Antiq. de Paris , liv. vin, pag
INTRODUCTION
ment l’église Saint-Benoît cette vieille paroisse du pays de la science, ce champ du repos pour tant d’hommes au labeur infatigable et aux études inassouvies ; mais d’église, devenue magasin de grains, puis théâtre ou plutôt mauvais lieu dramatique, ses métamorphoses l’avaient trop profanée pour qu’on n’ait pas accepté sa démolition complète, comme une sorte de purification.
Je n’ai pas beaucoup plus de regret des collèges de Séez et de Narbonne , qui viennent de disparaître dans la rue de la Harpe. Rebâtis tous deux au dernier siècle, l’un en 1730, l’autre trente ans après, rien
1. Cette église avait pris la place d’un ancien temple dédié à Bacchus, et cette première destination était cause que, contrairement aux prescriptions du rite chrétien, elle regardait l’Occident et non l’Orient : « Sanctuarium rtspiciebat Occidentem, » comme le dit Estienne, abbé de Sainte-Geneviève, dans sa Lettre écrite au pape vers 1183. C’était une dernière trace du paganisme, dont Perrault signala l’étrangeté dans son Commentaire sur Vitruve, et qu’on fit disparaître vers le xive siècle. Saint-Benoît regardant désormais l’orient, comme toutes les autres églises chrétiennes, fut appelé le bien tourné ou le bétourné (bene versus). — Il faut lire pour l’histoire de cette église le livre de Bruté : Chronologie historique de MM. Us curés de Suint-Benoît , depuis llS I jusqu'en 17)2, arec quelques parti cularités sur plusieurs personnes de considération enterrées d Saint - Benoît , 1752, in-12. Sur son cloître disparu comme elle et comme la place Cambray, en face de laquelle donnait l’une de ses trois issues, on fera bien de consulter un article de la Rn>ue Arclxolo gique, iv, ire partie, pag. 214-227. — Ce cloître Saint-Benoît avait été autrefois un centre populaire. On y exposait les gravures séditieuses, les tableaux qui parlaient à la foule des événements récemment accomplis. A la mort de Marie Stuart, par exemple, un tableau représentant son supplice y fut exposé et attira une telle affluence qu’on dut le faire enlever. L’ordre du roi, pour cette affaire, est conservé aux Mss. de la Bibliothèque nationale ( tonds de Béthune, n° 8897).
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