V. plus loin le Logis de l’amiral Coligny
2. 11 écrit le 30 déc. 1650 : « Je vais demeurer dans la place du Chevalier-du-Guet, joignant le logis de M. Miron , maître des comptes ». Dans sa lettre suivante, 24 janvier 1651, il parle de l’emménagement de ses in-folio « dont il a déjà 1600 en ordre ». Le 21 avril, tout est en place, le maître, les livres, les tableaux. « Je puis, dit-il, parlant de son Etude, vous assurer qu’elle est belle. J’ai fait mettre sur ma cheminée un beau tableau d’un crucifix qu’un peintre que j’avois fait tailler, me donna l’an 1627. Aux deux côtés du portrait nous y sommes tous deux, le maître et la maîtresse; au-dessous du crucifix sont les deux portraits de feu mon père et de feu ma mère : aux deux coins sont les deux portraits d’Érasme et de Joseph Scaliger... Outre les ornemens qui sopt à ma cheminée, il y a au milieu de ma bibliothèque une grande poutre qui passe par le milieu de la largeur de bout en bout, sur laquelle il y a 12 tableaux d’hommes illustres d’un côté et autant de l’autre, y ayant assez de lumière par les croisées opposées, si bien que je suis, Dieu merci, en belle et bonne compagnie avec belle clarté ». M. Troche, dans l’intéressant travail qu’il a fait sur la mairie du IVe arrondissement, l’ancien hôtel du Çhevalier-du- Guet, pense que la maison de Gui-Patin est celle qui lui fait face et qui porte le n° 5. — Tout cela va disparaître.
INTRODUCTION
choisi pour son dernier retrait de savant, celui où il est mort, un logis de la rue des Bourdonnais cette impasse et cette rue ont tout à coup gagné en considération dans mon esprit, non pas tant peut-être pour le relief que leur donnait à mes yeux l’habitation de ces savants hommes que pour la tranquillité dont y faisait 1 foi cette préférence de leur part.
J’ai dit que le voisinage du Louvre, devenu tout à fait, au XVIe siècle, le séjour des rois de France, avait contribué pour beaucoup à la sécurité inattendue de ces quartiers, si contraire à ce qu’on avait vu auparavant : je ne me trompais pas, je crois; mais, si je prétendais trouver le même résultat pour toutes les rues environnant l’immense palais, je ferais une grossière erreur. — Un séjour royal n’amène pas dans ses alentours que des habitations de seigneurs, aussi empressés à rapprocher leurs hôtels de la demeure du prince, qu’à se grouper eux-mêmes autour de son trône ; ou bien des ouvroirs de marchands de toutes sortes comme ceux que la soif du profit, l’ardeur à la fourniture ont fait s’entasser dans ces parages, et déborder de la rue des Bourdonnais dans la rue Saint-Honoré qu’ils remplissent toute depuis les Halles et la Féron nerie jusqu’à la rue du Coq ; une cour comme celle di roi de France, un palais comme celui du Louvre, ave< son cortège et pour ainsi dire sa ceinture d’hôtels riche et bien hantés, est une trop bonne pâture pour que le mille industries du vice et de la débauche n’encombren pas aussi ses abords. Il leur faut là, pour faire leu curée, une place comme celle que s’y sont faite les sei
i. Bullet. du Biblioph ., 4e série, page 108.
INTRODUCTION