mal éd' bêle féroce que j'ai la douleur d'épreuver dépi deux vou trois semaines. I a pas à dire; à tous les instants que I" bon Dieu a faits dans Y monde, j' sis là quej' souffre et quej' pàtis. La jornée, qualité j' sis dans l' pré à garder mes vaques, si i fait caud vou fraid, je n' sais point; j' breùletôjor. Va-j'-U por miger mon pain, ben l'bonsoir! la place elle est prise... y a queuqu' chose qui m' barré I' passage. La nuét, quante j'va por dremi dans ma grange, ça m' breùle encore ; ça m' piquole, ça m' piquote dans mon lit, qu'on dirait des bataillons d'épingues. . .

Couplet.

-fU-fU-fr-jt,

Non, je n'sais point çà qu'çà veut dir';Maisj'sis toi d'mèni ben tor-meii -

lé.

To les jors, çà va d'inal eu

iHHi

LU

pi - re, J'sens dé - pé - rir ma pauv' san

lé.

^^EFp-t^f-

Jt^E

Çà ni'mont', çà m'descend,çà m'tré-mouiH',(là m 'fait bon - dircommeunlouv' -

leau.

J'en per - drai

la

têt'

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si, ben - D. C

loi, J'vois pas un peu qu'tout çà s'dé - brouil Min Dieu! etc.

le.

CSG l'AlilS CHANTANT. =

Si encore les autres i pouvint m' dire ça qu'c'est, an moins ! mais, pas! I n'en savon* pas pu long que moi là-dessus. Ou ben alors, i voulont. pas me l'dire. I?en pu mieux ! j'crois qu' ça les fait rire, tout re tasd'drolichons-là! C'est-i pas être enhumain comme deux tigres que d'cacherà un pauvr' misérable la caus' éd' sacruciliction! Avant-zhier j'rencontr' él' vieux père Mathurin, I' gard' champêtre; j' va por li dire bonjor, v'ià qui s' gauss' éd' moi : Kh ben, gros joufflu9 qu'i m' dit. — Gros joufflu! merci! on treuverait pas dans ma pian d' quoi fair' él' parchemin d'un tanibor, tant qu'elle est récrépile... La mère Monichonne fait itou des qnolibetssu mon compte... et les ceux du village d'eu haut, donc? on dirait, quoi! que j'sis là por leur bon plaii, comm' éP bêles curieuses éd' là foire... Ma, ma, ma, ma! qu'équ'c'est-i donc qu' ça?

Quantc i m'voyons v' ni dans l' village, I s'rangeont tous autour cil' moi :

Ah! qu'i m'crionl, l' drôl' éd' visage !

A-t-i l'air nigaud, c' pauvr'Franchoi !

Et je m'dcmèn'comme un beau diable; J'sis un vrai crin; j' les battrais tous... Ouiclie! i s'niett'à rir'comni'dcs tous... Faut donc qu* j'ai' l'air ben lamentable!

Min Dieu! etc.

I en a qu'ambitionnont d'arriver au-dessus de leus états... J' veux ben que l'Ioup m' croque si j'sis pas lassé du mien. J' peux pas voir une oie voti un canard sans avoir l'envie d'prendr'sa place. C'est vrai qu'i aurait pas ben du ch'min à faire, car i faut conveni avec moi quej' sis bigrement imbécile. Attends, attends! j' m'en va aller voir la vieille guérisseuse, et j' tacherai de savoir tout. Une vieille sorcière qui demeure dans une màzure toute noire, au bas de la levée. Klle a des cartes, un chat, des lunettes au bout du nez, et eli' vous fait un tas d' simagrées et d' grimaces qu'un n'i voilqu' des étoil'sen plein midi, quoi ! mais ça n' fait rien ; j'irai li dire comme ça :

La vieille, on dit qu'vous et' savante,

Qu' vous d'vinez tout, d'vinez-moi donc.

J'ai qucuqu'maniganc' qui lu'tnruicnic,

Et qui m' rend pu bel' qu'un dindon.

I a des moments que j'breûl', que j' rage;

I en a d'autr' que j' pleur' comme un veau :

J'ai par là d' zeng'liir's au cerveau,

La l'ièvr', la pest', ou mieux qu'eu, j'gagc...

Min Uicu! etc.

Kl pi si elle peut pas treuver, elle non pu, lachienn' éd'dent qui m' mord; si elle peut pas m' dire qui qui m'a ensorcelé, sur quelle herbeque j'ai foulé un beau matin porèlr'si malheureux... Kh ben, j' ferai des prières; j'irai à la messe; j'irai trouver I' bedeau de la paroisse por qu'i m' mette la tète dans 1' bénitier; j' commanderai des neu vaines; j'enteurprendrai un pelerrinage, les pieds nus... comme ça (il ôtc ses sabots qu'il pi end à ses mains)... en laissant mes chaussons, pasqu'i a des épines... et pi j' marcherai, j' marcherai... su la tète, si i faut... j'irai me j'terà la rivière, dans P puits, dans V for, partout ..

l'AHIS I.IUM \\|

vient! <H

\ apercevant renirune jolie paysanne.) \h\ ma! que'que j'vois, là-bas, qui laitue tomber tel sabots. > Toinelto!! bon !!...

N 'là mon mal qui me r' prend d'pu belle.. Ha poitrin' va a' casser en deux...

I' n-i'liill!... j'y vois irent'sii chandelle... Mi têt" me bout... j' sis lot en Feux...

Dieu! qu'elle est brav' dans sa toilette! . Via mes jainb's qui prenn'l mal au cœur ..

.1' voudrais parti,... tester... malheur!... Ali! e'est toi rpii m' chagrin , 'l'oinetle! ..

(Il la prend par \<t robe.)

Oh!n'va point l'on sauver, an moins! tu n' sais donc pas qu'en te t'nani, j' tiens ma guérison, oui dà?

J' commence à voir él' mal que j'ai :

Toiiietl', je n'sis pas enragé. ; bis

Non, non, ma mignonnetle, j' n'ai point la rage aux dents; j' te frai point d' mau. ma l' veux qu'te restes. Te resteras, d'abord pasque j'sis heureux avec toi, pasque j' sis pu malade, et |ii pasque j' veux leus y montrer, à tous, que j'sis pas pu hèle qu'euses. i // les appelle fort. \ Ohé! les autre', ohé! les gausseux? Venez donc voir, si vos plait, là? non. mais v'nez voir un p'tit brin. Dites-moi donc encore si j'ai l'air drôle à c't'heure, hein? r 'gardez-moi, c'te mine équ' j'ai, pas vrai? et pi, faites-moi 1' plaii de j'ter un coup d'teil là-dessus (i7 leur montre son amoureuse... louchez pas, j' n' permets point. Maintenant, nom d'un petit bonhomme! embrasse-moi, Toinette, et viens! j' devine un peu, dà!

Oui, final d'amour, e'est l'mal que j'ai; Et v'ià : j' t'aime comme un enragé! bis)

Vive Franchoi! vive Toinetie!!..-

(Ils sortent en gambadant.

MES SOUf ENIRS.

Ain : />i Pliilvciïtr.

Sylphes légers, êtres mystérieux, Subtils esprits créés par la pensée, Qu'autour de moi votre troupe empressée Sème des fleurs sur mon front soucieux. Ressuscite! mon passé qui sommeille; l'ai \os récits venez me rajeunir.

Sylphes légers, entants du souvenir , V voï accents j'aime a prêter l'oreille

Vous le savez, quand mon esprit mutin Foulait aux pieds les études moroses, D'uu beau printemps je préférais les roses A tous les fruits d'un automne incertain. Buvant le miel, sans imiter l'abeille, Pour le présent j'oubliais l'avenir.

Sylphes légers, enfants du souvenir, A vos accents j'aime à prêter l'oreille.

IHS

l'AHIS CHANTANT.

Dites, amis, dites ces heureux jours , \;;e éphémère où, tout à la folie , De Léonor courant à Nathalie, J'éparpillais mes folâtres autours.. ..

Mais des plaisirs j'ai brisé la corbeille ; L'illusion ne doit plus revenir :

Sylphes légers, enfants du souvenir , A vos accents j'aime à prêter l'oreille.

Dites encor ce prisme radieux , Ri ces élans d'ardente poésie, El l'àme en feu d'un saint transport saisie. Hêvant toujours des cliants mélodieux.

Ces rêves d'or que chaque ouït réveille, Ma pauvreté n'a pu les rembrunir :

Sylphes légers, enfants du souvenir, A vos accents j'aime à prêter l'oreille.

Pierre lachambeaudie, visiteur du Caveau.

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