MAIGRE CHANSON SUR LE BOEUF GRAS
Air : M;l i.'l;unr iihtc un
Combien je regrette
Ses beaux pieds fendus ,
Sa tète bien faite
El ses reins dodus.
Ce bœuf si fort, si respectable.
Pesait deux mille ! — C'est fort beau ' Sa perte est vraiment regrettable :
Ici, j'en pleure comme un veau.
Combien je regrette, etc.
En admirant sa vaste forme Tout patenté se demandait :
« Quel est enfin le plus énorme « Ou de ce bœuf, ou du budget?...»
Combien je regrette, etc.
Admire ses cornes, ma femme !
Disail le naïf Cocardeau, — J'en connais (lui répond la dame) Boni l'eflel est vraiment plus beau.
Combien je regrette, etc.
Un Anglais d'appétit honnête Beuglait en se léchant le bec :
« Goddani! on ferait de ce bêle « Un très-confortable bifteck! »
Combien je regrette, ele
Je vis la gentille Charlotte,
sa frte. (Béranger.)
Cordon bleu d'un homme puissant, Sur un morceau de la culotte .hier un œil appétissant.
Combien je regrette, elc.
Un gros ventru faisait entendre Ces mots : <i Allonge le jarret; « Bœuf, lasse-loi pour être tendre :
« Je dois manger de ion filet. »
Combien je regrette, etc.
0 vous que la hausse ou la baisse fait danser auprès d'un trésor, Pour peu que l'appétit vous presse, Le bœuf yriis vant bien le vmn d'or.
Combien je regrette, etc.
fous les ans dans la vieille France Le bœuf trône el vient abdiquer.
Avec lui la réjouitsanee Ne pourra jamais nous manquer.
Combien je regrette, elc.
Comme on fêta la pauvre bêle, Quand dans la rue on la montra; On lui fera bien plus de fête Quand sur la table on la verra.
Combien je regrette, etc.
Justin Cabassoi.
LE