Moniteur, 27 janvier
de l’immense fourmilière ! Comme dernier souvenir du passé, on a pourtant voulu donner à la rue qui s’est frayée à travers le terrain de l’agreste enclos, ! un nom qui rappelât le couple donateur. On l’appelle la rue Geoffroy-Marie, et dans ce touchant hommage est l’un des seuls vestiges que le moyen âge ait laissés au sein de ces quartiers tout modernes, et partant, sans histoire.
La Grange-Batelière y a seule un nom contemporain de celui-là. Il est parlé d’elle, en effet, dans | l’acte de donation, et d’après les mots latins qui la désignent : Granchia pr œ lia ta ou Grangia batailliæ, on deviue qu’elle se nommait alors, non pas comme aujourd’hui Grange-Batelière , ce qui 11’est qu’un nom altéré, mais Grange bataillière. Une lettre ; royale de 1377 l’appelle même Grangia bataillata ; (bataillée) l. Pourquoi? Faut-il chercher dans cette appellation la trace de quelque combat livré par les Parisiens, soit aux légions de Labienus, quand elles vinrent s’embourber dans les marais qui formaient la ceinture fangeuse de Lutèce2; soit aux Normands,