SCÈNE II
Dans un quadrille-
ÉLÉO>OBE, grande brpne ; tournure de fille de boutique. —
Ah ! monsieur Philibert ! voilà bien la dernière pas-
tourelle que je danse avec vous, par exemple!
M. PHILIBERT, cravate voyante , grosses mains ronges. —
Pourquoi donc ça, manizelle Eléonore ?
Éi.ÉoNORE. — Pourquoi ça? Vous m’avez fait tourner d’une force que j’en ai l’épaule disloquée.
M. PHILIBERT. — C’est saos le faire exprès, mamzcile Eléonore.
ÉLÉONORE. — Je sais bien ; c’est que vous ne savez pas vous y prendre. Vous êtes là à m’empoigner la main et à tirer comme un cheval. C’est pas ça. Il faut me tenir par le bout du doigt, et avec une petite secousse de rien vous me ferez pirouetter jusqu’à la semaine prochaine. Voyez M. Alexandre, votre chef de rayon, s’il fait comme vous I
M. PHn-iBERT. — Pourquoi que vous me parlez toujours d’Alexandre?
ÉLÉONORE. — Allez- vous être jaloux ? 11 iic VOUS manquaitplus qucça.
ÜN PETIT BAL HONNÊTE. 165
(Âulre quadrille, composé de la famille Gibard, la mère, la fille et les deux fils.)
M.\DAME GiBAfiT, grosse voix. — Comment I Nastasie, lu t’arrêtes?
LA FILLE. — Je n’en peux plus, .maman. J’ai un point de côté.
MADAME GIBARD. — Serre-toi la taille avec ton mouchoir de poche; ça se passera. Ah! sainte Vierge 1 ce n’est pas moi qui aurais eu des points de. côté à ton âge !... Tiens, voilà la poule ! A toi de faire le cavalier seul, Victor. Qu’esl-ce que tu attends? Mais va donc !
VICTOR. — Je brouille toujours les figures.
MADAME GIBARD, s’épongeant. — Dicu I qu’on a du mal à l’apprendre quelque chose! Mais, mes pauvres enfants, vous ne serez jamais en état d’aller dans le. monde !...