SCÈNE II
Chez Paul.
UN AMI, entrant. Qu’osl-ce qu’on m’a donc dit?... C’est vrai pourtant que tu as l’œil bien accommodé, au beurre noir !... Comment c’est-il venu?
PAUL. — C’élait d’abord jaune... ensuite c’est devenu vert... après ça...
l’ami. — Je sais ! je sais! Je te parle de l’origine de la querelle.
P.VUL. — Est-ce que je sais? Il me parlait des enfants de Nais, comme si Naïs en avait plus d’un!... Je lui ai dit que c’était un faussaire !...
l’ami. — Sérieusement, tu crois que Polycucte est un faussaire?...
PAUL. — Est-ce que je sais? J ai dit ça comme j’aurais dit autre chose.
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l’ami. — Tu as eu tort He le traiter de faussaire. Tu entrais dans sa vie privée; tu as eu tort! — C’est alors qu’il t’a... Et après?...
PAUL. — Je suis allé me laver... je saignais du nez.
l’ami. — C’est tout ce que tu as fait?
PAUL. — Puisque je te dis que je saignais du nez I
l’ami. — Enfin... enfin... je suppose que tu lui as envoyé des témoins?...
PAUL. — Pour quoi faire?
l’ami. — Comment, pour quoi faire? Je te trouve charmant! Mais pour lui demander une réparation, des excuses...
PAUL. — Crois-tu qu’il voudra?
l’ami. — Je voudrais bien voir ie contraire... après un soufflet! 11 faut qu’il se balte.
PAUL. — Mais...
l’ami — Je te servirai de témoin. Je vais de-
LES PETITS JEUNES GENS
mander à Gaston de venir avec moi ; c’est un garçon carré. Nous mènerons ça rondement.
PAUL. — Mais...
l’ami. — Tu choisis l’épée, c’est convenu. Au pistolet, on s’estropie, c’est embêtant; — ou bien l’on so rate, c’est ridicule.
PAUL. — Mais...
l’ami. — Je te rendrai réponse dans une heure, sois tranquille. Je vais prendre une voiture pour aller plus vite.
PAUL. — Mais...
l’ami. — La voiture est à ton compte, c’est entendu. A tout à l’heure. — Dis donc! Tu ne ferais pas mal de prendre une leçon d’escrime, d’ici à demain. — Va au passage de l’Opéra, chez Gatechair; c’est un boni... Nous irons t'y retrouver. Songe que c’est ta première affaire 1 Tu ne peu.\ pas être trop susceptible.