LX V
Ce coin de Paris n’est pas seulement le berceau de l’Imprimerie en France, c’est aussi le lieu de sa plus grande gloire. N’est-ce pas près de là que se trouvait la maison de Robert Estienne, dans la rue Saint-Jeande-Beauvais, «c la rue où j’ay esté né, » dit son fils Henri, le second de cette illustre race *. Sauvai a écrit qu’en 1650, on voyait encore sculpté en pierre audessus de la porte «c l’Olivier que Robert Estienne avait pris pour enseigne2, » et peut-être la maison que décora si longtemps ce pacifique et glorieux blason est-elle du nombre des masures vénérables que la longue rue, suivant sa ligne droite, vient de renverser au passage. Que d’autres sont ainsi tombées 1 La plus regrettable parmi ces ruines serait certaine-
1. Apologie pour Hérodote , édit Le Duchat, 1, 394. — C’est dans cette maison que Jeanne d’Albret visita Robert Estienne, le 20 mai 1566. ( Lettres de Henri IV, Documents inédits, 11, pag. 555, note. Mem. de Castelnau, in-fol., 1, 901.) — C’est dans la rue Saint-Jean-dc-Beauvais, au no 10, que se trouvait aussi cette fameuse boutique de madame Jean, qui datait des premiers temps du commerce des gravures, et qui était le plus énorme entassement d'images qu’on eut pmiais vu. Madame Jean est morte il y a dix ans environ ; on a consacre à la description de son magasin deux curieux articles dans le Cabinet de l’amateur et de l'antiquaire , t. Il, 182-188; 2^6-238. — Madame Jean rappelait à notre époque cette madame Chartres, dite Y Anglaise, dont la boutique, célèbre au dixseptième siècle, avait été visitée par sir Benjamin Ruydert. Les poésies et les lettres de ce riche amateur anglais, qui font foi de cette visite, ont été publiées à Londres en 1841. Madame Chartres logeait rue Saint-Jacques, dans une maison qui fut ensuite celle de Mariette, avec la même enseigne, aux Piliers d’Hercule. A la même époque, Florent le Comte avait sa boutique proclse la Fontaine Saint-Benoit, au Chiffre royal, et Audran, tout près, aux deux Piliers d’or .