‹ Paris dansantChapitre 47 sur 78 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Une autre table. — Viclorine Bailly et une amie.

l’amie. — Félicité?... 11 y a beau temps que. je sais ses histoires avec son lampiste. C’est moi qui ai tout dit à sa tante.

vicTORiNE. — Âh ! c’est toi qui as tout dit I Eli bien, c’est moi qui ai tout payél

l’amie. — Comment ça, ma petite Viclorine?

viCTORiNE. — Félicité s’est figurée que je l’avais vendue. Sais-tu ce qu’elle a fait? Elle est montée le même jour chez bonne maman, et elle lui a dit que c’était moi qui courais les rues avec le lampiste I

l’amie. — Ah çà I mais c'est donc un démon, que cette fille-Ià?

vicTOBiNE. — Le soir, je rentre de ma journée ; je trouve bonne maman furieuse, sans savoir pourquoi. Je n’avais pas meme eu le temps de lui dire bonsoir, que j’avais déjà. reçu une paire de soufflets; comprends-tu? elle qui n’avait jamais levé la main sur moi I elle qui ne me fouettait seulement pas quand j'étais petite ! Ce n’était rien encore. Elle lève une chaise, et la voilà qui se met à me bûcher comme pour me tuer.

l’amie. — Oh ! que j’aurais eu peur 1 Tu as crié au secours?

VICTOBINE. — Non. J’étais comme de marbre. Je ne sentais pas les coups qu’elle me donnait. J'étais trop étonnée, je la croyais folle. — Enfin, j’attends qu’elle soit à bout de forces (pauvre bonne maman I ce n’a pas été long !) ; alors je lui demande : — Eh bienl qu’est-ce qu’il te prend donc? qu'est-ce que tu as? qu’est-ce que je t’ai fait? — Tu le demandes, malheureuse I Ah I c’est comme ça ! ah ! tu vas

DN PETIT BAL HONNÊTE. 179

te promener, sur le boulevard, avec des garçons I. .. — Qui l’a dit cela? — Félicité ! — Ah ! je dis, c’est trop fort 1 ... — Alors je lui raconte (oulc l’histoire. Chère bonne maman ! c’est .elle qui a été saisie et

désolée, et repentante de m’avoir battue ! On n’a

pas idée de ça. Elle me demandait pardon, elle me baisait les mains, elle m’étoulTnil de caresses ! — Ma pauvre fille ! faut-il que je sois bête ! Comme si ma Victorine pouvait rien faire de mal !... — Mais, a-telle dit en se relevant, cette mauvaise petite gale de Félicité me. revaudra ça!... J’ai voulu la retenir. C’est que bonne maman est terrible quand elle se fâche ! elle ferait reculer un régiment ! Il n’y a pas eu moyen. Elle est allée faire une scène à Félicité. Je ne sais ce qu’elle lui a dit , mais le fait est que Félicité s’est mise au lit de la frayeur qu’elle a eue.

l’amie. — Il faut être juste. Félicité ne l’avait pas volé I

VICTORINE. — Attends la fin. Quelques jours .«e passent ; je revois Félicité. Elle avait eu peur de

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