‹ Paris drame en cinq actes, prologue et epilogueChapitre 61 sur 175 · PÉCHIN KT · texte numérisé non relu

PÉCHIN KT

Non! pas la mort! mais une autre forte amende de...

GAVOFFE.

Je vais faire l’âne! je vais faire Cane, (n «si » l'envers

sur I fine'. )

ENGOULEVENT

Je représente l’amplissime Champeaux.

PÉCH1NET.

Et moi le savantissime Fulbert, (Mélntinc et Fulbert paraissent an balcon. )

Messire Fulbert! vous entendez! vous voyez!

FU LB E H T , furicnx.

Oh! vous allez voir et entendre à votre tour, madame, (ils se

retirent.}

PÊCH1NET.

Attention, jeune élève! D’abord, êtes-vous nihiliste ou cornifleien?

GAVOFFE.

Comi... quoi?

MAROTTE

Comificien! c’est-à-dire faiseur d'arguments cornus. Es-tu, oui ou non, cornu ?

GAVOFFE.

Je suis bien mal à mon aise sur cet âne, mes bons jeunes gens du bon Dieu !

ENGOULEVENT

Cinq sols pour n’avoir pas su dire s’il était cornu !

GJSQU ETTE.

Dix sols! (ApplaudisiemenU.)

ENGOULEVENT

Passons à la logique. La grande question de Cane de Buridan ! Si on place un âne entre deux boisseaux d’avoine exactement pareils, que fera-t-il? à laquelle des deux pitances donnera-t-il , logiquement , le premier coup de langue ?

GAYOFFE.

Quelle est l’opinion de messire Fulbert ?

ENGOULEVENT

Le grand Fulbert affirme qu’entre deux mobiles égaux, l’ànc, immobile, mourra de faim.

GAYOFFE.

Je l'affirme également.

ENGOULEVENT

Faisons l’expérience in animâ vili , sur Jacque. Confiezmoi votre bourse, Gayofle. (Mouvement <r alarme de Gayoïio.) Oh ! reposez-vous sur la logique ! Jacque, voici à ta droite six écus.

PÉCHINET.

Et six écus à ta gauche. 11 ne peut pas y toucher, Gayofle ! soyez tranquille ! Qu’est-ce que tu vas faire, Jacque?

J ACQU ES, après une longue hésitation do convoitise.

Ho! ho! (il étend on même temps les deux mains, et enfourne en même temps dans ses deux poches les deux piles. Rires et vivats.)

GAYOFFE.

11 touche!... il touche!

MAROTTE

L’inepte réponse de Gayofle mérite le premier degré de maîtrise. Je proclame le sire âne bachelier.

i.es Écoi.iEns, chantant.

Ilic stupidus asinus Di fl nus est hachelierus.

Hé! beau sire âne, chantez!

Vous aurez du foin assez,

Et do l’avoine à plein nez!

Hi-lian ! hi-han ! hi-han !

PÉCHINET.

Seconde question : — Gayofle, quand le porcher — conduit le porc au marché, — qui bat le porc? le fouet ou le porcher?

GAYOFFE.

Quel est le sentiment de messire Fulbert ?

PÉCHINET, as'énant à GayolTe un coup de fouet.

11 garantit que c’est le fouet qui bat.

GAYOFFE, arrachant le fond 4 Pcchincl.

Ah ! oui, c'est le fouet ! Gredin de fouet !

PÉCHINET.

Très-bien ! Gayofle, faites l’épreuve sur Jacque. (Gavc.n. allonge

un coup do fouet à Jacque. Jacque saute à la gorge de Gajoffe.)

GAYOFFE.

A l'aidé ! il m’étrangle, la brute !

JACQUE

Ah ! bourrique! tu me battras, toi !

GAYOFFE.

Ce n’est pas moi, c’est le fouet 1

Non, c'est toi !

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