ACTE II
Héloïse, il portait le chaînon pareil au union ! 11 a demande à voir Abailard : on l’apporte expirant.
(Entrent deux écoliers soutenant Aliéner blessé.)
M ELU S I N K, courant à Aliénor.
Aliénor!
ALI K NO R, d une voix defaillante,
Abailard ! ( il tire de son sein le collier, le tond à Abailard et retombe. ) MÉLUSINE, frappée d’un soupçon.
Oh! Abailard! Pourquoi vous tend-il ce collier? Pourquoi avez-vous reculé tout à l’heure devant lui?
CONTRAN, la main sur le coeur d’Aliénor.
Mort!
Mon Aliénor!
ABAILARD, étouffant un sanglot.
Abailard?..
HÉLOÏSE, avec inlcrropation.
AB AIL AH D, à voix basse, la t£le sur l’épiule d* Héloïse.
Oui, Héloïse. — Mon fils!
MÉLUSINE, qui s’était penchée sur Aliénor, se soulevant à demi.
Il le pleure ! — Ah ! par exemple i si je pouvais penser que c’est bïnotre fils, c’est pour le coup que j’aurais droit survousdeux!...
ABAILARD, fièrement.
Mélusine !
MÉLUSINE, se dressant tout à fait, terrible.
C’est pour le coup que la mère se vengerait sur la femme par qui est mort son enfant! ( eiio fa it un pas vers Héloïse. )
ABAILARD, effrayé, se jetant au-devant d’Héloïse.
Mon Ileloïse ! (se maîtrisant par un effort suprême, puis immobile.) VOUS
savez bien, Mélusine, que notre fils est mort enfant. Quant à ce jeune homme... inconnu, (a pan) oh! pardon, mon Alicnor! ( Haut. ) C’est par vous, en vérité, qu’il a été tué, Mélusine! C’est donc à vous et à Gontran, — de lui rendre les derniers devoirs, — avec les dernières prières, — les derniers adieux, — les derniers
baisers ! (Contran et le» deux écoliers emportent le corps d' Aliénor. )
MÉI.USISE, qui n a cessé do tenir ses yeux rivés aux yeux d’Abailard.
Je me trompais ! (Elle sort.)