SCÈNE II
Au bal. — Prés de l’endroit appelé la Pleine~Mer. — Nous laissons le lecteur trouver l’étymologie du root. — Nous nous bornerons à dire que la place est occupée par un amas de buveurs à toilettes prétentieuses, à grosses moustaches, â faces immondes.
UN DANSEUR, se retournant, à un homme à moustaches. —
Pardon, monsieur, si je vous ai marché sur le pied. C’est sans intention.
l’homme .V MOUST.ACHES, le toisant. — Si on était mé-
LE CAL A LA BARRIERE
chant, pourtant! on ficherait une claque à ça... Galopin !
LE DANSEUR. — Mais dites donc, vous ! S’il retourne des claques, nous serons deux à les distribuer.
l’homme a moustaches. — As-tu fini I
UN VOISIN, bas au danseur. — Allez-y gaiement. Nous sommes là cinq pour vous donner un coup de main.
le DANSEUR, haut à l’homme à moustaches. — Voulcz-
vous une proposition? J’ai bien ici une demidouzaine d’amis. Vous allez prendre autant des vôtres, puis nous irons régler notre compte dans un petit coin du jardin, tranquillement. Comme c’est vous qui êtes le plus insolent, c’est vous que je choisis'. Ainsi, faites pas ü’esbrouffe.
l’homme a MOUSTACHES. — Dequoi?
• (Il fait un demi-tour et s’éloigne.)
LES VOISINS, au danseur.— Tu vois bien qu’il renâcle. Va donc pas t'arsouiller avec de la crapule comme ça !