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V.,plus loin, notre chapitre sur Boileau

INTRODUCTION

à Paris 1 ; la maison des Orphelines que le curé Linguet . faisait si activement travailler 2 3, pour rebâtir, à l’aide de leur gain, son église de Saint-Sulpice ; au coin de la rue du G in dre, nous aurions l’amusante aventure de l’abbé de Périgord, futur évêque d’Autun et prince de Bénévent, avec la petite pâtissière, son premier amour ,j. Revenant enfin à l’abbaye de Saint-Germain, dont une partie se transforma en prison, nous aurions à raconter les massacres de Septembre. De cette manière, la preuve nous serait surabondamment acquise que les démolitions récemment faites se sont pris à tout ; nous aurions pour certain qu’une époque qui jette bas, — pour les rebâtir, il est vrai, — ici le pont Notre-Dame et le Petit-Pont ; là, le pont d’Arcole et celui d’Austerlitz 4; qui renverse de ce côté la prison de l’Abbaye, de l’autre, la rude geôle de la Force 5; sur la rive gauche,

i. V. Lettres de madame Du Deffand, i, pag. 192.

, 2. Mémoires de Maurepas, 11, pag. 110.

3. Cette aventure, dont nous ne pouvons garantir que la vraisemblance, se trouve fort bien racontée dans un petit livre qui, sous le titre d’ Album perdu (Paris, 1829, in-8, pag. 14-22) contient toutes sortes de particularités curieuses sur M. de Talleyrand.

4. Commencé en 1802 sur les dessins de l’ingénieur Becquey- Beaupré, il fut achevé en 1806. Reconstruit en pierre cette année, il n’avait donc pas duré cinquante ans sous sa forme première. Prud’homme, à propos de la voie de communication qu'il établit entre les faubourgs Saint-Jacques et Saint-Antoine, fait cette remarque : « Si ce pont avait existé lors de l’insurrection de prairial , il n’eût pas été facile à la Convention d’empêcher la réunion des habitants du faubourg Saint-Marceau avec ceux du faubourg Saint- Antoine; la Convention n’en eût pas été quitte à bon marché. »

1 ( Miroir hist. de Paris, 1807, in-12, tom. III, pag. 52, note.) — Pour le pont d’Arcole, V. plus bas notre article sur le Cabinet vert de V Hôtel do Ville.

! 5. L’ancien hôtel, que le nom d’un de ses propriétaires, M. le

INTRODUCTION

le vieil enclos de Saint-Jean-de-Latran , sur la rive droite, la jeune enceinte des Menus-Plaisirs 1 ; qui

duc de la Force, avait si bien prédestiné à ce qu’il fut, depuis la Révolution jusqu’à nos jours, a disparu en 1853. Entre autres' hommes célèbres, il avait eu pour maître Charles d’Anjou, roi dt Sicile et le cardinal de Birague , qui le fit rebâtir au xvie siècle. Or, la rue où il se trouvait et qui dut son nom au titre du premier, et la fontaine voisine, dont le second fut le constructeur et le parrain, sont menacées à leur tour par la rue de Rivoli qui s’avance. j Nous en reparlerons quand la démolition sera accomplie ainsi que de la prison, dont l'histoire tient si bien à celle de tout ce quartier reconstruit.

1 . Cet établissement ne datait que de la seconde moitié du der-j nier siècle. Vaste comme il l’était, on n’avait pu le placer que dam un quartier désert où tout le terrain qu’on voulait était à prendre. La partie du faubourg Sainte-Anne, c’était alors son nom, qui fui choisie par l’intendant des Menus- Plaisirs du roi, satisfaisait à cette condition. — En 1734, la rue Bergère, bien que percée depuis ceni, ans environ sur le Clos aux Halliers, ne possédait que trois mai-j sons dont l’une, fort belle et sentant bien son époque, est aujour-l d’hui l’hôtel du Comptoir National. Elle est dessinée sur le plar Turgot qui nous sert ici de guide. La rue Ruher n’était pas en core tracée et ne devait l’ètre que longtemps après. Enfin, quam j en 1783 on bâtit l’immense hôtel, on pouvait se donner autan ' d’espace, qu’on en avait trouvé l’année précédente, de l’autre côt« du faubourg, lorsqu’on y avait établi les petites Écuries du roi. Lterrain à prendre ne fut alors limité que par une rue, qui fut percér l’année suivante, et à laquelle M. Papillon de la Fcrté, directeur di nouvel établissement donna son nom. 11 y eut tout d’abord un théâtr. dans le nouvel hôtel, on le sait par Collé qui y fit jouer ses conté J dies et ses parades. (V. son Journal , ni, 262.) Les répétitions de' opéras et ballets qui devaient se jouer à la cour s’y faisaient ; d plus, on y exerçait les protégés et surtout les protégées des seigneur I qui se destinaient au théâtre. De là l’origine de la petite salle en J core existante et que Sarrette trouva toute préparée, quand il réorj ganisa, dans l’hôtel voisin, sous le nom de Cotiservaloire, l’Kcol de déclamation et de chant établie par arrêt du 9 janvier 1784. Lorj de cette réorganisation, il y avait longtcmp* que M. Papillon de lj Ferté, après avoir fait grand bruit dans le monde (V. Journal d !

IN PRODUCTION

nenace en même temps, sur la montagne Sainte-Geîeviève, tout ce qui y subsiste encore des asiles de la piété et de l’étude, et sur la butte Saint-Roch, qu’on /eut enfin dégager et aplanir, les traces si fraîches encore de la philosophie militante et des débauches :hantées du dernier siècle ; la maison d’Helvétius e petit logis de MUo Volland 1 2, cette Egérie de Diderot, et le magnifique hôtel de Mm# Du Barry 3; qu’une

Favart, édit. Didier, pag. 2 62; Journal de Collé, pag. 133-1 était allé mourir sur l'échafaud. La rue Bergère, de déserte qu’elle avait été si longtemps, était devenue l’une des rues les mieux habitées. En outre des hôtels de fermiers généraux, dont le plus beau était celui de Boulainvilliers, bûti par Carpentier, et le même qui, devenu hôtel Rougemont, a été effacé par la rue qui a pris son nom; on y trouvait l’hôtel de Mm* de Mirepoix (V. Lettres de Mme Du Défiant, 111, 44-4;), celui de Senac de Mcilhan, où fut donné ce souper de fausses poissardes, dont s'amusa tant Rétif (V. le charmant livre de Ch. Monselet, Rétif de la Bretonne, pag. 49), etc. — En 1814, quand les Menus-Plaisirs furent rétablis, Campenon en fut fait le I secrétaire, ce qui lui valut un épigramme dont voici la pointe :

Pour le placer dans les Menus

On a consulté ses ouvrages.

1. V. ce que nous disons de l’hôtel de ce financier philosophe, dans notre article sur la Butte Saint-Roch, sans oublier que la rue Sainte-Anne lui dut le nom révolutionnaire qu’elle porta jnsqu’à l’Empire. Lémontey, dans sa notice sur Helvétius (Œuirer, ni, 371), a remarqué, en renvoyant au Spectateur, que Londres avait aussi une rue Sainte-Anne dont le nom, changé pendant les guerres civiles, occasionna de graves querelles.

1 2. Elle demeurait avec madame Legendre, rue Sainte-Anne, au

coin de la rue du Clos-Georgeot. (Diderot, Lettres , 383). Mrac d’Épinay y avait aussi son hôtel.

3. Il était au coin de la rue Sainte- An ne, en face de la maison de Lulli (V. plus loin). Elle y était venue, quand, après la mort

INTRODUCTION

telle époque, dis-je, a bien nettement son parti pris d démolition, et ne regarde avant de frapper, ni à l’âg de ce qui doit tomber, ni à l’histoire qui le recom mande.

Renouveler Paris tout entier pour ajouter partout : sa splendeur, pour le rendre en toutes ses parties c< qu’il est déjà en quelques-unes, spacieux, aéré, sa lubre, tel était le but de nos édiles, but marqué pa* les besoins d’une population dont la masse devien chaque jour plus grande et l’éducation meilleure ; telli est depuis trois années leur œuvre. La nôtre, com mandée par le respect qu’on doit à toutes les chose; de l’histoire, est bien différente. Si elle ne va pa; jusqu’à exiger de nous une plainte et un regret stérih pour tout ce que le présent va coûter ainsi au passé du moins veut-elle que nous ayons un regard poui chaque pierre respectable qui tombe, une parole d’adiei pour chaque souvenir qui s’efface. Notre mission, à nous, est de renseigner le public préoccupé de ce* ruines et le passant qui les regarde s’amonceler, sur 1< haut prix historique de ce qui disparaît ; c’est auss d’en tenir registre, afin que ce qui tombe dans la poussière, ne se perde pas en même temps dans l’oubli afin que l’attention éveillée sur ces choses, dans la génération qui les voit s’évanouir, soit aussi excitée

de Louis XV, on lui avait enfin permis d’habiter Paris. Son premier hôtel était rue de la Jussienne au numéro 16. Son beau-frère dt Barry, le roué, qui l’avait connue dans ces deux demeures, lui écrivait de la province où il était enfin forcé de vivre, son passé l’exilant de Paris et de Versailles : « Je suis également pour la fortune audessus de ce que vous m’avez vu rue de la Jussienne et au-dessouî de ce que j’aurais pu devenir dans la rue des Peiits-Chamf>s. »

INTRODUCTION

* d’avance chez celle qui lui succédera ; afin surtout que i l’avenir, qui certes ne sera pas sans admiration pour ce que ce siècle aura élévé, ne soit pas non plus sans respect, sans souvenir et sans regret pour ce qu’il aura dû renverser.

L Cette entreprise si vaste déjà, et dont cependant les proportions s’agrandissent encore chaque jour, avant de l’embrasser dans son ensemble, nous ne l’avons abordée aujourd’hui que dans quelques parties, dans quelques détails. Le reste viendra plus tard peut-être, surtout si l’accueil fait à ce premier ouvrage nous encourage à tenter enfin le plus grand.

Nous attendrions toutefois que la démolition, s’arrêtant enfin, nous eût bien défini notre tache. La plume ne doit commencer son travail que lorsque le marteau aura terminé le sien.

Paris, 25 mars 1855.

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