LA VESTALE
De Jouy avait eu le bonheur de voir sa pièce bien accueillie j)ar le comité de l'Académie impériale de musique, alors composé des sieurs Bonet, directeurprésident ; Desfaucherets, Legouvé, Desprez, hommes de lettres; Monsigny, Rey, compositeurs; Lainez, premier artiste du chant ; Gardel, maître des ballets ; Boutron, machiniste en chef; de Mareuil, inspecteur général, et Le Craiq, secrétaire général.
Une copie de la décision du comité, en date du 28 messidor an XIII (17 juillet 1805), avait été transmise à M. de Luçay, premier préfet du Palais, ayant la surveillance et la direction suprême du Théâtre des Arts. Peu de jours après, ce fonctionnaire recevait une
jouée, même mie fois, en mars 1804, et que la première représentation date seulement de mars 1805. On peut trouver l'explication de l'erreur dans ce fait que la musique composée d'abord par Fa y, avait été, comme nous l'apprend GeofiEroj-, jugée inexécutable par les comédiens et remplacée par celle de Spontini.
lettre, datée de Plombières, et signée du secrétaire des commandements de l'impératrice, qui lui parlait avec éloge de la partition de Spontini. Cette lettre ne produisit pas encore un effet bien appréciable.
A quelque temps de là, M. de Rémusat revenait à la charge et adressait à M. de Luçay la lettre suivante :
Sa Majesté l'Impératrice me charge, mon cher ami, de vous recommander M. Spontini, qu'elle vient de s'attacher en qualité de compositeur de musique. Ce compositeur a un opéra pour l'Académie impériale. Il désirerait bien que vous voulussiez le protéger; vous connaissez son talent distingué, et comme je sais votre zèle pour l'établissement que vous administrez, je ne doute pas que vous ne vous fassiez un plaisir de concourir à donner au public le plaisir d'entendre une composition intéressante.
Adieu , mon cher ami , je vous souhaite santé et plaisir. Pour moi, je pars pour Vienne, où je serai, comme partout,
Votre collègue et ami ,