‹ Paris drame en cinq actes, prologue et epilogueChapitre 55 sur 175 · ABAILARD, MÉLUSINE · texte numérisé non relu

ABAILARD, MÉLUSINE

MÉL USINE, *e dressant, les bras croises, devant Abailard.

Abailard ï

ABAILARD, avec ('pouvante.

Mélusinc !

MÉLUSINE

Abailard ! je t’ai quelquefois dit : Je t’aime ! Pourquoi ne m’as-tu jamais dit : Je suis heureux?

ABAILARD

Mélusine de Lusignan !

MÉLUSINE

Du moins, tu me reconnais. Après dix-liuit ans! Merci !

ABAILARD

Oh! pourquoi avez-vous quitté votre manoir de Bréchéliant? que venez-vous faire à Paris, madame?

MÉLUSINE

Le roi Louis VI et la reine Eléonore partent dans un mois pour la croisade prèchée par le moine Bernard. Le comte de Poitiers les accompagne, et j’accompagne mon mari.

ABAILARD

C’est le tombeau du Sauveur qui vous attire, vous?

MÉLUSINE

Oui, et un peu, à vrai dire, le renom du nécroman arabe Edrisi, dernier dépositaire des secrets magiques de l’école de Cordoue.

ABAILARD, respirant.

A la bonne heure!... Enfin, je suis tout à fait étranger à votre venue à Paris?

MÉLULINE.

Ingrat ! n’es-tu pas célèbre, toi, aussi ? Et quelle a été ma première question : — Pourquoi, Abailard, mon amour ne te rendait-il pas heureux , alors que tu n'avais que vingt ans, et que j’étais aussi ton élève?

ABAILARD

Allons! vous avez surpris mon secret. N’importe! j’en finirai en deux mots. Je puis être sincère avec vous , je me sens fort contre vous.

mélusine.

En vérité?

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