‹ Paris drame en cinq actes, prologue et epilogueChapitre 147 sur 175 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LES MÊMES, VOLTAIRE, pâle, chancelant, les yeux étincelants de joie.

On se jette à ses pieds, ou baise scs vêlements, on lui présente des couronnes et

des fleurs qu'il écarte.

VOLTAIRE

Mes amis! c’est trop! c’est trop! vous allez me faire mourir de joie !

BAliET, lui présentant un bouquel.

Monsieur Voltaire ! Babet la bouquetière, et son bouquet. Les lauriers y sont pour votre gloire, les myrtes pour notre amitié, et les pensées mélangées d immortelles pour dire qu’elles sont à vous. Mon compliment parle mal, mais il sent bon. Arrangez-le avec votre esprit, vu que mon coeur ne sait pas l’orthographe.

VOLTAIRE, souriant et prenant les fleurs.

Vos fleurs sont plus éloquentes que Démosthène ! Merci, mon enfant !

PARISIENS; se pressant autour de Voltaire.

Laissez ! — A mon tour de le soutenir ! — Appuyez-vous là. Monsieur Voltaire ! — Oh! votre main, un petit instant?

VOLTAIRE; les remerciant; les reconnaissant.

Mes amis! — Sirven! — Ah! maCornélie! — Monsieur Jean Calas! Ah! je prononce votre nom avec joie maintenant; mais, à cause de vous, pendant trois ans, il ne m’est pas échappé un sourire que je ne me le sois reproché comme un crime, (eu marchant, il arrive devant Turgot. )

TUROOT.

Ce sont toutes vos belles actions, Voltaire, qui vous entourent t qui vous couronnent.

VOLTAIRE

Monsieur Turgot ! Ah 1 laissez-moi serrer cette main qui a signé le salut du peuple. — Eh ! que vois-je encore? Benjamin Franklin !

FRANKLIN ; lui présentant un enfant do douze an*.

Benjamin Franklin qui demande, pour son petit-fils, la bénédiction de Voltaire.

VOLTAIRE

Une bénédiction qui convienne au petit-fils de Franklin?

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