‹ Paris dilettante au commencement du siècle. Ouvrage orné de 36 gravures sur bois et fac-similé de dessins originaux conservé aux archives de l'OpéraChapitre 13 sur 18 · EN FRANCE · texte numérisé non relu

EN FRANCE

Spontini arriva à Paris eu 1803. Il y donna d'abord des leçons de chant, qu'il obtint par la protectioB des Barillon, des Michel, .des Récamier et autres notabilités financières du temps , pour lesquelles des banquiers et négociants de Marseille lui avaient donné des lettres de recommandation. Fétis le connut alors, chez un modeste facteur de pianos de la rue Sainte- Avoye : le jeune Qaspare y venait quelquefois implorer de nouvelles leçons, déjà fier en son obscurité et plein de confiance en l'avenir.

Le grand point étant de se faire connaître, il s'efforça d'abord de faire représenter au Théâtre-Italien un de ses opéras écrits en Italie. Il choisit la Finta Filosofa {la Philosophe par feinté) qui av»t été jouée à Naples en 17&9. La première représentation eut lieu à l'Opéra-Italien, le samedi 11 février 1804, en présence du Premier Consul et de Joséphine. Les journaux, en l'annonçant, avaient soin de dire que la partition était <l de M. Spontini, du Conserva-

toire de Naples et élève de Cimarosa » ; elle était chantée par Martînelli, AHprandi, Crucciati, Oliveti, et M™^ Nava-Aliprandi, Fedi et Cantoni.

Cet opéra fat bien accaeilli et obtint un succès dWant plus flatteur que le public se tenait sur ses gardes, prétendant exercer rigoureusement ses fonctioDs de juge. La jeunesse de Tauteur inspirait de la défiance et sa réputation, si grande en Italie, était presque nulle à Paris. On savait de plus qu'il briguait l'honneur d'écrire pour les théâtres nationaux : que de motifs pour se décider à être sévère et à ne pas s'abandonner aux premières impressions! Malgré cette disposition générale des esprits, l'auteur remporta un triomphe des plus éclatants. Le public voulait n'approuver qu'avec choix : il applaudit tout avec transport

Cependant, prévenu comme il était, il ne se laissa gagner que vers la moitié du premier acte, à l'audition d'un joli quintette ; au deuxième, il applaudit vivement le duo des deux bouffons : Di questo figlio amatOj et le septuor final, qui, au dire d'un critique du temps, est le morceau le plus extraordinaire de l'ouvrage, « tant l'auteur y a déployé de finesse et d'intelligence dramatique ». Au troisième acte, on remarqua surtout un duo entre M°^® Nava et Martinelli : peut-être l'anrait-on fait répéter si les acteurs n'avaient paru las ; « et l'on conçoit que les répétitions d'une pareille musique les eût cruellement fatigués, » dit naïvement le critique du Journal de Paris. Bref, à la fin du spectacle, l'heureux compositeur dut

paraître sar la scène au miliea des plus vifs applaudissements.

Cette ovation tonte italienne, obtenue avec un opéra italien, ne prouvait rien pour l'avenir du débutant Il le comprit et voulut se signaler &. Tattention du public par un succès plus sérieux remporté sur un théâtre français et avec une pièce française. Il cnit en avoir trouvé Toccasion dans la Petite maison, opéra-comique en trois actes, de Dieulafoy et 6ersaint, dont Elleviou lui avait procuré le livret. Deux mois lui suffirent pour écrire ce long ouvrage, qui, annoncé longtemps à l'avance, parut enfin, à TO péra-Comique, le samedi 12 mai 1804. Malbeurensement, le sujet de la pièce n'eut pas le don de plaire et choqua le public au point que la représentation ne put pas finir (1).

La stricte justice aurait voulu qu'en pareille circonstance on fît la part des librettistes et celle du musicien ; mais, sans plus examiner, la critique n'épargna que les acteurs, à savoir : Elleviou, qui jooait le grand seigneur caché sous le nom de Lambert; Martin, son valet ; Juliet, M. Duplan ; Gravaudan, on marquis ; M°^' Gavaudau, la naïve Lucile ; M™" Gon-

(1) Fétia dément formellement certaine note manuscrite (peat-étze de Spontini) qni attribuait cette opposition à une cabale du Conserratoire. (t J'étais à la représentation, écrit-il, et quoique je fusse sorti da Conservatoire depuis un an, après ayoir terminé mes études de composition, je connaissais tous les professeurs et la plupart des élèves, et je ne les aperçus pas dans cette soirée. L'opposition du ConserTatoire de Paris contre Spontini ne fut que trop réelle, mais elle se constitua un peu plus tard. T>

thier, Marguerite; puis Lesage, Batiste, Paul, Valière, M"" Scio-Messie et Hubert-Lesage, chargés de rôles secondaires.

Geofiroy^ ne connaissant en musique que Tancien opéra français, partant fort hostile aux musiciens italiens, se complaît à raconter cette soirée orageusç dans les moindres détails.

La pièce était parvenue, sans encombre notable, jusque

vers le milieu du second acte : on écoutait par égard pour les chanteurs, par politesse pour le musicien étranger, lorsque la patience lassée n'a pu résister à Tapparition d'un bedeau de paroisse : délicatesse inconcevable, puisqu'on souffre bien sur la scène des évêqùes, des curés, des moines et des religieuses ; mais ce qui a surtout fait éclater Forage, c'est le propos assez plat d'un valet qui dit, en parlant d'un bourgeois qu'on veut faire passer pour un seigneur déguisé :

Ce monsieur n'est seigneur ni prince ; Cest tout au plus s'il est chrétien.

Cette sottise méritait plus de mépris et de pitié que de colère ; et l'affaire se serait peut-être raccommodée, sans une autre balourdise du valet malencontreux, qui prend le contrat de vente d'une maison pour un écrin de pierreries.

Les sifflets trop longtemps contenus se sont alors débordés, et leur violence n'a pu même être réprimée par la présence auguste des deux princes de l'Opéra-Comîque, EUeviou et Martin, alors en scène. Ces deux chanteurs, peu accoutumés à une pareille musique, sont restés interdits et muets ; leur gosier glacé a ref uèé passage aux roulades :

' Vox/aucibus hœsit,

Ellevîou, plus ardent et plus vif, s'est avancé sur le bord du théâtre, et, d'un ton où le dépit étouffé perçait à travers le res-

pect, a demandé si Ton voulait permettre que Ton continnât la pièce. Le public, par ses applaudissements, et même par un consentement formel, a fait assez connaître qn^il désirait en voir la fin ; mais les sifflets succédant bientôt à ces marques d'approbation, et le tumulte ne cessant point, les acteurs en ont ooncln qu'on ne voulait plus les entendre : ils ont pris brusquement leur parti, comme gens qui se croient personnellement offensés.

Les musiciens ont donné le premier signal de la retraite ; en un clin d'œil l'orchestre a été évacué. Cette fuite indiscrète et prématurée était Tannonce d'une rupture ouverte : les acteun ont suivi les musiciens ; on abaissé la toile ; et pour que le public ne pût douter de l'intention qu'on avait de le chasser promptement, on descendait le lustre, on baissait la rampe, on commençait à enlever les pupitres, et pendant tout ce déménagement U salle retentissait du plus effroyable vacarme : les uns demandaient la pièce, les autres seulement la musique ; ceux-ci applaudissaient Ëlleviou, ceux-là Blasius, chef -d'orchestre : on criait, on sifflait, on Yiait, et personne ne s'en allait, chacun voulait voir le dénouement de cette farce.

Enfin les comédiens, très embarrassés de leurs hôtes, ont jugé qu'ils ne pouvaient pas en conscience les laisser passer la nuit au théâtre; on a levé la toile. Le semainier perpétuel a paru avec le commissaire pour annoncer une indisposition soudaine de M°^*^ Scio : cette nouvelle a été reçue avec des huées ; le commissaire, ne pouvant se faire entendre, s'est longtemps promené sur la scène, auditeur et spectatem* des cris et du désordre qui allait toujours croissant. Ëlleviou et Martin sont venus au secours du commissaire, amenant pour renfort le musicien, dont la vue leur a paru propre à rétablir l'harmonie dans un concert si discordant.

Ëlleviou a essayé quelques excuses qu'on a mal accueillies : alors toutes les négociations ont été rompues, et l'on a baissé définitivement la toile. Il était plus d'onze heures ; le parterre, forcé de se retirer, a voulu laisser en partant des marques éclatantes de son courroux ; les bancs, les pupitres, les instruments de musique cnt payé pour les acteurs et les musiciens ; on a fait un grand

carnage de ces victimes innocentes, et le champ de bataille est resté couvert de débris, monuments de la vengeance publique.

Cependant la Petite maison fut encore jonée le lundi suivant et le mercredi ; elle fut même annoncée pour le vendredi, mais on changea d'avis et cette pièce disparut à jamais de l'affiche. C'était un grave échec pour le compositeur. Il faut dire aussi que l'époque à laquelle Spontini arrivait à Paris était des moins favorables pour son début, car il 7 avait alors parmi les musiciens français, surtout parmi les professeurs et les élèves du Conservatoire, une alliance défensive contre les compositeurs italiens et contre la musique de leur école. Diverses circonstances plus ou moins graves avaient amené cet état de choses et cette li« gue des nationaux contre les étrangers.

C'étaient d'abord les compositeurs italiens de naissance ou d'éducation. Délia Maria et Nicolo en tète, qui, n'ayant eu que de médiocres succès au delà des monts, étaient venus chercher fortune à Paris et avaient envahi l'Opéra-Comique, improvisant des partitions avec la facilité traditionnelle des compositeurs de leur école et remplissant ainsi une grande partie du répertoire. D'autre part, depuis 1801, une troupe d'opéra italien était à demeure à Paris et faisait ainsi concurrence à l'Opéra-Comique et même à l'Opéra : ce théâtre avait ses habitués qui' exaltaient la musique italienne et dépréciaient les œuvres des compositeurs français. Ce fut précisément à cette époque qu'arriva Spontini, et les deux partis lui firent également mauvais

accaeil. Les compositears français le traitèrent comme un de ces artistes ultramontains dont la présence & Paris leur barrait Taccës des théâtres, et ses compatriotes lie virent en lui qu'un nouveau rival.

Peu de jours après cet échec, Spontini trouva une large compensation dans le poème de la Vestale que Jouy lui confia. L'auteur avait successivement offert cette tragédie à Méhul et à Cherubini, mais ni l'an ni l'autre n'en avaient compris le mérite, et celui-ci venait de la lui rendre après avoir longtemps hésité à la mettre en musique. Ce poème dédaigné par ces deux maîtres de la scène française était un trésor sans prix aux yeux du jeune musicien, car il allait lui foornir enfin l'occasion de faire édater son génie aux yeux de tous.

De son côté^ Dieulafoi devait bien offrir à son collaborateur réparation de la déroute où il l'avait entraîné avec la Petite maison et il lui remit un ouvrage qu'il venait d'écrire précisément avec Jouy : c'était un drame en un acte, Milton. Spontini se hâta de le mettre en musique, et le mardi 27 novembre 1804 la représentation en fut donnée au Théâtre-Feydeau (1).

Cette fois, le musicien fut plus heureux et rompit enfin la série de mésaventures qu'il avait éprouvées au théâtre depuis son* arrivée à Paris. Avec l'esprit clairvoyant des artistes véritablement doués, il avait

(1) Voici la distribution caractérisée des différents rôles : Hilton, vieillard, poète, ayeugle, Solié ; Emma, sa fiUe^ M>=°« (ïavaadan ; Loid Dayenant, sous le nom d'Arthur,- G^yaudan ; Gh>dwin, quaker, jaged« paix, Ghenard ; Miss Charlotte, sa nièce, fille surannée, K^« Crétu.

tiré profit des attaqaes de ses ennemis ; son style avait pris pins d'ampleur; sa manière avait acquis plus de variété, plus de couleur : toutes qualités précieuses pour bien rendre en musique un ouvrage dont la donnée dramatique aurait mieux convenu au cadre de l'Opéra qu'à la scène de l'Opéra-Comique. En s'essayant avec ce poème, il semblait préluder aux grands succès qui Fattendaient sur notre première scène lyrique.

L'ouverture est traitée d'une main légère et parais^ sait du moins agréable à entendre, si elle ne s'accordait pas trop avec les sentiments tendres ou les épisodes touchants du drame qu'elle annonçait. La romance d'Emma : J aurai le sort de la fleur des déserts^ est d'une simplicité aimable et accompagnée d'nne façon charmante. L'hymne au soleil chanté pair Milton est une mélodie d'une inspiration assez large, d'un style trop fleuri & la voix comme à l'orchestre avec ces arpèges incessants des violons et surtout dans la partie de cor solo qui concerte avec le chanteur ; cependant le début de ce morceau, d'une simplicité noble, fait pressentir quelque peu la transformation qui allait s'opérer bientôt dans le talent du musicien. L'air écossais : (Quittez les riantes campagnes, est arrangé successivement à deux et trois voix avec beaucoup de goût. Le duo d'Arthur et d'Emma : Qtiéls traits!' quelle grâce touchante! qui devient un quatuor, par l'arrivée ■de Charlotte et de Godwin , renferme encore de gracieux passages ainsi que le quintette final où se trouve intercalée une improvisation du poète, un hymne à i'Hymen, qui a bien inspiré le compositeur.

Ce louable ouvrage obtint un succès mérité. Le public surtout lui fit bon accueil ; la critique, au contraire, resta sur ses gardes et tint injustement rigueur au musicien pour ses échecs précédents. Voici, en premier lieu, le jugement du Journal de Paris : < L'opéra de MiUon vient de réussir. Le grand poète qui en est le héros, est représenté, comme nous Tavions annoncé, aveugle et fiiyant la vengeance de Charles II. Accueilli et caché par un quaker, il est découvert par un jeune seigneur, qui, sous le nom supposé d'Arthur, sMntroduit dans la maison, et se fait aimer par Emma (c'est la fille du poète). Milton, qui croit à cet Arthur beaucoup plus d'ftge qu'il n'en a, loi accorde toute confiance. Le quaker, au contraire, s'en méfie. On découvre à la fin que ce jeune homme est le fils d'un duc que Milton avait soustrait à la mort sons le protectorat de Cromwell, et la grftce que ce fils reconnaissant apporte à Milton (au grand étonnement de tout le monde, excepté du public), forme à la fois le coup de .théâtre et le dénoûment de la pièce. Peu d'action, des situations fausses : Milton est représenté comme un vieillard aimable et spirituel; mais rien de ce qu'il dit ne décèle son génie impétueux et bizarre. Musique composée avec beaucoup de goût ; pins de beautés dans l'orchestre que dans la partie vocale. Peu d'idées dramatiques ; beaucoup trop de morceaux, et des morceaux beaucoup trop longs. »

L'Aristarque du Journal des Débats se relâche on peu de sa sévérité envers le musicien italien, et, tout en gardant encore une sage réserve, il s'efforce d'établir

une jaste balance entre les enconragements et les cri->

tiques. <i La musique est de M. Spontini, élève

de M. Cimarosa. Beaucoup de richesses, peu ^e choix, d'ordre et d'économie. Ce compositeur fécond et prodigue a de la peine & s'arrêter, et ne sait pas encore finir. Son ouverture est brillante et très longue ; plusieurs de ses morceaux sont charmants et très longs : c'est un beau défaut que l'excessive abondance, mais c'est un grand défaut. M. Spontini charge un peu trop son orchestre ; il n'a pas toujours l'intention dramatique assez nette et assez précise ; il a besoin d'étudier encore notre goût, notre scène et notre Grétry, mais il a tout ce qu'il faut pour profiter de ces connaissances : son talent ne demande qu'une meilleure direction : il a fait assez dans cet ouvrage pour prouver qu'il est capable de faire très bien, d

Tout heureux de ce premier succès, l'auteur dédia sa partition à l'Impératrice des Français en reconnaissance des paroles encourageantes qu'elle avait bien voulu lui adresser à son début en France et qui, disait-il, < avaient été le plus puissant aiguillon pour son &.ible talent j>. Le succès, du reste, s'afiermit bientôt. Quoi qu'en aient dit les critiques, cet ouvrage, repris, plusieurs fois, fut lontemps entendu avec plaisir, et la traduction allemande que l'auteur en fit faire plus tard fut reçue avec faveur dans plusieurs villes, notamment à Vienne, à Dresde et à Weimar.

Cette réussite honorable fut suivie d'un échec. Il s'agit de Julie ou le Pot de fleurs, représenté à T Opéra- Comique le mardi 12 mars 1805, et dont Tinsuccès

doit être attribué moins encore à la musique incolore de Spontini qu'au misérable livret de Jars. L'interprétation était pourtant excellente et bien faite pour charmer les habitués du théâtre. Chenard jouait Mondor, M"® Desbordes représentait &a nièce Julie ; Solié, son ami Yerséuil, et Allaire^ son valet Champagne; enfin EUeviou prêtait sa tournure élégante et sa jolie voix au jeune et séduisant officier Valcour.

La presse et le public firent à cette pièce un accueil des plus froids. Le rédacteur du Journal de Paris en parle sur un ton dégagé qui montre quelle misère c'était à ses yeux. <x Bien que la chute d'un pot de fleurs soit en quelque sorte le sujet de la pièce, le Pot dejkurs n'est pa^ tombé, ^i ceux à qui nous empruntons ce joli calembour, auraient pu ajouter : bien que le Pot de fleurs soit fort peu de chose, ce n^était pas une pièce à jeter par les fenêtres.... Il y a des morceaux gracieux dans la musique. L'ouverture est d'tm genre neuf. La romance moitié guerrière, moitié galante, que chante Valcour, a un caractèi*e très piquiint. On a fait répéter lé dernier couplet. M""* Desbordes, chargée dû rôle de Julie, s'en est tirée à merveille. Cette jeune actrice a un vrai talent. EUeviou joue très bien le rôle de Valcour et chante parfaitement sa romance. En général, la pièce est bien montée. ]f>

Aux DéhaJts, Geoffroy est plus solennel sans être plus bienveillant ; « L'ouverture est jolie et très courte, les couplets que chante EUeviou et le petit duo qui leur succède, un autre duo entre l'oncle et la nièce, la romance etle quatuor de la fin, ne sont pas sans mérite j

mais Pair ob. tj/L^ Desbordes dit qn^elle a du caractère, les réflexions musicales de Chenard et Solié, sont au-dessous du médiocre : en tout, peu de musique. Elle avait d'abord été composée par M. Fay, ancien acteur de ce théâtre ; la société comique n'a point voulu de M. Fay pour son musicien; peut-être eût-elle bien fait de s'y tenir, quoique M. Fay ne soit ni de Naples, ni de Malte ; elle s'est obstinée à exiger que la musique de M. Fay fût refaite par M. Spontini. C'est ainsi que les sociétaires de l'Opéra-Comique ont trouvé le secret de mécontenter M. Fay, sans aucun avantage ni pour M. Spontini, ni pour le théâtre. ]>

Il faut convenir que ces jugements sont assez justes. Bien que la partition de Julie ait été gravée, honneur qu'on n'obtenait pas alors aussi facilement qu'aujourd'hui, c'est un ouvrage des plus insignifiants ; un seul morceau en a été conservé par les théâtres de vaudeville, l'air : J7, a donc fallu pour la gloire. Étant postérieur d'un an ii Milton, cet opéra n'offre même pas l'intérêt que lui attribue Fétis de faire connaître le point de départ de Spontini, et, les partitions qu'il écrivit en Italie &isant défaut, d'accuser la prodigieuse transformation qui s'opéra tout à coup dans ses facultés (1).

(1) FétÎB dit, en effet, que cette pièce avait été jouée d'abord un an pins tôt, à la fin de man 1804, et que l'insuccès avait décidé Spontini à retixûr sa partition pour y faire des changements. Jviie serait ainsi le premier opéra français de Spontini, au lieu de la Petite maiton, et cette représentation, en mars 1805, ne serait qu'une reprise. C'est là une er* mur : il suffit, en effet, de suivre les spectacles de chaque jour donnés par les journaux du temps pour s'assurer que Julie n'avait pas été

268 LES COHMENCEMENTS DE SPOKTINI,

Les insuccès répétés de la Petite maison et de Julie ne découragèrent cependant pas l'auteur de Milton. Plein de confiance en ses forces^ il se remit an travail et chercha Poubli de ses déboires passés en s'absorbant dans la composition de la Vestale, que Jouy lui avait bravement remise au lendemain de son premier échec.

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