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Now avons trouvé* dans le dossier do Danton (F T. parmi les papiers saisis rhez lui lors do $6n incarctTation , la piôco siiivanlo, «|ui ost anonyme. Nous la publions comme U II document iutklit et intéressant pour Thistoiru du temps.
« 1* La lettre de Phélippcaox' n'admet point de milieu : ou le comité de salut public a éti- jx rpétuellement et invin»
rihienicnt trompé, et en ce cas il doit revenir sur ses pa-. et faire punir les coiipahles ; ou il a voulu en coiniai^sant « de cau>e faire t c qu'il a fait , et il per>i-.tera dan> >a conduite; et alors que veut-il qu un peiiae de ses intentions? Je n'o^c le dire.
» '1* Tout va mal dans les autres armées comme dan<i celle de la Vendée. La raison en est simple : c'est que Bouchotte et ses adjoints sont tout à la fois ignorants et firipoD» , je crois même qu'ils sont contre-révolutiooDaires en btmmet roiuffi; et c'est absolument la même chose à la marine. Mais auraient-ils pu amener les afiaires au point où elle» ifont» s'ils n'avaient pas un parti poissant dans le sein de la ConTention?
■ 3* Sous ses propres yeux, je Tois depuis trois mois la commune de Paris jouer le rôle de législatrice, et quand je
dis la commune, j'entends Pacbe, Chaumette, Hébert, avoir tous les intri(;ants qu'ils ont mis dans leurs intérêts. A la téte de ces intrigant» Itouchotte et DeNtournelIes , ministre des conlriliutions , tous deux créatures de Pache et piaci'^ par lui bien [)lu> «pie par la Convention; et ce Paclic, am iiii %'alet des de Castries, ce Pache, qui n'a rendu ses comple> qu'à Wenie-trois militons prés, dont il n'a pu indiquer la destination; ce Pacbe, toujours derrière le rideau et faisant agir son monde, travaille à la manière d' Anacharsis Glootz
• Aux Arcbivei* A« rKinpire.
^ Dans la séance du 19 nivôse (8 janvier), au cIuL des Jacobine, la di»> ciiision s'enga^a sur cette brodinre, dirigée contre les hébertittee. PliiUp> peaux avait été entendu la veilli à l.i CouTr-iuion. ^
•' Il N I là nnr i iloinnic ; AnacLar^is «'l.nf mi liotnmp rii hc. pl.u'é avdcâiiUs lie la vi-imIùc ; mai» il apparleiiail à Li iai liuu iluitt I juleui de cet ÛRiit est IVnnemi.
et tout en ^'enrichissant des dépouilles de la République, ii la t en versera, s'il le peut, à force d'excès révolutionna ù^es et patriotiques .
» 4* Il faut convenir (jue la Convention n'a (juère de politic|De. Elle a mis dans la main de la commune une aime meurtrière pour la chose publique, et qui ajoute à sa puissanoe one force incalculable : ce sont les certiBcats de chritme; elle les donne à ses satellites et les reftise aux meilleurs citoyens. Qu'arrive-t-il de lit que les places ne «ont remplies pour la plupart que de ses créatures , qui fort souTent n*ont ni talent ni probité. Puis les dénonciations, toujours accueillies quelque firivoles et peu fondées qu'elles soient, achèvent de tout bouleverser. Aussi Tbonnéte Homme qui sait travaiUer ne peut-il pas entrer dans les bureaux des iriinistres, et surtout dans ceux de la (juerre et de la marine. f\ dans ceux de la connnune et du département, sans en sortir le c(rur sent". Des certificats de civisme! Quelle absurdité tyrannique ! Si du moins ceux qui sont chargés de le> délivrer étaient sans passions et savaient ce ({uc c'est que le vrai civisme! Mais vois quels {;ens ol)tiennetit facilement ce> certificats : des Ronsin» des Jourdau, des JUaillard, des Vincent, des banqueroutier}», des teneurs de tripots, des bri- * gands, des coupe^rrets; demande k tous ces personnage.*» j s'ils ont payé une contribution patriotique, s'ils payent exactement les impôts ordinaires , s*ils font des dons à leur section |»our les pauvres, pour les soldats volontaires, etc., s^ils montent ou font monter exactement leur garde, s'ils ont fait une déclaration fidèle pour l'emprunt forcé? Tu verra» que non. Voilà cependant les principaux caractères auxquels on peut reconnaître le civisme, et les seuls dont j'aurais exi^é la preuve pour robtenlion des certibcats, en v ajoutant si l'on veut la condition qu'on n'aurait rien écrit contre la Révolution. Mais certainement il aurait été pln> !>d(;e de n'eu exij^er ni des fonctionnaires publics, ni encore moins des pensionnaires. D ailleurs la commune exerce sur cette partie une concussion manifeste et dont j'ai expliqué le
'comment à Cambon et à un aulre député dont je ne me rd|i> pelle pas le nom. Mais ces» Messieurs s*en f...., et voilà comme notre révolution , qui pouvait être si belle et qui nous coûte si cher. s*cu va ù tous les diables.
» 5" 0'c>t un autre trait d'iiJi|)oliti(jue de la part dc' la Convention d'avoir livre à la eonnnune et à se- e(»niitf'> u vointionnaires la libert(' et la fortune de-> meilleur^ eit(»\<'ii> avec le mot suspect, di^'ue de Calijjula. J'en connais deu\ qui ont été mis en prison sans qu^oo leur ail dit pourquoi ; et au bout de trois semaines et d\m mois ils en sont sortie, sais-tu comment? £n payant, Tun 15,000 livres, Tautre 25,000, à qui? A un proxénète qu'ils ne connaissent pas et qui officieusement leur a hit entendre en gémissant qu'ils n'avaient pas d'autre moyen de recouvrer leur liberté. Grambone, à la Force, pour ne pas rester dans les poux, paye UNB CHAimiE 1,500 uvres par mois, et de plus il a foUu qu'il donnât 2,000 livres de pot^tk-vin en y entrant. Pareille chose est arrivée à bien d'antres, et encore n'oset-on en parler que tout bas !
• O sagesse des dieux, je te crois très-profoode;
• Mais à quels plats tyrans aa-tu livré le monde ! •
Le prince Ciiarlo de I Iesse-IUK'in^c'ld-Uollenl)oiu{j est un |m isonuaf^o aussi sin;;ulier que le ncNcii dr M. de Pavv, le t;un<'n\ baron prussien Anarliarsis Clootz. Pour prouver la purel»'- tie son rrpubliianisine, il s«' livia à la ra/fe de la dénonciation, dénoneanl dans la lettre (|ue nous repHnluisons avic son otilir»- (jraphe ) Witjnkotï romme il avait dénoncé iVIont( ><|iii<iu , Malvoisin, dont il causa la mort , et Custines, contre Icfinel il avait déposé «levant le tribunal ré\ olutionnair-e. Il est bien ditlieile de se prononcer sur le de{fré de sincérité, du plu^ ou moins (rimmoralité d\m pareil liomnie. On doit reconnaitie seulement «pi'il ne tira aucun proHt de ces vilenies. Les Jacobins cux-uièmes le tinrent pour suspect , à cause de <(mi
liln* de prince, et rtMifetiiièrent an I^uxeniboui(j : « Là, (ont le monde fraternise »i , écr il un (1( s dt-ioniis. «Cependant chacun parait s'éloigner <le celui qu'on iiounnail sous l'ancien n^{jiine Son Altesse Sérénissinie le prince Charles de liesse, révolutionnaire |)ar appétit, et renfermé par mesure de sûreté. » llelâché apn s Ieî> thermidor, le prince redoubla d'ardeur d»'ma(yo{pque. Après le 18 brumaire il se vit de nouveau arrôté, fut dej)orté à Oléron, puis envoyé de là en Allemagne, où il vécut d'une faible |>ensiou que lui fit Télecteur, son parent. — Fut-ce un fou, un f espion ou ane Tictime de «es couvictions? Nous ne saurions le dire. Meis^ la destiiiée de Oiarles de Hesse prouve que s'il y a des devoir» de conscience > il y a auisi des devoirs de position qu'il fiiat respecter, qu'il y a des actes que toutes les opinions flétrissent, mêmes celles qu'ils prétendent servir; on ne les lionorc pas comme des sacrifices, on les réprouve et on les condamne comme des infiimies.
Ce 10 iiivû»e, dv la maison d'arrêt du Luxembourg, l'an 11 d« la République française une et indîriâble.
Charles Hesse à Fouc^uier-I iiwillt'.
« Citoyen, j'ai renipli mon devoir; (wustineSf Dieti'irk , Luckner, n'existent plus; mais il reste encore un de leurs complices et aus-,i criminel , c'e->l le traître Witlin(jnff\ cominandaut eu chef la maison du tyran le 10 août {cela dil
" Wittingoff doit être à Tours , et sa famille est à Stras* bourg i je prouverai tous ses crimes et ses complices.
» Adieu, salut et fraternité,
» Ton concitoyen ,
» Charles ilLssb. » .