‹ Paris dansantChapitre 27 sur 78 · SCÈNE PREM[ÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREM[ÈRE

Chez mademoiselle Angusla, rue de Navarin. Joli appartement avec balcon; mobilier tout neuf, mais disparate. — Rideaux en damas de soie rouge; jxsrtièrcs en damas de laine violet; garniture de cheminée er. velcjrs bleu. — Dans un coin, un piano loué, surmonté d’un coffiet d'ébène à grosses et lourdes incrnslaliuns de cuivre. — Sur la cheminée, quatre ou cinq vide-poches en bronze et en faux Chine, deux lampes montées sur du faux Japon et deux grands vases de Sèvres magniriques; où achèvcntdc sécher deux gros bouquets, vieux d'une semaiue. — Grand divan en velours grenat; chaises en chêne sculpté, mêlées à des fauteuils en tapisserie; au pied des fauteuils, beaucoup de coussins brodés. — Quelques cadres accrochés au hasard, et qui

dansent sur le mur; parmi ces cadres, qnelijucs jolies gratures de Vidiil et deux liurribles paysages à l’huile, valant à peu près cinq francs pièce. — Ln table est occupée, moi tic par des volumes de cabinet de lecture, moitié |>ar le dîner de mademoiselle Augusta, qui en est au ilcsscrt.

AÜGUSTA, repoussant son assiette. — Et CCttC portière qui ne revient pas ! C’e.>t énervant.

LA BONNE, entrant. — Madame, on sonne.

AÜGUSTA. — Eh bien, ouvrez.

LA BONNE. — C’est que j’ai ma vaisselle, que je lave..

(Augusta se lève et va ouvrir.)

LA BONNE, regardant la porte. — Tiens, c’cst la maîtresse de piano de-madame. Bonjour, madame Hortense.

LA MAÎTRESSE DE PIANO,' entrant, à la bonne. — Bonjour, Julie. (A Augusta.) Bonjour, ma petite... Ah! il parait qu on dîne, ici? (A la bonne qui va emporter un plat.) Qu’est-ce que c’est que ça? du perdreau truffé! Mazette ! vous vous nourrissez bien, vous autres! Laisse cela, Julie, ma fille, ça me donne envie de

. QigitiiCOiBt.C

LE CHÂTEAU DES FLEURS

lis

tortiller quelque chose; je vais prendre on à-compte sur mon dîner.

AUGüSTAjà part. — Allons, bon ! la voilà qui s’installe. Et Gustave qui va peut-être venir !

LA MAÎTRESSE DE PIANO. — Ma foi, tant pis ! je fais comme chez moi.

(Elle ôte son châle et son chapeau en un tour de main et se met à table.)

LA BONNE, revenant. — Madame, c’est le coiffeur.

AUGüSTA. — Je n’ai pas le temps. Dites-lui de repasser.

LA MAÎTRESSE DE PIANO, entre deux bouchées. — r Est-il

bêle, ce coiffeur! Puisque c’est l’heure où elle prend tous les jours sa leçon de piano.

LA BONNE. — Mais, madame, il dit comme ça que vous l’avez déjà fait venir ce matin pour rien.

AucusTA. — Ohl que c’est agaçant I Payez-le alors, ^et qu’il nous laisse tranquilles.

(Elle donne de l'argent â la bonne.)

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