‹ Paris chantantChapitre 97 sur 130 · GS · texte numérisé non relu

GS

PARIS CHANTAPsT.

Moderato.

Y voi-là ben six mois((u'la saison il est bel -le; Y

n far

voi-là ben six moisqu'la sai-son il est bel -le. On voit tous ces a-mantsqui

nD.C.

ES

*f- ; alsegno

changeiUdeniai- très-ses...Le bon vin m'y cn-dort,et l'amourm'y ré - veil-le.

En chang'ra qui voudra ; pour la mienne il est belle; (bis.) Elle a le cœur content et la bouche merveille... 1 ,^ i Le bon vin, etc '

Qu'on m'apporte mon ch'vau, et qu'on z'y mett' sa bride, (bis.) Pour aller voir, o gué! Marguerite ma mie... 1 /^s\ Le bon vin , etc *

Non, jamais tu n'auras ce que j'ai z'évu d'elle, (bis.)

J'ai z'évu de son cœur la fleure la plus belle... I ,^ ■.

Le bon vin, etc J

J'ai bien couché trois nuits et trois nuits avec elle, (bis.) Dedans un beau lit blanc tout garni de dentelle... I ,^g . Le bon vin, etc '

Z'aux quatre coins du lit z'y a quatr' pomm' d'orange, (bis.)

Et tout au beau mitan (milieu) le rossignol y chante... 1 ,^g^

Le bon vin , etc.

Quand. . . .

Le bon vin, etc.

(bis.) \ (bis.)

Le septième et dernier couplet est remplacé ici par des points, attendu que les points sont plus présentables que les malencontreuses paroles qu'on y a fourrées. Les paysans n'ont pas de gradation ; quand ils sortent de la naïveté, ils tombent dans le cynisme. C'est ainsi qu'ils gâtent parfois leurs plus fraîches productions ; mais c'est un plaisir à l'attrait duquel ils ne savent pas résister.

Il est ensuite certaines autres de leurs danses, qui peuvent servir de variantes à celles que vous venez de voir. Ils ont des paroles qui tourmentent moins leurs jambes, et pour lesquelles la danse ne semble être qu'une espèce d'accompagnement. C'est la pantomime qui vient en aide aux paroles, mais ce ne sont point les paroles qui impriment le mouvement. Dans ce cas la chanson triomphe ; la danse n'est que secondaire. — Le couplet suivant va nous servir d'exemple .

PARIS t'.IIANTANI

lll'.i

Isntn amnroso.

Je vos ai mc.Claa dei-gne, qu - si- nient lot - ai - fa;

^^I^Éèip g !

Je

sens dans ma |>oi - treigne Mon cœur tô guiMe - rà : Pu ten - drequebri - o- cheTrcm

3c h II . I fc

pé 'dans du vin doux, En-corc un toi' de bro che, Et mon cœur est à vous!

L'air en est un peu traînant, un peu langoureux, mais pittoresque : ce n'est pas précisément une danse qui l'accompagne, c'est un balancement, une ondulation, quelque chose de doux, de simple et de fin en même temps dans le geste et le maintien... mais c'est plutôt à voir qu'à dépeindre.

Je me souviens aussi d'une ronde, qui rentre, par le genre des paroles, dans la catégorie des bourrées, en ce sens qu'elle n'a qu'un couplet, répété indéfiniment. Seulement, la danse a une accentuation différente; le geste est expressif, et prend presque la couleur des mots. Le tout, air et paroles, est pastoral et champêtre; c'est un couplet de bucoliques, un vrai vers d'églogue traduit et paraphrasé par Jeannot :

AUrtjrn mnrîerato.

umzm

Tfr

Al Ions au bois,Jeaiuiette,Allonsau bois;Nouscueille- ronsdesnoix,Dcs

l£ff^F"^g^pg

noix et des noi-set - les;Nouscueil-le ronsdcsnoix,Dcsnoisel-tes dans le bois!

Y a-t-il des noix dans les bois, que vous sachiez? — J'y ai bien mangé des noisettes... Mais les paysans n'y regardent pas toujours de si près. Celte fois, ils auront sans doute été séduits par la richesse de la rime, et ils auront sur-le-champ transplanté leurs noyers près des coudriers de la forêt. Dans un couplet rien n'est plus facile.

Un autre chant dit encore :

Ikgro.

IF

Jar -di- nier lieu- rin fleu - rel-te, Qu'as-lu dans ton jar-di-nel?

— J'ai la rose vermcilletle ; J'ai le jasmin et l'œillet.

— Jardinier, je veux la rose Pour la mettre à mon corset.

— J'vous vois ben v'nir, ma p'tit' Hose ;

C'est pour plaire à Mignonnet ?' — Non, jardinier, je t'assure, Ton Mignonnet ne m'est rien.

J'aim' mieux rester, je te l'jurc, Avec loi dans ton jardin...

PARIS C1IANTAM.

Je ne sais si le chant s'arrèlelà; c'est tout ce que j'en ai entendu. L'air et la pantomime qui l'accompagnent ajoutent à sa naïveté, que je trouve moins franche, moins primitive que celle des autres morceaux, cités précédemment. Elle est plus maniérée, et sent davantage le muguet. Le bel esprit du village a sans doute voulu passer par-là.

Voici une ronde (ou branle) autrement décidée, d'une allure autrement nette et précise, et dont les notes sautantes donnent du fil à retordre aux jambes les plus vigoureuses et les plus opiniâtres. Elle peut se classer, pour les paroles, avec celle imprimée sous le numéro 3 de cette notice :

Allegro «race.

ra^ ;■• > J i ; .> j. ; j j i- j / rârê

Je suis vi - gne-ron ; Elle est vi - gne-ron- ne. Quand l'raisin estbon,La

m^î Jj- J j-i jj j.; J l JT.J/.jj

vendangeesl bon -ne... Elle est vi - gne - ron - ne; Je suis vi - gne ron '

Quand l'raisin est bon , La vendange est bonne ; Tout ras du bondon J 'emplissons la tonne...

Elle est

Tout ras du bondon J'emplissons la tonne ; Autour j'nous mettons Tant d'gens que d 'personnes. .

Elle est

Autour j'nous mettons Tant d'gens que ({'personnes; D'un coup j'ia perçons :

Sa liqueur bouillonne...

Elle est

D'un coup j'ia perçons :

Sa liqueur bouillonne ; Tout autour du rond Court la tass' mignonne...

Elle est

Tout autour du rond Court la tass' mignonne; Tant plus j'Ia vidons,

Tant plus on l'y en donne...

Elle est

Tant plus j 'la vidons, Tant plus on l'y en donne :

Si ben que j'iaissons Creux l'ventrc d'ia tonne... Elle est

Si ben que j'iaissons Creux ('ventre d'Ia tonne :

Et quand j'nous cberchons, J'trouvons plus personne ; Elle est. ...

Et quand j'nous cherchons, J'trouvons plus personne:

Sur nos honnels-ronils (têtes) La vigne détonne (lape)...

Elle est

Sur nos bonnets-ronds La vigne détonne.

Quand l'raisin est bon La vendange est bonne...

Elle est

Si vous croyez qu'on résiste à l'entraînement de ces paroles vives et queleur intonation rend presque spirituelles, je n'ai qu'un conseil à vous donner : c'est d'aller en essayer. Vous vous dégourdirez malgré vous; vous sauterez, vous danserez, vous tournerez,.... et

l'Allls CHANTANT.

ensuite, do votre incrédulité passée, vous viendrez, beau danseur, me donner de* nouvelles.

Maintenant, une chanson iln bouvier ramenant ses vaches dans la montagne. Figurezvous le moment où majores cadurttaltii de montibus umlirœ, comme dit Virgile, et prêtez l'oreille... vous démêlerez là-dedans, si vous êtes habile, la poésie de ces chants du soir entend us dans les campagnes, et accompagnés par le tintement des clochettes que les vaches portent à leur cou :

Lento.

fc=

Mon pa - pane veut pas Quej'ail le voir mamaîlrcs- se;Mon

tëm^è&^mmm

pa- pa m- veut pas Que je n'y fasse aucimpas. Oh! je la Tirai voir, ma

tant jo-li' mai-tres se; EU' m'a promis son cœur: Je se-rai son ser-vi leur

Le bouvier ne manque pas, chaque fois qu'il redit son couplet, de pousser son cri : Ohl Colaudai qui n'est autre que le nom de sa vache, à qui il dit de marcher. Ce cri, jeté brusquement et dans un ton tout différent de celui du couplet, fait une chute dont

l'effet est des plus comiques, et provoque infailliblement le rire

Mais, ne serait-il point

temps de mettre un terme à toutes ces citations? l'excès nous jetterait dans la fadeur, et je n'aime abuser de rien. Ce que nous en avons vu est plus que suffisant pour remplir les deux buts que je me suis proposés : d'abord celui de faire arriver à votre imagination une idée quelconque de ces plaisirs du village, analogues à ceux que nous goûtons dans notre ville opulente; ensuite celui de vous montrer que les choses les plus détournées en apparence peuvent rentrer dans notre sujet, et que ces pauvres danses ignorées de vous, gro tesques parfois, mais plus souvent naïves et gracieuses, viennent comme à votre insu

consolider le trône élevé dans ce recueil à l'impérissable reine des heures joyeuses la

chanson !

■ . iirtiau.t,

Traducteur <Ies NoëU bourguignons de La Monnaye (i).

1 1 Le Niir.i nORGUicxo* de Gui-Barozai, publiés pour la première fois avec une traduction littérale en regard du texte patois, précédés de l'Historique des Noels <■« Bourgogne et d'une Notice mm-La Hoxnove, et suivis de la Musique dttousl rsdutemps A Paria, chez Lavigne et Ch Gftselin. t vol. formai anglais, 5 fr 58-c

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