‹ Paris dansantChapitre 44 sur 78 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Sous l’orchestre.

UN DANSEUR, jeune ouvrier endimanché : redingote noire, des gants de fil. — Il faut qitc je VOUS dise une chose, mademoiselle Fulvie. Je m’appelle Simon. Je suis

bijoutier en faux. Je travaille au 68 de la rue du Temple; mai.s je vas bientôt m’établir pour mon compte. Je gagne six francs cinquante par jour.

FULViE, à part. — Qu’est-ce qu’il lui prend? qui est-ce qui lui demande tout ça?

SIMON. — Et vous, mademoiselle Fulvie, qu’est-ce que vous faites ?

FULVIE, à part. — Il n’est pas gêné. (Haut.) Mais je travaille, monsieur !

SIMON. — Dans quel état?

FULVIE, à part. — Est-il curieux, donc! (Haut.) Je suis plumassière, monsieur.

SIMON. — Qu’est-ce que vous gagnez?

FULVIE, à part. — Oh ! il nous cnnuie, celui-là. (Haut.) Damel c’est selon. On est payé à la pièce. Ça dépend beaucoup de la façon des plumes, qui sont collées ou nouées, vous comprenez.

SIMON, avec feu. — Ah ! VOUS' êtes plumassière ! Mademoiselle, je vas le dire à mon père.

UN PETIT BAL HONNÊTE

FüLviE. — OÙ esl-il, votre père ? Est-ce ce vieux bonhomme à qui vous parliez tantôt, avec des bas bleus et des souliers à boucles?

SIMON. — Lui-même. Tenez, levTà qui vous regarde. Il est si saisi qu’il oublie de boire. J’ vas tout lui dire.

(D la quitte.)

FüLViE, seule. — Qu’a-t-il? Est-ce qu’il voudrait me demander en mariage?... Ah! mais noni Moi, je n’épouse pas un ouvrier, d’abord I

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