ACTE III
OLIVIER
Eh bien ?
CATHERINE
Eh bien! j'ignore quel hasard ou quelle perfidie a livré, ce matin même, à Jeanne d’Albret mon secret, un secret terrible d’où dépend notre salut à tous. Par bonheur, on a aussi ses moyens ! Et, à nous deux, comte, nous étoufferons ici même ce secret incendiaire.
OLIVIER
Pardon! madame, il ne sera pas anéanti avec Jean Goujon, si la reine de Navarre...
CATHERINE
Ah! je garde pour moi l’autre duel, de reine à reine, de femme à femme. Jeanne est brave, mais je suis adroite. El puis, elle est déjà un peu souffrante, la pauvre Béarnaise, depuis un mois que nous l’avons fait venir à Paris pour les noces de son fils... Bref, quand je vous dis que le secret mourra ici tout entier !
RENÉ
Madame! Jean Goujon rentre avec ses visiteurs.
CATHERINE
Comte, dans une demi-heure, revenez ici par cette porte ouverte. Moi je veille à cette issue cachée. Allez, mon soldat, (a R ené.) Suis-moi, mon chimiste.
(Olivier sort par la porte du fond ; Catherine et René sortent par le panneau secret, qui se referme sur eux.)