V. à la fin du volume, les Logis de Scarron
3. Depuis 1806, époque du nouveau numérotage des rues, elle Rappelait rue Pierre Lescot, du nom de l’architecte sur les dessins duquel l’aile occidentale de la cour du Louvre a été bâtie. C’était
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l’arrivée de cette nouvelle population ne fit pas donner un nom nouveau ; ou bien encore de pieux néophytes, comme celle des Bons-Enfants , qui devait de s’appeler ainsi, aux pauvres Escoliers de Saint-Honoré.
Rien ne fit obstacle aux infectes peuplades, quand elles eurent commencé à se répandre dans ces quartiers, qui toutefois les connaissaient un peu déjà1, par suite des séjours que les rois avaient faits de tout temps à leur château du Louvre 2; rien ne les empêcha de pulluler partout, ni le respect, ni la peur.
Saint-Honoré, comme toute église, comme toute communauté de prêtres ou de moines, ne les avait en
la plus immonde du quartier. Chodruc Duclos y mourut en 1842^ et un logeur y montrait au-dessus de la cheminée d’une de ses chambres ce quatrain cynique que Lacenaire y avait écrit au crayon ;
La vie est pleine d’embarras,
Tous mes malheurs ici l’attestent;
Nous avons des hauts et des bas, Heureux quand ces derniers nous restent.
1. Elles étaient déjà nombreuses, en 1313, dans la rue du Pélican, que nous n’osons pas nommer par le vrai nom qu’elle avait alors; nous laissons aux habiles le soin de le deviner sous celui qui l’a remplacé en le dénaturant. Au commencement de la Révolution on l’appela un instant rue Purgée. Mais elle ne garda pas ce nom, qu’elle n’a jamais mérité.
2. Quand la cour était au Louvre, le roi des Ribauds, qui avoit connaissance sur les jeux de hasard dans Vhoslel du roi et surtout dans les logis de bordeaux et femmes bourdelières , « logeant même, selon Le Ferron, et hébergeant les filles publiques à l’usage de la cour, moyennant deux sols de redevance que chacune d’elles lui payoit par semaine», avait sa maison dans la rue de l'Oratoire qu’on vient de faire disparaître et qui, jusqu’en 1636, s’était appelée rue de YOsterische ou de V Autruche.
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aucune sorte, nous l’avons vu, édifiées par son voisi-
Bnage. La barrière des Sergents1, qui se trouvait tout près, au carrefour de la rue Croix- des- Petits- Champs et de la rue Richebourg, qui commençait à s’appeler rue du Coq 2, ne leur inspira pas plus de crainte que l’église de vénération.
i. A toutes les émeutes, cette barrière ne manquait jamais d’être attaquée, aussi en est-il beaucoup parlé dans les chroniques de la Ligue et de la Fronde . Du temps de la Régence, quand le peuple furieux contre Law voulut se porter au Palais-Royal pour se saisir de lui, la plus vive échaufïourée eut lieu autour de cette barrière. Elle fut détruite en 1745 . (Journal de Barbier , n, pag. 468). Un corps de garde la remplaça jusqu’en 1805.
2. En 1433, elle commençait à remplacer son ancien nom qu’elle . devait à la famille de Richebourg, qui l’avait habitée, par celui a qu’elle a porté depuis et qui lui venait non pas de la famille Lecoq, mais d’une enseigne sculptée en bas-relief, au-dessus de la porte d’une de ses maisons (Piganiol, 11, 310). Une sentence du Châtelet fut rendue cette année-là cc au sujet d’une maison, rue Saint- Honoré, à ta Nef d’argent , près la rue Richebourg, dite du Coq. » j ( Archives Joursanvault , n° 1089). Cette enseigne du Coq ne se con- : serva pas jusqu’au xvme siècle, mais il s’en trouvait une très l remarquable, dans cette même rue, au-dessus de la boutique d’un marchand de tabac, c’est le comte de Caylus qui l’avait peinte en t partie; nous dirons à quelle occasion, quand nous ferons Y Histoire , des enseignes. — La rue du Coq avait toujours conduit à l’une des entrées du Louvre. Sous Louis XIII, elle menait au pont-dormant, suivi d’un pont-levis, qui allait à la porte principale, et qu’on appe- • lait le Pont du Louvre. C’est sur ce pont que le maréchal d’ Ancre fut tué de trois coups de pistolet par Vitry et ses gens (V. Ment.
.1 de Ponchartrain). Il ne faut pas le confondre avec le Pont d’ Amour . qui se trouvait de l’autre côté, et qui faisait communiquer « le petit : logis » occupé par le maréchal, sur l’emplacement, aujourd’hui remanié du Jardin de l’Infante, avec l’entrée des appartements de 3 la Reine mère. Son nom lui venait des hantises continuelles et clandestines de Çoncini près de Marie de Médicis. Il ne passait par j le Pont du Louvre que lors des visites officielles : la dernière lui fut fatale. (V. Tallemant, 2e édit., 1, pag. 191-192; Sauvai, Galan-
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Plus loin, vers la porte Saint-Honoré, qui se trouvait alors, comme on sait, à la hauteur de la galerie de Nemours et du café de la Régence nouvellement disparu, elles ne furent ni plus timorées ni plus craintives. Non contentes de se bâtir des bouges dans ce petit coin verdoyant qu’on appelait le Chamfleiiry 1 et qui, débris riant de l’ancien parc de Philippe-Auguste, avait long- : temps égayé les abords du Louvre diminué, elles avaient envahi, tant leur nombre croissait, jusqu’aux enclos fangeux qui s’étendaient au bas de la butte Saint-Roch et autour de l'hospice des Quinze- Vingts2. 11 ne leur avait pas répugné de se faire les voisines de la pieuse maison fondée par saint Louis 3 ; et YÉchelle patibu-
teries des rois de France, in-12, tom. il, 2e part., pag. 93.) — Sur ce chemin du Louvre les rencontres et les combats n’étaient pas rares. Le plus célèbre dans le même temps fut celui du chevalier de Guise et du baron de Luz, à la barrière des Sergents. (V. Lettres de Malherbe à Peiresc , pag. 230-237). L’absence de la cour rendit cette rue et son voisinage plus calmes. Sous Louis XV, nous trouvons, rue du Coq, la paisible demeure du savant Vicq d’Azyr, et sous Louis XVI, en 1784, la statue du bon Roi que le peuple a pétrie avec de la neige.
1. Elle prit en 1806 le nom de rue de la Bibliothèque, non point parce qu’elle conduisait, comme on l’a dit à tort, vers l’emplacement où s’était élevée l’ancienne tour de la Bibliothèque de Charles V, mais parce qu’en 1806, le projet de mettre la Bibliothèque au Louvre, décrété le 21 mars 1801, n’était pas encore abandonné.
2. V. les Crieties de Paris , de Guillaume de Villeneuve. — L’hospice des Aveugles resta au coin de la rue du Champorri, qu devint plus tard rue Saint-Honoré, à l’angle de la rue Saint Nicaise, sur l’emplacement occupé, en 1784, par la rue de Valois Saint-Honoré, — depuis 1260, jusqu’en décembre 1779. Alors 01 le transporta rue de Charenton à l’Hôtel des Mousquetaires noirs' où il est encore (V. Mém. secrets, xv, 14, 263. V. aussi L. De La i borde, Palais Ma^arin, p. 393, n. 666).