SCÈNE III
Dans la salle. — L’orchestre entame le Ra-ï-tou, espèce de gigue anglaise, arrangée en quadrille. — Trois jeunes ouvrières, — les trois soeurs, — sont assises sur la banquette et regardent danser.
LA SŒUR AÎNÉE (figure maigre et plombée, rcg.ird insolent) à la cadette. — Tu ne (lanses pas ?
LA SŒUR CADETTE. — Non.
LA SŒUR aînée. — PourqUoi ? (La sœur cadette se tait ) Est-ce que Ion danseur de tout à l’heure ne te plaît pas?
LA SOEUR CADETTE. — Non.
LA SŒUR AÎNÉE. — Tu ne le trouves pas assez joli hoimne?... Qu'as-tu contre lui*^
LA SŒUR CADETTE. — Il Hi’a mis la main sur l’épaule en me disant des mots...
LA SŒUR AÎNÉE. — Es-tu sotlcl C’est dcs plaisTutcrics, pas autre chose.
-Bi g H i z e d by GoogI
I,E BAL A I,A liARIUÈnE.
LA sŒiii cADtTTE. — Puis OH (Jansc ici d’une manière...
LA sŒüii AÎNÉE. — PouF s’amuser, quoi ! qu’csl-ce (jiie lu as toujours à iaire la reilchérie? (Bas à la plus jeune.) Va donc danser, toi, Fanny; voila Ion monsieur qui te cherche, là-bas.
LA PLUS JEUNE SŒUR. — Tu CFoisquc je peux... moimeme?...
LA SŒUR aînée. — Puisqucjc te le dis!
(La plus jeune sœur s’en va en courant.)
LA SŒUR aînée. — Eh bicii ? ça ne te donne pas envie ?
LA SŒUR CADETTE. — Non... Tiens, je suis lasse. Je vais retourner à la maison.
L,v SOEUR aînée. — Ah! que tu m’impatientes!... Tu diras donc à notre père que tu sors du bal? il le recevra bien... D’abord je suis invitée pour le quadrille; il faut que tu me fasse vis-à-vis. (Arrêtant deux jeunes gens qui passent.) Dites donc, Paul! vous savez que c’est avec moi, celle-ci? Monsieur nous fera vis-à-vis avec ma sœur.
LA s'Eun CAUEïTE. — Mais...
LA SŒUR aînée. — Oh! assez! tu ne vas pas garder ton air grognon toute la soirée, n’est-ce pas?
(L’ami de Paul emmène la sœur cadette.)
VOIX ENROUÉE. — En place pour le quadrille! en place! en place!