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monuments, des oiseaux, des coiffures de femmes, des scènes de théâtre ou d'histoire-, on met en boutons des épisodes d'opéras-co-
Fig. t)6. — La toilette du clerc de procureur, d'après Carie Vernet.
miques, comme on y mettra les principaux événements de Tannée 1789^ on va jusqu'à enchâsser des spécimens de coléoptères sous les verres bombés des boutons. Quant aux boucles, on en fait de toutes les façons et sous les dénominations les plus diverses, « aux
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petits pages, à la noblesse, aux coquilles, à la tartare, aux arabesques ».
Les chapeaux, assez grands, tendent à la simplicité. Ils sont à trois cornes, ou à Tanglaise, c'est-à-dire à bords plats et ronds. Le petit-maître en costume d'été en porte un à trois cornes, « à TAndrosmane ». Sa coiffure poudrée, assez large comme celle de tous les hommes, est « frisée à cinq longues boucles graduelles de chaque côté et à grecque fendue par derrière en fer à cheval, avec queue longue et effilée ».
La poudre est toujours usitée pour la coiffure des hommes. Avec les boucles et la queue, les coiffeurs sont indispensables. Il en est dans tous les quartiers, depuis ceux qui le dimanche couvrent de poudre d'amidon les artisans du voisinage, jusqu'à ceux qui mettent sur leur porte : Académie de coiffure, et qui ont les grandes dames pour clientes. Un jour de fête. Tune d'elles se lèvera à six heures du matin pour avoir un coiffeur dont toutes les heures sont retenues dans la journée. La poudre commence toutefois à tomber en défaveur, et M™'' Vigée-Lebrun fait un charmant portrait de Gabrielle de Sinety, duchesse de Gramont, qui parut la première à la cour avec une coiffure sans poudre.
Les cheveux des femmes sont disposés d'une manière moins haute et moins extravagante qu'au commencement du règne; les coiffures qui menaçaient le ciel sont à peu près abandonnées; mais si les cheveux sont dressés moins haut, ils sont encore ébouriffés et entourent le visage de boucles nombreuses; par derrière, ils tombent à demi relevés dans un coulant d'acier travaillé. Les chapeaux et les bonnets sont surprenants par leur variété et leurs dimensions; leurs échafaudages de carton, de gaze et de rubans affectent les formes les plus étranges et les plus volumineuses. Quelques-uns ont des noms belliqueux, tels que le casque à la Bel-
LES MODES
lone, avec des nœuds effrayants et une visière de carton-, le bonnet
à la Bayard, orné d'un plumet; le bonnet à la dragonne, en satin vert, à festons d'or, garni dans le haut d'un hérisson de gaze
j58 paris en 1780.
découpée, surmonté d'une aigrette de plumes de coq et de trois grosses plumes noires, 11 y a aussi des bonnets turbans de tous genres, à bandeaux de rubans roses, en taffetas plisse, en satin blanc, de forme dite au pacha; il est des bonnets à TArgus, brodes en queue de paon; à TEuménide, avec aigrette de plumes blanches, jaunes et rouges; à la Genlis, à la Tartare, à l'Espagnole, à la Suisse, à TAnglomanc, à la Samaritaine.
Les femm.es portent encore, en 178c), des chemises de gaze, qu'elles mettent par-dessus une robe de taffetas rose ou d'autre couleur; mais les lévites sont abandonnées pour les caracos et les redingotes. Depuis longtemps les paniers sont tombés en désuétude. Le costume de bal n'est point décolleté. En janvier 1789, la jeune femme qui se rend au bal porte un juste à la sultane garni de bleu de ciel; les extrémités de sa ceinture à franges d'argent tombent sur un jupon de satin blanc, agrémenté de glands et de franges également d'argent. Les gants de peau blancs montent jusqu'au coude. Les costumes de promenade sont plus variés. Voici, au mois de janvier, une femme en robe de satin à raies vertes et violettes, sur laquelle elle met une pelisse de satin blanc garnie de queues de renard; elle abrite ses mains dans un volumineux manchon de loup de Sibérie, orné d'un nœud de rubans aurore. Une autre sort avec une longue redingote à deux collets de drap écarlate, garnie de queues de martre et de boutons dorés unis. Le gilet et le jupon sont de satin blanc, les souliers de satin bleu, et sur le gilet pendent deux chaînes de montre terminées par des breloques d'or.
Les modes anglaises, les modes d'hommes sont adoptées par certaines élégantes. En voici une, en avril, qui porte une redingote de Casimir noir, à boutons d'acier travaillé, sur un jupon de linon batiste. Son chapeau bonnette noir est décoré
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de rubans roses, ses souliers roses de rosettes noires, et elle tient à la main un léger bambou à petite pomme d'or.
Cependant les costumes d'étoffes légères, empreints " d'une grâce féminine, dominent encore. L'habile crayon de Defraisne, qui a dessiné avec beaucoup de désinvolture les figures coloriées
- Chapeaux. - N« i, à la Tartare.- N^ 2, à l'Espagnole -X" 3, Chapeau-Bonnette. — N" 4, à l'Anglomane.
du Magasin des modes, nous montre, au printemps 1789, de Jeunes femmes, en caraco de pékin bleu sur • jupon de linon blanc, en caraco de taffetas bleu bordé de dentelles ou de taffetas clair bordé de mille fleurs, en pierrot de taffetas rose à manches de gaze blanche, en pierrot de linon blanc brodé de mille-fleurs. Les fichus, qui cachent toujours le cou et les épaules, sont de gaze unie ou brodée en soie de couleur; au mois de mai, on met pardessus de légers fichus de dentelle noire. Les gants de peau recouvrent Pavant-bras; les élégantes ne sortent pas sans un long éventail de papier vert uni ; elles le conservent même l'hiver pour se préserver de l'ardeur du feu, « l'usage de présenter aux dames de petits écrans portatifs étant tout à fait aboli ».
Malgré certaines extravagances, surtout dans les coiffures, la mode tend à la simplicité. L'influence philosophique de Rousseau
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non moins que l'influence anglaise ramène vers le naturel. On cherche à réagir contre la poudre non moins que contre le rouge, dont les femmes se teignent la figure d'une manière absurde, depuis plus de cinquante ans, et qui est resté Tapanage des femmes de haut rang et des douairières. Les étoffes légères succèdent aux étoffes riches; les cotonnades fines, la mousseline, le linon et le crêpe remplacent la soie et le satin. On met des jupes de mousseline même pendant Thiver. Les couleurs claires dominent en avril i78(), le blanc surtout. Il en est de même pour les enfants. On ne les habille plus comme leurs parents, avec des costumes d'homme ou de femme taillés à leur taille-, les petits garçons qui jouent aux Tuileries sont en matelot de basin blanc avec chapeau jockey noir; les petites filles, en chapeau bleu, en fourreau de mousseline blanche à ceinture de ruban bleu. Ces étoffes légères sont portées par eux toute Tannée, car depuis que les doctrines de Jean-Jacques Rousseau ont prévalu dans les questions d'éducation, les enfants sont vêtus d'habits d'été dans toutes les saisons.