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l'AKIS CIIAMANT.
confondent, ces gestes qui s'animent, ces sabots qui marlellent le sol en frappant la mesure?— Eh ! mon Dieu, messieurs, approchez-vous des groupes, prêtez un peu l'oreille, et dites-moi quel orchestre agite ces danses? Une musette, ou une vielle parfois; mais le plus souvent la voix même des danseurs, qui trouvent dans leur énergique plaisir la force de chanter l'air de leur danse, et sont à la fois stimulateurs et stimulés. Écoutez ce que ces voix chantent : ce ne sont pas seulement des notes ; ce sont des paroles, des vers naïfs, des chansons enfin... Vous voyez que nous rentrons dans notre cadre, si toutefois c'avait été en sortir que de parler de danses (car lorsqu'on chante on est si près de danser!) (1). C'était tout bonnement rester dans notre sujet ordinaire, avec la danse par-dessus le marché.
Nous allons, cette fois, en fouillant dans ces richesses ignorées ou du moins peu connues, nous occuper de productions fraîches, mais simplettes, et presque primitives par leur couleur et leur allure. Mon but n'est point de faire de l'érudition à propos de ces danses; les danses mêmes, je n'en parlerai qu'accessoirement : ce que je veux vous faire connaître, ce sont les chansons des danseurs. C'est ce qui nous occupe ici ; nous voguons pleinement dans notre matière.
Nous avons (j'use encore parfois du nous magistral) recueilli quelques-unes des paroles adaptées par ces imaginations naïves aux notes de leurs sauteuses, de leurs branles, et de leurs bourrées. Nous en avons conservé les airs avec toute la fidélité dont notre mémoire a été susceptible, forcé de nous en remettre à elle, ces airs n'étant notés que dans le gosier des danseurs. Voici ces échantillons. Maintenant, pour peu qu'on n'ait pas trop de dédain pour les humbles choses que nous envoient les brises des villages, on est presque sur de trouver un doux charme dans ces simples paroles. Il est vrai que toute la couleur locale n'y sera pas; vous n'entendrez pas ces timbres faits exprès pour ces notes, ces intonations particulières, ces Iraincmcnts de voix chevrotantes, brusquement interrompus par des saccades de sons rapides, le tout couronné de cris aigus et fortement accentués, menant les danseurs hors d'haleine au baiser sonore qu'ils appliquent sur l'épaule... ei quand ils peuvent, sur la joue de leur infatigable et rubiconde partenaire... Mais, que voulez-vous? nous ne sommes pas ici dans les montagnes de l'Auvergne ou les plaines de la Bourgogne ! Le bois fidèle qui précède cette notice, et les airs qui vont suivre ces lignes, suppléeront tant bien que mal à ce manque forcé du pittoresque dans ce souvenir de nos danses villageoises.
Allegro.