‹ Paris chantantChapitre 75 sur 130 · A MEDOR · texte numérisé non relu

A MEDOR

Aik : Réformateurs, gardez Im1» vos secrets.

Heureux Médor, si j'ai bonne mémoire, Je l'ai connu jadis maigre el hideux ; Chien sans pâtée, et poêle sans gloire, Dans le ruisseau nous barbotions tous deux. Lorsqu'à mes chants si peu d'échos s'émeuvent Lorsque du ciel mon pain tombe à regret, A tes abois Dieu sourit, les os pleuvenl : Chien parvenu, donne-moi ton secret.

Aux chiens lépreux, oui, le malheur m'égale : Battu des vents, par la foule outragé, Si je caresse, on a peur de la gale ; Si j'égraligne, on m'appelle enragé.

Pour qu'au bonheur je puisse enfin renaître, Dieu sait pourtant qu'un peu d'or suffirait; Bicu peu... celui de ton collier, peut-être; Chien parvenu, donne-moi ton secret

J'eus comme loi mes longs jours de paresse, Un lit moelleux et de friands morceaux ; J'ai frissonné sous plus d'une caresse, D'abois moqueurs j'ai talonné les sots.

Puis dans la foule où l'on pousse, où l'on beugle, J'ai vu s'enfuir Plulus qui s'égarait : Pour devenir le chien de cet aveugle, Chien parvenu, donne-moi ton secret.

Aux dominos sais-tu coinmenl l'on triche?

Nouveau Paris, arbitre de beauté,

As-lu donné la pomme à la plus riche,

Fait le gentil, fait le mort, ou sauté?

Ton sort est beau: moi, chien d'humeur bizarre,

Pour égayer le riche à ton banquet,

Je ne sais rien, rien que flatter Lazare.

Chien parvenu, donne-moi ton secret.

Tombé, dit-on, dans un pays de fées, Dont la laideur mil le peuple en émoi, On essuya les pattes réchauffées, De blanches mains le bercèrent; mais moi!... Chien trop crotté pour que la beauté m'aime, Si j'entrais là, le pied me balafrait, Hué de tous, el mordu par toi-même :

Chien parvenu, donne-moi ion secret.

IIÊGËSIITE MOREAI .

l'AHIS CHANTANT.

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