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LE LOGIS DE LA COUR DU PALAIS

Idoileau à Crosne dans la maison des préaux. — Sa vie au collège. — Il revient dans la maison du quai des Orfèvres. — Il est clerc de greffier. — Sa guérite sur les toits dans la cour du Palais. — Le ménage de son frère ! Jérôme. — Madame Jérôme, sa belle-sœur. — Les , types de la satire X. — Gilles Boileau, Chapelain et i Cotin. — Les frères ennemis. — Les époux Tardieu. — Un amour de Boileau.

Nicolas Boileau ne fut pas élevé à la maison paterîelle. Ayant perdu sa mère, l’année qui suivit sa îaissance, il fut remis par son père aux mains d’une lionne paysanne, vigneronne d’une petite métairie iiu’il possédait à Crosne. Cette femme l’éleva en lourrice fidèle dans cette maison, qui existe encore n face de l’église du village. Un petit jardin y attelait alors, ainsi que deux préaux étalant leurs tapis e verdure de chaque côté du logis. Comme le petit Nicolas s’y ébattit tout à son aise tant que dura son nfance, il en conserva dans sa famille le surnom de

Despréaux, qu’il devait immortaliser plus tard. Quant il eut un peu grandi, on le ramena dans la maisot du quai des Orfèvres, pour qu’il pût y prendre de habitudes moins sauvages. Une fois apprivoisé, oj le mit au collège d’Harcourt, puis, ses humanité . finies, au collège de Beauvais. Là, comme Racint qui s'élevait alors dans la solitude de Port-Royal-des Champs, il passa les nuits et les jours à lire di poésies et des romans. Il se tua à rimer de mauva;, vers sur de plus détestables modèles : et tout ceh en dépit de M. Sévin, son régent de troisième, qi l’admirait tout en le punissant; malgré son maîti! de théologie qui l’excommuniait d’avance, et, qi plus est, en dépit de la cloche du collège, sonnai sous la fenêtre même de sa cellule et troublant toute heure cet apprenti poète, qui commençait carrière littéraire par une tragédie, et sa tragédi par la mort de trois géants.

Sorti du collège, Despréaux entra dans l’étude son père, et, confiné tout le jour dans ce gre: obscur, il dut enfouir le trésor de ses rêves sous poudre des dossiers. L’enfant qui a dormi au collé sur la théologie ne se réveille guère au logis pat< nel sur la jurisprudence. Nicolas ne parut donc \ avoir changé d’ennui. Il bâilla sur le grimoi comme aux leçons de maître Sévin. Si l’on en cr

ême certaine anecdote racontée par d’Alembert, il i arriva plus d’une fois de dormir sous la dictée de n père ou de M. Dongois, son beau-frère. Cepennt, le pauvre garçon se faisait violence et rongeait n frein du mieux qu’il pouvait. La crainte qu’il ait de son père l’empêchait de regimber jusqu’à poésie. Il cachait même si bien sa manie, il loussait, il éteignait avec tant d’adresse, sous une parente apathie, la pointe déjà mordante de son nie naissant, que son père, loin de deviner le tirique à venir, disait, en lui frappant sur la joue : Pour Colin, c’est un bon garçon qui ne dira mais de mai de personne. » Bon père et mauvais ophète, le greffier Gilles Boileau s’endormait dans tte confiance, et ne s’inquiétait pour l’avenir que : la conduite de ses autres fils, Gilles et Jacques. Gillot est un glorieux, disait-il, Jacot un débauié. » Je ne sais s’il s’abusait encore, surtout pour cot, qui, plus tard, devint chanoine; mais je suis r que, s’il eût su combien il se trompait sur le mpte de ce sournois de Nicolas, le bon greffier en t bien gémi après sa mort.

Elle arriva en 1657. Despréaux avait vingt et un is, âge d’émancipation légale s’il en fut. Il en proa donc, jeta le masque, et, vrai Brutus littéraire, daignant, quoi que pût dire sa famille, le greffe et

ses entraves, il ressaisit la satire et s’en fit une arm contre ses premiers censeurs. C’étaient ses frère; Toutefois, en se raillant d’eux, il ne les quitta pa: Sitôt son père mort, désertant la maison natal du quai des Orfèvres, il alla s’installer, avec Gilk et Jacques, dans la cour du Palais, chez Jérôme Bo leau, leur aîné, héritier à ce titre du greffe paterne Ce logis de Jérôme, que les constructions récen tes ont fait disparaître, se trouvait en face de 1 Sainte-Chapelle. La chambre que Despréaux y obtir était plus que modeste : c’était une sorte de rédu sur les toits, une façon de guérite, au-dessus d grenier, où il pouvait à peine tenir seul. Quelqu triste et malséant que fût ce réduit pour un poèt qui s’émancipe et prend ses aises, Despréaux di s’en contenter. Il était le plus jeune de la familk et l’on sait quelle est la loi commune : le plus bs en degré de descendance est toujours le plus haï niché dans la maison. Jacques était au séminaire Gilles, leur aîné, logeait au-dessous de notre poètt c’est-à-dire au quatrième étage, dans une mansard qu’il lui laissa en quittant la maison. « Je suis de < cendu au grenier! » dit Nicolas joyeux, en s’y instai lant. Ce fut son premier bonheur x.

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