JEAN GOUJON, HENRI
HENRI
Ami, ma mère me rejoindra ici dès qu’il fera nuit : voilà ma première nouvelle.
JEAN GOUJON
Ma souveraine adorée chez moi ! qu’est-ce qui me vaut un tel honneur, un tel bonheur?
Pour cela, je l’ignore. La reine se défie,— elle a bien raison ! — de mon humeur légère et de ma parole éventée, et il paraît qu’il s’agit de choses sérieuses et mystérieuses. Tu es prié d’écarter toute visite.
Ce sera fait.
JEAN GOUJON
HENRI
Quant à mon autre nouvelle, — tu ne le plaindras plus d’être seul au monde! — ma mère, en devisant hier avec le sieur de Bourdeille, a par hasard appris de lui qu’un jeune gentilhomme de la cour tient de ses aïeux un collier d’or et une légende en tout semblables à la légende et au collier que t'a transmis ta mère.
JEAN GOUJON
Est-ce possible? Et le nom de ce gentilhomme?
HENRI
Le comte Olivier d’Herminge.
JEAN GOUJON
Un d’Herminge! Mais il est d’une branche des Armagnac; et, parmi les papiers trouvés dans mon berceau, le testament de mon père me signale une longue et cruelle inimitié entre cette famille et la mienne.
HENRI
Preuve, par le contraire, d’anciens liens rompus que vous renouerez.
JEAN GOUJON
Ali ! monseigneur, que j’ai besoin de vous croire! que j’ai besoin d’une amitié de ma taille et de nmn âge! Mais comment m’assurer que M. d’Herminge possède cette chaîne? comment le préparer a me reconnaître? comment me rapprocher de lui?