I»A11IS E
pelleni les ( (loque» de la plus «ffirente barbarie, sont d*b(»TiUctt lepréiaîllet. Les écri\'aiiit loyaliffes^eiix-mèinns (Voyez Pabbé d<* Hon^aillard , Histoire de France, t. lY* p. 175) menfionneiit cù let flétriitaiit les cruaatés de deus prêtres qui étaient an nombre des àteh les pins influents des Vendéens : l'un» Tabbé Ber* tticr, euié'de 8«int-L6 d'Angers, fait «construire un awtel en amoncelant et éqwrrîssant des eadavres de républicains, et sur cet autel célèbre les saints mystères » ; l'antre <« avait toujours dan« un brasier deux crucifix de fer; lorMfue les prisonniera liri étvent amenés , il leur feisait baiser un cracîflx brûlant , et le Irar appliquait ensuite sur la poitrine, n
On pourrait dier beaucoup de Aiits du même geure. 11 ne feui pas les oublier, lorsqu'on yeut être juste enven tous les partis « s'expliquer l'exaspération fiiroucbe, les vengeances impitoyaUes, les exécutions périodiques qui se multiplient. Tollis sont ]en mcBurs que font aux nations les plus civilisées les Inrpnni de la guerre rivile.
A Paris, un peuple ton de défiance et de iiiist-rc accueille toutes les délations , applaudit à tous les supplices. Il demande du pain, et on lui donne des cadavres. L'hyperbole éloquente de Vergniaud n^est plus que Tex pression littérale du fait. Des cadavres, encotv des cadavres! du sang, toujours du sang! Ses colères sont sauvages autant que sei^ souffrances sont aiguës : et raisonne-t-on avec des entrailles affam<V's! S'il a fiiim, c*est ''vidcinuient qu'on r.i^Tame, qu'on le trahit : >I«»rt aux an apareurs! mort aux traitn-s ! I.cs acraparcui's, »■<■ soiil les riclies, «•»• sont l«'â pay!«ans , ce sont le> lH)nr(;«'ois; les traîtres , ce s<mt les «•hefs. On lui livre d'ulwrd les généraux : dans ce mois <lc j.in- \ ier, les télés île Hiron, d«r Cnstine et de Luckner, touilxint sous le couteau de la {juilloline; ce sera ensuite le tour des démagogues : Vincent, Honsiti Mint incarc»'ré>
L'histoire des niassu'res. des injjralitndes. des iniquités, Thisloin; de ces meurtres (|ni aHi'ij;nent indistinctement le <-oupablu el l'innocent, l'enlanl et le vit^illard , l'ami et l'ennemi, et le proscri picnr lui-même; on ne lui a \>as donné son vrai nom; c'est I'histoirk uk la faim. Ce mot éclaire des horreurs qui .sans lui .seraient iiu'ompréhensibles.
Nous ne croyons pas qu'il soit utile de laire jour par jour le récit de ce sombre hiver. Les mois se suivent et se œssem-
LA lU E, LE <:LUn, L\ FA.VIIiNK. 31
blent. Nous allons traverser à la hâte nivôse et pluviôse, pouiarriver à ventôse. Ici nous nons arrêterons ; nons imiterons Ir niédecill <jni après avoir obserxt'' la face du malade, met le doi/jl sar le ponls, en compte, on mesure, en analyse l.»'s pulsations. Nous «lirons l'histoire (\o la [grande citr jour par jour et presqni' hcui-e par lionre. Venlose mérite bien cette étude; il précède la jfrandc i-risc où disparaîtra Danton , et d'où siirj^ira lu loi du 2!2 prairial. Il n'csl pas inutile d'étudier daii.s <jiiçlles circou- >tances , sous l'eutpire de quels faits cl de (jnclles situations se |)n>dui>eui ces fureurs, ces effervesceaces effroyables «juï déithonorent l'histoire <h's nations.
documcut> <jue nous allons reproduire sont un p>eu pri> au h.â>ard : ils sortent, les luis des hauteurs du eommandeuient militaire, les autres des profondeurs de la prison. Aux pro- 4-lamations d'Hanriot , toutes bouffies de jactance et ào mmiliuientaliié , ré(>(>ndent le.4 (;émis.semenls des victimes....
Dn IS niv^Mf Tau II de la République fhiii«;aijte.
KT\r-M.\JOH GK.NKKAI..
Ordre générai.
« Il part aujouid'huy un convoy ponr nos armées. * • Mes camarades, nens raardions de ▼ictoîres en victoires , le territoire de la république s'agrandit , landeau est
débloqué et le palatinat tombera incessaunnent an pouvoir de la re|)ul>lique : Du courage mes amis, les trônes s'écroulent les tvrans rentrent dans la poussière, et le saint Étendart de la liberté planté d'un pôle à l'autre sera à jamai> l'etfroy des Despotes couronnés, et le point de ralliement des ibndateurs de la république française.
" Le service général à T ordinaire. Signé à l'original : Hamuot commandant général'. »
< NoiH n^praduittMM fidèleMent 1 orclMipaphe de loalee ks pièrct qn**
Là, dans un dossier laissé par loiiqiiicrde lettres qiiUI ii*a pas lues, qu*il n*a pas ouvertes ou quMl a reponssées, nous trouvons un petit billet bien touchant. De quel mensonge el de qiu>l crime l'amour n'est-il pas capable dans son exaltation ! Agathe vient d'être acquittée; mais elle a entendu condamner à mort Mon amant. Pour le voir, pour l'embrasser, pour le suivre aussi loin que le lui permettra le glaive de la loi , elle est prête à tout. Elle ne sait peut-être rien; mais elle dira tout ce qu*on voudra. Écoutes-la :
lAettre d'Agathe Jolivet à Fouquier» (Inédite, aux Archives,
«i Citoyen, — au sortir du iiijjoment (jiie vous avez hien vuulu prononcer en ma favenr un de vos membres ma provoque pour que je lui dise des faits qui intéresse les malheureux abitent du territoire Français. Je suis desîde a donner beaucoup de rensei(piemcnt. Maisjemaits une condition qui ait de passer tous les instants qui raiste avec FaveroUes ' .
» Agathe Jolivet.
M A racu.s^alciu' puL>li(|ue. »
1^ proclamation suivante est un trésor d'éloquence démagogique. Nous croirions foire injure A la sagacité de nos lecteur» que de la commenter, mais nous la recommandons à leur attention. Les démagogues sont plus ou moins habiles, plus ou moins ingénieux et dangereux dans leur appel aux mauvaises passions; mats comme ils ont tons 1c même but, c'est nne. bonne fortune d'avoir rencontré un imbécile comme Ilanriot pour divulguer leur programme avec une grossière, entière et naïve Himplicité.
• l'averollr.-*, n»; à Paris, Agé <le ln-nic-siv .iiis, mililc. prètn" .seriufiUt, liriitniaiit d'iiiranteric depuis l;i Iti'vuluiion . ri>tniiiiss,iii<- di-s (jtieirrs, nîflc de c.iiiip de Dumuuricx, directeur dvs roi ro>|K>iidaiir('.< du camp de Parii>. , employé k l'araiée des Pyrénées, enfin condamné a mort en janvier 1794, comme convaincu de correspondance avcr Icb eiiii(-nii!« de la R^niili(|iie. II avait été arrêté en décembre 1793 au Havre, caché A»n* ttii {•iciiicr il Toin avec m maîtresse.
LA ULE, LE CL( H, LA FAMUNE. 33 Du i7 iiivùM (6 janvier 1794), Van II de la République fnuM;ai«e.
lÈTAT-MAJOn GKNKR AL ' .
Ordre yeficrai,
• Il partira aujourd*huy un conToy pour Douay.
» Le service se. fait si bien que j'ai déjà Mipprimé trois postes, sitôt que nous pourrons être tous armés, il sera (Uininuo «Tun tiers : avec une surveillance active, je j>arviendrai à alléger la jxMue de ine>. Irères d'armes; Knteiidons-nous hieii , ronccrtons-Doii-. tous eiiî>fMnl)le , la clio^e publique ira son train et nos ennemis seront forct-s de nous recoonaitre pour ce que nous valons véritaMcment; qu'ils amassent des biens immenses, qu'ils bâtissent des maisons et des palais, qu'ils les (jfardent, peu nous importe, nous autres républicains, nous n*en voulons point, nous ne voulons pour axile qu*une cabanne, et pour richesses que des mœurs, des vertus et l'amour de la patrie.
■ Le service général à l'ordinaire. Signé à l'original : Hanmot, commandant général. »
Nons rencontrons dans nos recherches un nom dont la notoriété a été a{]^ndie de nos jours par la modération , le talent et le désintéressement le pins pur mis au service du patriotisme.
18 nivùiie au 11 janvier).
Ordre générai.
m Le corps municipal par un de ses arrêtés , invite les
citovens qui ont des connaissances relatives à la démolition de la lia>tillc , à l<'> taire passer au citoyen Cavaignac , H. (iranifc-liateliére , Î5, section du Mont-Blanc, affiu d'eu découvrir les dilappidations. »
« * Nom sapprimerona len en^téte et les cnacriptiont des ordres du jour •rH.inrioi , parce qu'ils sont touM Rcmhlàlilea* Lorsqu'un oi-dn* du jour s^«i «Ir la laaiu du commandant générai, nous en prériendrons lo lecteur*