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plus que de désirer et prendre des gelées, des glace; elles trouvèrent les couverts à leur convenance < les emportèrent; le masque et le déguisement le] sauvèrent de l’opprobre et de la vindicte générale Les entrepreneurs supprimèrent le souper, et n laissèrent plus que les glaces, la danse et le jeu. O ne put même jouer que démasqué; alors, les assen blées furent moins nombreuses. On espéra ramene le monde en faisant de cette réunion des bals parés on ne réussit pas davantage, et l’assemblée de 1 mi-carême fut la dernière ». Voilà donc des entre preneurs ruinés. Rose, le restaurateur, qui avan eux était venu à la Grange-Batelière, avait ét beaucoup plus heureux. Il avait tiré profit du voi sinage de l’état-major de la place qui, de 1796 1804, s’était établi à l’hôtel Choiseul1; il avai alléché, par de bons dîners somptueusement servis

1. L’hôtel Choiseul, abandonné par l’État-major, devin quelque temps un vaste entrepôt de meubles, un gran magasin de liqueurs et de chocolat. ( Almanach des Gour r mands, troisième année, pages 101-102.) — L’hôtel de ] Grange-Batelière était toujours un hôtel garni (V. p. 386) L’Allemand Meyer, de qui l’on a des Fragments sur Paris in-8°, traduits par Dumouriez (1798), y logea. Il était tenu dit-il, par un ci-devant tailleur de la Reine. Il en vant le vaste jardin avec parterre, bosquet en labyrinthe, etc. pag. 1-2.’

tous les friands de l’armée, et sa fortune avait été faite. Quand tout le monde était ruiné, notre fricoteur se faisait des rentes et s’achetait du patrimoine. Cet homme-là savait tirer de la friandise toute sa quintessence.

. . . Rose aurait-il des terres

Si cette ville avait moins de gourmands?

Voilà ce que' disait un rimeur de 1797 x. Ainsi, même à cette triste époque, on mangeait et l’on était gourmand. Pourquoi non? Nous avons bien vu tout à l’heure qu’on dansait pour les victimes. Les temps qui suivirent furent même loin d’être aussi joyeux, du moins à la Grange-Batelière. Je ne parle pas de l’Empire, qui donna encore quelque splendeur à ces quartiers, en installant à l’hôtel Choiseul le gouverneur de Paris 1 2 ; mais je parle de la Restauration, qui attrista la charmante demeure

1. Les Modes ou la Soirée d’été, poème en trois chants, 179 7> Page 10-

2. Lors des dernières réparations faites à l’Opéra, on a découvert, sous le badigeon qui couvrait les boiseries et le plafond du foyer de la danse, des peintures murales, style de l’Empire, et des ornements dorés surmontés de YN couronné ; c’était là sans doute l’un des vastes salons donnant sur le jardin, qu’on avait fait décorer lors de l’installation du gouverneur de Paris à l’hôtel Choiseul en 1804“.

en y logeant le maussade état-major de la garde nationale, et qui, en 1820, après avoir acheté 50,000 francs l’hôtel du président Pinon, ne trouva ' rien de mieux à y placer que la mairie du deuxième arrondissement. Je l’aimais encore mieux lorsqu’il était hôtel garni, et surtout lorsque les princes venaient s’y installer dans les chambres encore chaudes des orgies terroristes. Le duc d’Orléans, revenant en 1814, ne prit pas d’autre logement, jusqu’à ce que ses appartements au Palais-Royal eussent été mis en bon état 1 .

Enfin, le vieux hef vient de disparaître; cette ; malencontreuse mairie lui a porté malheur. Puisset-elle ne pas être aussi fatale à l’hôtel Daugny, où elle est installée aujourd’hui, et qui, grâce à M. Aguado, survivant intacte auprès de l’hôtel Choiseul, amoindri et décapité, auprès de l’hôtel Morel de Vindé 2, devenu un passage, auprès de

1. Il descendit à l’hôtel de la Grange-Batelière, le 25 mai 1814. (Le Palais-Royal , 1829, in-8°, page 45.)

2. M. Morel de Vindé, qui a laissé son nom à la cité ! ouverte en 1844, deux ans après sa mort, sur les terrains qu’il possédait boulevard de la Madeleine, étant un savant distingué, et de plus un bibliophile ardent. Oubliant en lui, j l’agronome, membre de l’Académie des sciences depuis 1824, et le littérateur-romancier-moraliste qui survécut à ses oeuvres, le roman de Primerose (1797), Clémence de

l’hôtel Delaage, dépossédé de ses jardins, se trouve être le seul qui rappelle encore, avec quelque éclat, les grandes demeures du xvme siècle à la Grange- Batelière.

Lautrec (1798), Zèlomir (1800) et les 502 quatrains à la façon de Pibrac, nous ne parlerons que de l’amateur de beaux livres. Tous ceux qui viennent de sa bibliothèque sont fort recherchés. Quand il les vendit en 1822, époque de la démolition de son hôtel à la Grange-Batelière, on en fit un catalogue qui est lui-même devenu précieux, en voici le titre : Catalogue des livres rares et précieux , des manuscrits , etc., de la bibliothèque de M. Morel-Vindè ; Paris , 1822, in-8°. — Le quartier de la Grange-Batelière était prédestiné aux belles collections : nous avons dit un mot de celle de Daugny, nous pouvons rappeler aussi celle du docteur Cloquet qui était dans cette même rue de la Grange-Batelière, et celle surtout de M. Brugçs-Duménil, dont le catalogue est lui-même un monument, et à propos de laquelle on peut lire un curieux article dans le Siècle , du 25 août 1836.

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