LX VI I
ie les distinguait des maisons voisines. N’eût été 'écusson de pierre, où ce mot colle gium, dont s’exta- >iait si fort le Lubin de Molière, se lisait en lettres l’or, rien n’eût annoncé qu’ils n’avaient pas été 'onstruits pour le prosaïque hôtel garni installé dans ’un et dans l’autre , quand maîtres et écoliers avaient iû en déguerpir. Ce fut le sort de presque toutes ces vieilles hôtelleries scolastiques. A moins d’avoir été accaparés pour devenir des établissements publics, :omme le collège des Cholets *, dont le gouvernement se réserva l’usage jusqu’au jour où la nouvelle Bibliothèque Sainte-Geneviève l’absorba dans son enceinte; comme le college de Laon, dans la rue Montagne-Sainte-Geneviève, où furent placées quelque temps les archives du Trésor; comme celui de Lisieux , dans la rue Saint-Jean-de-Beauvais, qui devint une caserne, etc. ; tous ces pensionnats, épiscopaux ou royaux, finirent par devenir des auberges. Le collège de Dainville , dont la cour conserva longtemps de précieux restes d’architecture, n’eut pas une autre destination, quand les études en furent exilées; enfin je ne sache guère que le collège de Presles, sombre maison des Carmes ensanglantée par le meurtre de Ramus1 2, et, dans la rue de la Harpe, le collège du
1. Fondé en vertu du testament du cardinal Jean Cholet, il datait de 1292. C’est là que « Buridan, sauvé des eaux comme Moïse, soutint, un jour durant, qn’il est licite de tuer une reine de France. » (Les rues de Paris , n, pag. 253. La rue de Sorbonne ). En 1764, le collège des Cholets, ainsi que vingt-huit autres qui, faute d’argent, ne pouvaient plus subsister, fut réuni à l’Université. (Thurot, de l’Organisation de l’enseignement , pag. 131.) La rue voisine qui lui devait son nom a été supprimée par ordonnance royale de sept. 1843.
2. Sur le fondateur de ce collège, Raoul de Presles, dont nous