‹ Paris démoliChapitre 91 sur 108 · Réimpress, du Moniteur , tome XIX, pages · texte numérisé non relu

Réimpress, du Moniteur , tome XIX, pages

2. Id., XX, page 428. — • Mercier, Nouveau Paris , orne VI, page 100.

Je ne sais si Daugny, comme ancien ferm général, fut compris dans l’arrêt de confiscati qui dépossédait tous ses confrères, mais, ce qui < certain, c’est qu’à cette même époque son magi fique hôtel n’était plus habité ni par lui ni par 3 siens1. Des entrepreneurs de fêtes publiques, ba jeux et banquets, l’avaient envahi, et y exploitait le scandale sous toutes les formes. Pendant q Pâche souillait l’hôtel Choiseul de ses crapuleux orgies, et qu’à l’hôtel du fief, transformé en maisJ garnie, quelques représentants montagnards, Chr.i tiani, du Haut-Rhin, Ehrmann, du Bas-Rhij Villars, de la Mayenne, étaient hébergés aux fn du peuple, la maison Daugny se remplissait chaq nuit de plaisirs et de bruit2. Ce fut mieux enco sous le Directoire. On y donna quelques-uns de c

1. Peut-être occupait-il alors l’hôtel portant le n° 30 la rue de Clichy et que nous trouvons indiqué vers temps-là sous le nom d’hôtel Daugny.

2. Ce n’était pas le seul hôtel seigneurial qui fût devei hôtel garni pendant la Révolution et l’Empire. Le Nouvel Pariseum , etc., 18 11, in-12, cite, page 2 10, dans la lis des hôtels garnis « les plus élégants, les plus vastes et ij plus connus » : Y Hôtel du prince de Galles , rue du Fa bourg-Saint-Honoré, vis-à-vis l’avenue qui conduit x Champs-Ëlysées ; Y Hôtel de V Infant ado, rue de la Coj corde, etc. Ce dernier, on le sait, est devenu depuis l’hôt Talleyrand.

| fameux bals des victimes, où l’on dansait pour les morts, comme on polke aujourd’hui pour les pauvres. Ils finirent par émigrer au pavillon de Hanovre. Le marquis de Livry établit alors à l’hôtel Daugny son bal des étrangers, « où, dit Prudhomme, on ne pouvait être admis que masqué et chargé d’or. Car les pièces d’or y dansent plus que les convives1 ». Dans six ou huit salons magnifiques, on jouait toute la nuit un jeu d’enfer. Ensuite, on soupait, et ce furent successivement les fameux traiteurs Robert et Lointier qui se chargeaient du menu. Pendant le souper, comme pendant le bal et le jeu, tout le monde restait masqué. C’était un spectacle étrange, mais une confusion effroyable dont les filous profitèrent de façon à ruiner les entrepreneurs de ces fêtes, si ceux-ci ne s’en étaient aperçus à temps, et n’avaient supprimé le souper et défendu les masques : « Les premières fois, est-il dit dans un curieux petit livre du temps, Paris et ses modes2, il y eut une collation magnifique, servie avec profusion et élégance dans des plats d’argent et de vermeil; on n’avait qu’à dé sirer et l’on était servi. Quelques personnes firent

1. Miroir historique de Paris, tome V, page 195, et tome II, pages 304-305.

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