‹ Paris dansantChapitre 14 sur 78 · A PARIS · texte numérisé non relu

A PARIS

— Où allons-nous maintenant, ma fille?

— Si mon petit Guguste était bien zentil, zentil, nous irions au bal Mont-Parnasse; c’est la bonne heure... Ça va, mon grand chien, dis? T’es un amour. Eh bien l entrons chez ce coiffeur, que je me fasse un peu arranger.

Nous entrons. Le coiffeur déroule sa magnifique chevelure, qui se répand comme un flot sur scs épaules, et cache presque entièrement le dossier du fauteuil. Quand il a fini de l’ajuster, quand ses cheveux sont tressés en nattes, quand toutes les

PARIS RANSANT.

épingles sont piquées, Jenny sclève, va à une glace, s’admire, et, en un tour de niain, démolit le laborieux édifice. Elle aime mieux les torsades que les tresses. Un bonhomme qui est entré pour sc faire raser regarde avec stupeur celte grande fille débraillée et échevelée. Jenny achève de s’accommoder. Je paye. Le coiffeur refuse l’argent avec un sourire où l’amour-propre piqué le di-spule à la galanterie.

— Non, monsieur; pour le peu que j’ai fait, ce n’e.st pas la peine.

— C'est drûlel dit Jenny en sortant. Maintenant que je suis coiffée, je n'ai plus envie d’aller au bal.

— Parbleu ! Cela l’élonne’?

— Entrons dans ce petit café; il n'y a personne, nous y serons bien tranquilles.

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