‹ Paris démoliChapitre 36 sur 108 · Tome XV, page · texte numérisé non relu

Tome XV, page

ommes favoris. La chambre où couchoit l’amiral >t occupée aujourd’hui par le célèbre Vanloo, de 4 Académie royale de peinture. »

Si le brave homme qui écrivait ces lignes avait i quelque prescience de l’avenir, ou tout au moins /ait su lire tout ce qu’il y avait de malice et d’esrit dans les yeux de la jolie enfant, fille de l’hôte- | er Arnould, qu’il dut certainement rencontrer (|iutillant sur l’escalier ou fredonnant dans la cour jendant la visite qu’il fit à l’auberge historique, il jrait pu par avance ajouter un paragraphe noueau à ceux qu’il venait d’écrire. Il aurait pu conure par une galante histoire la chronique sombre a vieil hôtel, mais il n’avait rien de cette intuion ; il ne devina pas, et écrivit encore moins, que nte petite fille, cette gentille Sophie, née sept ans istc auparavant, dans la chambre même où était )mbé le grand amiral et où M. Vanloo peignait lors ses grandes toiles, serait l’une des plus imables, des plus galantes, des plus spirituelles :mmes de son siècle, enfin Sophie Arnould. C’est lie, en effet, cette bonne et joyeuse fille, qui, un eau jour, s’élança de la maison, où s’était jouée 1 tragédie sanglante, sur la scène où étincelaient îs splendides féeries du chant et de la danse. M. de auraguais l’aida dans cet élan hardi qui fut un

bond heureux pour sa fortune, mais le premier fa pas de sa vertu. Il avait connu Sophie chez la pr cesse de Modène, qui la protégeait, et, en dépit madame Arnould, la bonne mais brusque hô lière, il était parvenu à la faire débuter sur : théâtre des Menus-Plaisirs. Un jour il apprend qi, peu enthousiasmée des succès de sa fille, la m : de Sophie a résolu, non seulement de l’arracl: au théâtre, mais de la faire religieuse. Il s’introd t alors dans l’hôtel ; prend un logement sous le nu de Dorval, et quinze jours durant épie avec Soph, mise bientôt dans le complot sauveur, le mom t où ils pourront s’échapper. Une nuit d’hiver, c; l’ombre s’est faite plus épaisse, Sophie prend d. s la valise de Dorval des habits qui vont tant b 1 que mal à sa taille. Un large chapeau, un gni manteau complètent le costume du rôle, le preir r travesti qu’elle ait joué, et deux minutes après <e a franchi pour toujours le seuil paternel de Yh •! de Lisieux. Depuis le regretta-t-elle ? Je ne s. , mais certes elle s’en souvint. Une lettre d’elle, ]bliée en 1776, nous fait foi de ce souvenir ete l’espèce de superstition qu’elle attachait à sa msance dans la chambre même de Coligny. le avoue que ce fut toujours pour elle « l’augure d’ie certaine renommée. »

L’histoire du vieil hôtel s’arrête là. Lui aussi il ht tombé sous le marteau, aussi bien que le faux lôtel Montbazon de la rue Béthizy. Le large carre- *>ur qui marque le point de jonction de la rue de i ivoli et de la rue mutilée des Fossés-Saint-Gerliain-l’Auxerrois occupe à présent sa place. Voilà bnc un deuil réel, pour l’archéologue qui voudrait enbre aller saluer à sa vraie place le souvenir sanglant le Coligny, et pour l’ami des spirituelles frivolités du assé, qui voudrait redemander aux échos les preîières roulades et les premiers soupirs de Sophie jmould.

LE COLLÈGE MUNTAIGU

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