‹ Paris drame en cinq actes, prologue et epilogueChapitre 93 sur 175 · JEAN GOUJON, HENRI · texte numérisé non relu

JEAN GOUJON, HENRI

HENRI

Ami, ma mère me rejoindra ici dès qu’il fera nuit : voilà ma première nouvelle.

JEAN GOUJON

Ma souveraine adorée chez moi ! qu’est-ce qui me vaut un tel honneur, un tel bonheur?

Pour cela, je l’ignore. La reine se défie,— elle a bien raison ! — de mon humeur légère et de ma parole éventée, et il paraît qu’il s’agit de choses sérieuses et mystérieuses. Tu es prié d’écarter toute visite.

Ce sera fait.

JEAN GOUJON

HENRI

Quant à mon autre nouvelle, — tu ne le plaindras plus d’être seul au monde! — ma mère, en devisant hier avec le sieur de Bourdeille, a par hasard appris de lui qu’un jeune gentilhomme de la cour tient de ses aïeux un collier d’or et une légende en tout semblables à la légende et au collier que t'a transmis ta mère.

JEAN GOUJON

Est-ce possible? Et le nom de ce gentilhomme?

HENRI

Le comte Olivier d’Herminge.

JEAN GOUJON

Un d’Herminge! Mais il est d’une branche des Armagnac; et, parmi les papiers trouvés dans mon berceau, le testament de mon père me signale une longue et cruelle inimitié entre cette famille et la mienne.

HENRI

Preuve, par le contraire, d’anciens liens rompus que vous renouerez.

JEAN GOUJON

Ali ! monseigneur, que j’ai besoin de vous croire! que j’ai besoin d’une amitié de ma taille et de nmn âge! Mais comment m’assurer que M. d’Herminge possède cette chaîne? comment le préparer a me reconnaître? comment me rapprocher de lui?

Page 1