‹ Paris dansantChapitre 43 sur 78 · IC · texte numérisé non relu

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EUPHROSYNE, se pendant à son bras. — Je lïl'en doutais bien; aussi je vous guettais! Prometlcz-moi de ne plus vous sauver. Nous danserons encore la prochaine, n’est-ce pas, monsieur?

l’artiste. — Oui, mon enfant ; et les autres aussi, , si ça peut vous faire plaisir.

EUPHROSYNE, sautant. — Toules Ics aulres? Quel bonheur!... Mais pourquoi parliez-vous si vile? Vous n’aimez donc pas le bal? Est-ce drôle!... Moi, voilà le premier que je vois, mais je voudrais qu’il ne finit jamais.

l’artiste. — Le premier? Vraiment le premier?

EUPHROSYNE. . — Oui, vraiment. Je vis toute seule avec papa, et il est comme vous, il n’aime pas s’amuser ; que les hommes sont singuliers ! Heureusement que nos cousines sont venues nous voir et m’ont ‘emmenée. Dites-moi, monsieur, savez-vous rédower?

l’artiste. — Très-peu.

EUPHROSYNE. — Ça ne fait rien ; je vous montre-

rai ; vous verrez que ça ira tout seul. Voulez-vous venir demain à la maison ? Nous danserons toute l’après-midi.

l’artiste. — Eh bien ! et monsieur votre papa, que dira-t-il?

EUPHROSTNE. — Papa ? Mais, monsieur, il nous regardera faire; ça le distraira. Et puis, il faudra que vous me meniez quelque part, monsieur 1

l’artiste. — Volontiers. Où cela, mademoiselle?

ECPHROSYNE, mystérieusement. — Au balMabille.

l’artiste. — Au bal Mabille?...

EÜPHROSYNE. — Oh ! Ce n’est pas loin ! C’est à deux pas de chez nous. Papa demeure dans l’avenue Montaigne. Quand j’ouvrais ma croisée, cet été, j’entendais la musique. Ça me faisait une peine de rester enfermée à la maison ! Mais papa n’a jamais voulu m’y conduire. Il parait que c’est trop cher.

l’artiste. — Beaucoup trop cher. Votre père a

raison.

UN PETIT BAL HONNÊTE

EUPiinosYNE. — Mais, monsieur, je ne demande pas qu’on m’y mène tous les jours non plus I Rien qu’une fois, pour voir. Il paraît que c’est si joli ! Si vous saviez!... (Avec admiraiion.) J’ai ontciidu dire à la voisine qu’il y a cinq mille becs de gaz !...

l’autiste. — Il n’y a pas que cela.

EUPHUosYiNE. — Ail ! voilà le quadrille qui commence. Et notre vis-à-vis?... Attendez... oui... voilà une place vacante là-bas ! Dépêchez-vous donc, monsieur ! On va nous la prendre I

(Elle entraîne l’artiste à l'autre bout de la aalle.ÿ

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