Coll. Petitot , 2e série, tome XLVIII, pag
j/eux du duc de Beaufort, lequel, voyant qu’il avoit invité le coup, dit au duc de Nemours qu’il se devoit contenter et qu’il lui donneroit la vie s’il la lui denandoit. Le duc de Nemours répondit qu’il ne la |luy demanderoit jamais; et ayant mis l’épée à la nain, à l’instant qu’il eut tiré son pistolet, il se mit len devoir de porter un coup à M. le duc de Beaujfort, qui en eut la main un peu blessée, et, à l’instant même, il tira son pistolet, dont il donna droit dans l’estomac du duc de Nemours, et lui perça le cœur au-dessous de la mamelle droite. Villars et Bury se blessèrent tous deux, et ayant vu tomber le duc de Nemours, ils y accoururent, et les six autres gentilshommes aussi. Dés que le combat commença,
1 madame de Rambouillet, religieuse qui se promenoit avec l’abbé de Saint-Spire dans le jardin de i l’hôtel de Vendôme, sortit par une porte de derrière et ils y coururent, mais ils ne purent arriver 1 assez à temps pour les empêcher. Tous deux approchèrent du duc de Nemours pour l’exhorter à penser à Dieu, et l’abbé de Saint-Spire lui donna l’abj solution, mais on croit qu’il n'entendoit déjà plus. Car il serra étrangement la main de madame de Rambouillet sans donner aucun signe d’entendre ce ; qu’on lui disoit ; on le mit dans un carosse et il y I expira incontinent. »
Il n’avait pas tenu à Richelieu que ce vaste terr . du Mar chê-aux- Chevaux, tour à tour envahi par . maquignons et les duellistes, n’eût une destinati et moins vile et plus paisible. 11 avait rêvé là u : belle place qui eût été la rivale de la place Roya comme son palais Cardinal était le rival des Tui ries. Il l’aurait appelée la place Ducale, et dans . magnifiques bâtiments dont il l’aurait bordée il a rait établi son académie. Sa mort fit avorter ce be dessein dans son germe, et comme s’il était dit q l’Académie française ne devait tenir sa demeru que de la main de son fondateur, celle-ci lui faisa défaut, elle erra deux siècles sans pouvoir obtei une habitation qui lui fût propre. Pelisson et Fé bien nous ont tous deux parlé de cette place D cale, de ce grand square académique, Lun des d( niers rêves de Richelieu. « Ayant projeté depuis Ion temps, dit le premier, de faire dans le Marché-au Chevaux, proche la porte Saint-Honoré, une gran place qu’il eût appelée Ducale, à l’imitation de j Royale, qui est à l’autre extrémité de la ville, il vouloit marquer quelque logement commode po l’Académie; mais ce dessein et plusieurs autre qu’il réservoit pour un temps meilleur, furent inte rompus par sa mort. » Les détails sur cette plac laissés par Félibien, sont plus complets : « Elle ai
oit, dit-il, été dans le Marché-aux-Chevaux, près de a porte Saint-Roch et de celle de Richelieu. Sa igure eût été carrée et sa grandeur de cinquante huit toises. Elle auroit été environnée de pavillons aoubles, uniformes et profonds de dix toises. L’Acalémie française y auroit été placée, et les académiiens dévoient y être logés. Desmarets, qui étoit du jiombre, en avoit jeté le plan, et le cardinal traitoit déjà avec les propriétaires des maisons, lorsque la nort l’enleva x. »
Si la butte Saint-Roch n’eut pas le suprême honneur de voir l’Académie s’établir dans son voisinage, (lu moins lui fut-il donné de posséder à son sommet la première gloire de l’illustre corps, le grand Corbeille.
On sait que, tandis que son frère Thomas habiait tout près, rue du Clos-Georgeau, il logeait lui- , nême rue d’Argenteuil, au point culminant de la jmontée, dans une maison toute neuve alors, reconstruite depuis sous le n° 18, et que, lors des prochaines démolitions, nous verrons disparaître ,sans beaucoup de peine, si le plus modeste monument vient la remplacer et nous dire : là vécut et mourut P. Corneille 2.