SCÈNE PREMIÈRE
MÉLUSINE, debout auprès du porche; ALIÉNOR, coucbc sur lus
mai clies.
MÉLUSINE
L’aube blanchit les toits. 11 faudra bien qu'Abailard sorte avant le jour de chez cette femme! — Allons! dépêchons, amour! la haine attend.
ALIÉNOR; à lui-même.
La haine, toujours !
MÉLUSINE
Patience, Aliénor! nous voici au terme.
ALIÉNOR
Oh! vous m’avez dit de veiller avec vous, j’ai veillé. Je ne m’occupe que de cela : vous obéir. Vous savez bien que je n’ai qu’une raison d’agir, une raison de penser, une raison d’être : votre volonté.
MÉLUSINE
Oui, et nos gens du Poitou t’appellent « l’àme damnée de Mélusine. » Le vulgaire croit que je suis possédée du démon et que tu es possédé dé moi. Est-ce que tu le crois, toi aussi?
ALIÉNOR, Iranqnillcmcul,
Je le crois.
MÉLUSINE
Et ma créature ne s’est pas seulement demandé à quelle œuvre mystérieuse je la réserve !
ALIÉNOR
A quoi bon? Cela vous regarde,
PARIS
MÉL0S1NE
Ah! du bruit, enfin!... Ecoute!