‹ Paris en 1794 et en 1795Chapitre 13 sur 47 · PLUVIÔSE (31 JANVIER · texte numérisé non relu

PLUVIÔSE (31 JANVIER

» L'opération de cette nuit s*est foite a%'ec beaucoup d'ordre; par cette harmonie, nous pouvons prouver à l'univers

que nous saurons di^tin{];ue^ le crime d'avec la veitu. »

I«A nUE, LE CLUB, LA FAMINE.' 45

Les années ne sont guère mieux partagées que le peuple : fUes n*ont ni souliers ni vêtements, aucun des objets qui constituent le matériel de la civilisation. Aussi le commandant aunonce4-i] , dans sa proclamation du 17, qu'on va leur envoyer un convoi. — Que de précautions il indique pour empêcher qu'on ne fesse sortir de Paris quelques livres de pain , car à Paris le pain se yend encore un tiers meilleur marché qu'ailleurs! Ou allumera des réverbères le long des quais, a6n que la rivière soit surveillée la nuit ; on parcourra les rues avec des lanternts sourdes , et malheur aux passants qui ne pourront produire une carte civique ! Mais voici une véritable catastrophe : un bateau chargé de vins a été signalé, la foule s'est précipitée pour le piller, et le bateau a sombré. On ne dit pas s'il a \yàrï du luniule. Ce détail serait sans intérêt à côté de la mention des barriqu«*ft perdues.

Du 17 pinvityse (5 février), l'an II de U Hépubliqoe Iraiii^aim;. Ordre ijcucrai.

« 11 partira sous deux jours un convoy pour les armées de la république.

» J'invite les citovens de {jarde aux barrières, lorsqu^iU •«aisiront quelques comcstihies, à les porter à radministratioii de?» subsistanecî» , à la mairie, afin que l'on puisse sévir contre les infracteurs aux re{jlemens de la commune.

■ La section de (nnllaimio Tell a arrêtée «pie >e> patrouilles de nuit auroieot deu\ lanternes sourdes, afin de vérilier surleHïhainp les cartes des citoyens. JMnvile les autres sections à imiter cet exemple bon pour découvrir aisément les fripons; plus nous serons sévères dans nos principes et notre surveillance, mieux s'en trouvera la société; le répt|bUcain jaloux de sa probité, fier de sa patrie, est l'esclave de tous les bans réglemens, et l'ennemi de tous les coquins.

• J'ai prié les administrateurs des travaux publics de foire mettre à tous les postes des réverbères pour la nuit, surtout à la Grève et à Passy, pour éclairer la rivière et mieux voir li les comestibles ne sortent pas.

M PAai:> EU 1794.

» Met» amis, il 8*est patsé hier une rixe très-désagréable au port aux vins , quay de la Toumelle; la trop (grande affluence de citoyens a causé la perte d*un bateau de viu. Je woa> aTois dit que l'Konnéte homirie n*avoit pas besoin d^arme:»

pour assurer s.i conduite; inai> la révolte d'hier, occasionnée >aM^ doute par <piel(|iiV*niiemis de Tordre .>ocial , m Ohli/jc^ à prendic des mesures rigoureuses contre les perhirli.ileius. Fn < ()n.sc(|uen(îe la force année est sur pie<l , et j av donné l'ordre d'arrêter tous ceux qui inécounattronl les rejjleniens de la Conirauoiei les bons républicains sont invités à taire la police eux-mêmes. Si nous nous armons quelqu^ois de 6isils, ce n'est pas pour nous en servir contre nos pères, nos frères et amis, mais contre les ennemis du dehors; un Français ne doit pas en assassiner un autre, la loi seule doit prononcer contre le coupable.

» Le service général à Kordinaire., Signé à Tori^pual : Hanbiot, commandant général. «

Si le style et la liaison des idées laissent fort à désirer, les sentiments qui sont exprimés à la fin de la proclamation qu*on vient de lire ne méritent' que des éloges; malhenrewiement ils n'existent que dans la phraséologie révolutionnaire. En fiiit, les citoyens se traitent fort peu fraternellement lorsqu'ils se croient en opposition d'intérêts ou d*opinions. Us paraissent ne pas mieux traiter les proclamations d'Hanriot, ces modèles d'éloquence, et les consignes de corps de garde. Le commandant s'indigne d'apprendre qu'elles sont déchirées , et il déclare que thomme tftù déchire une consù/tie , surtout lorsou'elle kst BomiE, dçit être traité comme su^ect. Dieu a voulu égayer l'histoire de ces temps terribles en permettant qu'il s'y soit produit des bouffonneries comme celle qu'on va lire :

22 pluviôse (10 FÉVRIER 1794).

« Mes frères d'armes de service ne doivent pas déchirer les consignes des corps de garde; les bons dloyens qui veil-

Uiyitizea by ^OOgle

leot à rintérét de la chose publique doivent s'oppo»er à cette espèce d'inconduite; l'homme qui déchire une contigne, Mirtout lonqa'elle est bonne, doit être traité comme suspect. V

Voici maintenant une insiruclion pour remplacer des arbres Hjorts par de jeunos ai bres, nouveau clu'Wœnvrc que nous recomuiandons ;i r;iiiiMiii()ii ronsriencicuse do nos jardiniers.

l'n d^'Tret du 22 janvier a\ait ordonné qne dans toutes les ( «>nini)in<>s on i'arbrc de la liberltl* était mort, il fut replautt': avant ^jerminal.

Du pliiviù^ic (11 février). Tan 11 de la Uépubliquc française. Ordre générât.

• J'invite nieN Frère:>> d'armes à remplacer aux portes des corps de gardes les arbres morts par des arbres vivans; cette petite cérémonie doit se foire sans ftMte et sans oiigueil, mais avec cette fierté r^ublicaine qui épouvante les tjrans et plaît à tous les amis de Tégalité.

9 Le service général à Tordinaire. Signé : Hanriot, commandant général. »

11 fiiat se distraire des meilleures choses, car elles eogeiidrent à la longue la fati(;ue. Si on n'entendait, si on ne voyait qit'Ihnriot dans cet hiver de 1794, on croiroit se trouver en pleine foire, par ane de ces journées de givre et de nei(;e, devant un de ces drôles qui sûr les tréteaux des saltimbanques, pour se défendre du froid qui verdit tout ce que le vin n'a pas rendu écarlate dans leur visage , se démènent eomme des foribonds aux dépens des épaules et des reins des victimes de la parade. Le dégoût vous prend vite , même an milieu du rire , et on détourne les yeux , pour les repoter un instant.

Certes, ce mois de pluviôse ne fut pas gai. Les prisons élaieni remplies. Le désintéressement des agents de Fouquier ne parait pas avoir égalé leur cruauté. Voici une petite anecdote racontée

M l'AUlS K.\ 17U4.

par Uaillciil , qai prouve qn*U pouvait y avoir avec le bour> reau des accommodements. Nous Pextrayons de ce livre charmant aii({ii('I nous avons fait ailleurs de nombreux emprunts, et que Bailleul a appelé V Àlmanach des bizarreries immainet. Il l'écrivait au fond de la Gonciei^^erie, en face la mort; il mettait à profil une siliiatinn unique pour Tétudc pliilosophicpic du cœur humain. Dans le drame, Ilanriot représente la partie burlesque, mais Bailleul ne prend que le côté des choses dont un philosophe peut sourire : il montn* la part du vice, celle du ridicule, celle de la fatalitéMirtont, dans les destinées humaines. La vie, In mort, sont les numéros d*unc loterie; cependant les chances du tira{;e aufpiicntent ou diminuent, dansious les temps, proportionnel Iciiicnt à notre prudence et à notre modération. -

13 FEVIilEll.

« Brichard , notaire à Paris , fut condamné a mort par le tribunal révolutionnaire. Il avaii été chargé de négocier un emprunt pour le duc d'Yorii ; il n^avait vu là qu'une aflaire de métier, ainsi que son confrère Chaudeau, victime encore plus à plaindre des horreurs révolutionnaires. Son entrée à la Concîer{)erie eut quelque < iiose de remarquable cpii ne doit pas échapj)er îi WvW de Toliservatenr, et (]ni nici ite \ ;\\teution de ceux qui veulent profiter des huon» rie I ( xjM'rieuce. Sa manière de vivre, et quelques circon->tante> qiu accompagnèrent son procès, sont di(];nes aussi de remarque.

» Il fut amené dans TaprèiHiinée et place du côté qu'où appelait des douze. 11 se promenait sous le vestibule en face du guichet, lorsque quelques camarades d'infortune lui demandèrent s'il avait fait apporter un Ut. 11 leur observa que LUI n'était point coupable; qu'il resterait en prison tout au plus jusques au lendemain ; que par conséquent il n*ayait . pas besoin de lit, et qu'il espérait pouvoir s'arranger pour passer une mauvaise nuit. Il ne songeait pas «pie ceux qui étaient là depuis plusieurs mois ne se croyaient pas plus coupables que lui.

u Cet honune semblait n avoir jamais entendu parler de

la révolution, ou au moins ne lavoir connue <^ue connue une chose <jui lui était parfaitement étran^jere. Il avait cru que son iiidifféreoce , poiii* ne pas dire plus, Favait placé à côté, sinon au-dessus d'événements amenés par des gens qui ne pouvaient raisonnablement fi(}urer auprès d*un ootaire de Paris. Il faut déplorer la âiort de Brichard ; niais que de sottises dans une telle ignorance des faits ! C'est 1* ouvrage de la suffisance et d'une éducation détestable. Lecteurs, qui que vous soyez, filcbea-vous de ces réfleiions, si vous le von- • lez, parce qu'elles contrarient votre &çon de penser; mais retenez qu*abouder dans son sens est un tîcc déplorable ; qu*il faut ezaminer les choses avant de les juger, et ({ue si nous les ju(;eons d'après nos préjugés, nos préventions , nos intérêts, et non d'après les principes qui leur sont propres, c*est nous que nous punissons, nous seuls, et non pas les {{ens qui pensent autrement que nous. Grands enfants, apprenez à n\'h e plus des enfants.

n lirichani avait de la fortune, et il avait apj)ris (ju'on en voulait aux fortunes. 11 se faisait servir, pour lui , son maître clerc et un vieil abbé nommé le F'rançois, tous arrêtés en même temps que loi et pour la même cause, un petit plat d'épinards. Il espérait démontrer à l'univers qu'un honmie qui dînait aussi misérablement ne pouvait être qu'un homme pauvre, dont il était absurde de convoiter les richesses.

» L'abbé de la TrimouiUe l'avait connu dans le monde; il

lui dit tout bounement à quoi il devait s'attendre; qu'on

roulait le tuer pour avoir son bien, et qu'il fallait qu'il

sacrifi&t une partie de sa fortune pour consei^ver sa vie.'ll

lui offrit de foire d'abord surseoir à son jugement, puis de

le faire acquitter, ou au moins de foire mettre ses pièces à

Técart, s'il voulait foire le sacrifice de cent mille écus ou à

peu prés. Il l'assura qu'il avait des agents sur lesquels il

pouvait comj)ter, et qu'il ferait son affaire. Brichard fut

effrayé de la proposition, répondit qu'il était innocent,

mal(;ré (}ue dans ce moment il f6t déjà furieusement désassoupi , et remercia la TrimouiUe de ses oflres.

1» Briehard Fut mis en jufjement. Dés les premiers instants (le rinslriictioii , il jii{;ea «jiie rintiocrnc»' n'clait pour i n-n dans lotit cela. Il vit «ju'il in* >iirtis;nt pas d'avoir du l»i«'ii, »pi'il lallait eiicoïc vi>rr pour <mi jouir; il implora \c >>«'roiirde la TrimouiUe et lui rap(»ela prouiosses. Ct^-lui-ci lui observa qu*il était peut-être trop tard. Cependant il fit venir dans le guichet de la Conciergerie son agent, avec lequel il eut une conférence asses longue. Les premières dëmarche> furent faites, de premières paroles furent données; mais Briehard fut condamné à mort le lendemain et exécuté. Dmix jours plus tôt il aurait été peut-être sauvé par l'entremise de la TrimouiUe, dont un frère portait les armes contre la République dans la Vendée, qui lui-même en était l'implacable ennemi, et cela en corrompant des gens, ses amis incomparables et éternellement exclusifs. Au reste, Briehard, enfant, niais, suffisant comme beaucoup de gens qui ne sVn doutent pas, quand on le conduisit à la Conrierjjerie, devint en peu de temps rai>ounal)le à r«'< ()li' du malin iir; il défendit eu homme ferme et sen>t'', et mounif avec < oura{je. S'il n'était pas mort et cpi'll eut élc* rendu à la vie, «erait-il redevenu, connue tant d'autres, plus bête et plus furieux qu^auparavant? »

l.cs p'«[}es suivarUrs. ipir mm^ fiiipi miiIkiis à Prii<llioiiiiiic\ mmiI riirit'us»-s à plus (11111 Mire, hicii (|iic N-s pn"'li«'s v soiitiil U»rl maltraités, «pu- la rfli|;i(»ii < .illioliipii' \ >uil toiiriM <• t'n riJionli -, etfes n^lamenl la tolérance ruIi^jiniM». I Jlrs « taMisscnt cpic 1» > prêtres qui exerçaient lenr uiinistère ctaieul eucon" noinltrciix. On sut peut-être manvais {;ré à Prudhomme de fum intervention an fond fiivonihle à V exnrcice du nUte; .sa .situation devint si périlleuse que la peur s'empara de lui, et qu'il interrompit bm qnement son journal des RévabiHam de Poris, ayant eu 1 1 chance de sauver sa tête, qu'il avait incliné bien bas devant

I, A 15 1 K, LE CL i n, L A FAMKNE. 51

les piiissancefl de la Montagne, et qu'il relèvera bien haut lorsqu'elles ne seront plus.

Les dieux s'en vont; comment Prudhomme propose de les remplacer,

• Des églises se sont rouvertes, et les prêtres ont ri

sous cape \ nous serons aussi rusés qu*eai. Ilsrecommencelit à messer et confessent encore» et cela se passe même à Paris. Mais remarque que pareille chose ne se serait pas passée aussi tranquillement il y a deux ofi trois années. Bappelletoi les petilo-i persécutions qu'on fit soiifli'ir aux relif;i(Misf*s et les pclitî» scandales qu'un se permit aux Tllca^u^.^ et ailleurs.

B La raison du pciiplo a hicri f*ranfli depuis eolto t'jx )f jiir. • Le peuple a pris le ^eul parti coriv<Mial)l(\ Il ne se moque pas même des prêtres et des ouailles (jui leur sont restt's tidéles; il n*y prend seulement pas (jarde. La plus paiiaite indifférence,. pire que le mépris et la persécution, va achever de tuer l'Église : elle ne s'en relèvera pas. On chante tout hautroifice rue d'Knfer, rue du Cimetière-Saint-Andrédes-Arcs et ailleurs. Le peuple, blasé là-dessus, le remarque à peine; mais il compte avec satisfection le nombre des cloches qui arrivent dans nos fonderies ponr être converties en canons. En passant devant la maison des monnaie.^ , il bénit une révolution qui lui procure de quoi racheter ses frères prisonniers chez Tenneroi, avec les outils d'or et d'argent des prêtres convertis en espèces. Tandis qu^on chante encore vêpres et salut, dans tous les spectacles (excepté pourtant à l'Opéra), on s^amuse fort innocemment sur h* compte de ceux qui dirent vêpres et de ceux qui les entendent. Les pr« tre-» et Iciu" iJieu sont morts du montent qu'on ne s'aj)erçoil jilus s'il> evi^tent encore. La (iou\eutron n a rien statué, il est vrai, sur le salaire d'un enlle; mais c est tout comnn' j)ar le fait, pui.squ il n'v a plus de eulte; et,

comme ou dit : » Adieu le i>aint, adieu la tete. » Dans plu-

rieurs paroisses de canipajjiic , vilhi{;eoi^, privés de lem «tire, «léteriii comme suspect, ont jnis le parti de chanter eux-mêmes Tottice. C'e->t .uitaiit de (jafjiié, et leurs prières ne leur semblent pas moins lionnes. Bientôt ils se lasseront de psalmodier du latin, rpriU n'entendent pas. Si les ofti« ciers municipaux s'acquittent bien de leurs devoirs, il leur >era aisé de faire oublier totalement M. le curé et M. le vicaire. Un discours tout naturel et plein d^instructions solides, chaque décadi; une féte gaie, chaque mois, et tout est dît. La fin du monde est arrivée pour les prêtres : ils sont morts, sans espoir de résurrection. Quelques traités élémentaires, quelques jolies chansons patriotiques, un peu de musique, des exercices militaires : en voilà plus qu'il n'en faut pour charmer le loisir de la classe laborieuse. De nouvelles victoires , qui amèncnront la paix, le repos, la sécurité et le rèfjne des lois eonstitutionnelle> , aciieveront la {jrande révolution : et tout sera dit. Le culte de la liaison deviendra universel et Fera taire lon> les antre>, sans s'en mêler. Dans certains endroits la secousse a étt- violente, mais n'a pas duré, beureusement. Déjà la majorité des prêtres a fait leplongeou^ et les voilà <]ui meurent de leur belle mort. Ils n'en sont pas plus contents : iU auraient bien voulu feire du bruit en tombant. Us continuent à confesser quelques vieilles dévotes; c'est un os qu'il faut leur laisser à ronger, pourvu qu'ils ne touchent point à la conscience de nos jeunes républicaines. i>

Le 25 pluviôse, le jour même de la publication de rarlicle du journal de Prudhommc, La planche rendait compte à la Convention de sa mission en Venilée dans les termes suivants : « Par« tout j'ai £iit dispamiln' les prôtres coniuie autant de vers rou* geiirs et les fléaux de la société. Ave<- les prêtres ont disparu le»

cloches et les u.stensiles de leur métier Sur des cadavn>s

amoncelés et des mines ftimantes, la Vendée s'écroule et 1h République est debout. »

LA RLE, LE CLUJJ, LA KAMIKE.

Du S0 pliiviOie (14 février), Tan II de U République frani^ic. Ordre générai,

« Les sections des sociétés populaires séantes dans Tarrondissement de chaque section, et les comités civils et révolutionnaires sont invités à assister, décadi prochain 30 pluviôse, à dix heures du matin, à la fitte de l'abolition de

l*esc1ava(;e, qui sera célébrée dans le temple de la Raison.

*» Les patrouilles de dehors n'em[>orteront pas de caisses avec elles; lorscjne l'on surveille les ennemis du bon ordre, il faut les surprendre à la ninette et sans bruit.

» Je recommande encore la stricte exécution des arrêtés de la Connnune relatifs aux denrées de première nécessité; ces arrêtés salutaires doivent être maintenus par tous les bons républicains.

» Mes £réres d'armes de sérvice dans les maisons d'arrêt doivent se comporter avec sévérité, justice et impartialité; les sentinelles ne doivent ni insulter ni communiquer avec les femmes des détenus : la justice nationale seule a le droit de sévir contre tous les coupables.

• Le service général à Tordinaire. Signé à l'original : Hanmot, commandant général. »

Du 2tt pluviôse (17 février), l'au II de la Hépublii|uu française.

■ Citoyens , conformémènt à l'avis que vous me donnez des obscénités qui se commettent dans le jardin Égalité, sous les galleries, je vais prendre des mesures pour les réprimer, et comme les nommés Maillot, Huguet et François, destinés à la surveillance des abus, ont favorisés ces sottises , je vais les dénoncer au comité révolutionnaire de la section de la Montagne.

• Salut et fraternité.

• Le Général en chef de Paris, n Signé : Hankiot. »

PARIS KN 1794.

VEiNTOSi:.

19 FRVBICR Ar iO MAUS.

\jr iiifM> (If \riil(i><' rs| . on le sait, un <li mois (lc<i.si(s dr r»»tto auiU'r ITM'l-. I.cs (•(•miles df saint jinMic cl de >ni«M('' ;;('mi('l"alo (ini' (loniinc If trinuiv irat de HolM-spici i r , S.iinl-Jiivt cl Contlion anxi|nci.s se sont lallics les iiMtnta;;iiatds le^ pins violent*' et les pins cnfja,';es , tels (jnc Uilland-Varenncs . (>(dlotd'I lerbois . Ainai', lallien. rcn\i'rsent la faction d IU'l>erl et préparent la ehnie de l)ant(»n cl de son parti. Ut-herl c-l atlaqné ( oninic représentant re\a([ération révointionnaire , l'atbéisiiie, le système outré de la terreur. CVe.si , disent ses adver- .saires, un conspirateur vendu à rêtraii{jer, qui, pour perdix* la cause de la Révolution , la déshonore par ses excitations anarohic|ucs, et pousse le peuple à des excès de toute nature. Pour lutter contre la majorité de la Convcution qui le méprise et le redoute, Hébert 8\ip[)nie sur les sociétés populaires, sur la Commune, qu*il tentera d*iusurger contre le représentation nationale. Des hommes de cette espèce ne connaissent aucun scrupule et ne reculent devant aucune violence, aucun crime, si ou leur laisse le temps d'a(j;ir. Mais au premier appel fait ouvertement ù Tinsurrection, Vincent, Ronsin, Hébert, Momoro, et leurs principaux partisans, seront incarcérés. — Les Dantonistesse sont montrés parmi les plus ardents à lés combattre au sein de la Convention. Mais voici que leur tour va arriver. SaintJust m^tkt avec menace le glaive de la haine , qu'il appelle le ^ive de la

' loi. Le s^nie exterminateur de la République n'a feit que la moitié 4e sa tâche : après les athées, les corrompus! après les traîtres qui ont vpuln noyer la République dans le sang, les

^ traîtres qui , au nom de Tindul^jencc, veulent la prostituer aux

' royalistes !

Le Moniteur et l'Histoire, qui le reproduit, sont pleins de ces grands débiits. On se passi(n)no à ce spectacle, plus dramatique que vraisemblable et raisonnable. Là raison de ces revirements de fortune et de crédit dans Texistence des puissants dn jour

LA HUE, LE CLUn, LA I AMI-NE. 55

irc>t pas toujours claire. Pourquoi? C\'sl que pour bien voir i\:iu> riiisioire (ruiu* flémocralie , et n [)lus fbrle raison d'une ili'Miio<"r.ilie tléni.ijjojjitjue , il Faudrait voir tout, il faudrait que I «fil n-iiioiitàt les couranls sons-uiari us th' cette mer sans ccss»' iroubU'c j)ar des ora{je.s qui, avant d'éclater à sa surface, se pré- |»areut dans ses profondeurs.

On a dit, en pirlantde la l'ranre inonarrhique, que l'histoire des mis n'est pas l'Iiistoire de la nation: si écrasant que soit un prince, il v a dessous lui un peuple. Disons à notre tour que l'histoire d'un ou de plusieurs tribuns, celle de leurs querelles, de leurs idées, n'est pas tonte rhittoire d'une démocratie. Si les àétaagoçuei paraÎMcnt conduire le peuple , ils ne sont en réalité que ses premiers esda^es, oomme le corps sans âme est Tesclave des appétits et des besmns matérids. Ponr étudier ces snperbes, il fiint donc descendre dans la .bone d*oà est sorti le piédestal swleqnel s*élève leur popularité éphémère. Dans une monarchie, les grands événements ont parfois une bien petite cause : com« bien plus fréquemment dans une démocratie que les souffrances et la misère ont aigrie, que des haines trop justifiées ont aven« glée, et qui, sans lumière et sans frein, marche entre la trahison et la mort!

Les Observateurs de C esprit pubUc.

Nouj avons pris pr>ur (guides dans les explorations des ba»fonds de cette société révolutionnaire les Observateurs de l'esprit pul»lic qui chaque soir adressaient leurs rapports sur les inc i- «lentsde la journée au citoyen I r.ni{|neville. chargé de la corres- |)ond.ince au niitiistère dr rinti ilt'iir. lies rapports étaient d»»ponillés, analysi's et résumes; le résumé était mis sous les veux du ministère de l'intérieur et des membres du comité de salut public du département.

Noun avons fait uous-nièuie le depouiileuient et l'analyse des rap|K>rls.

Nos lecteurs qui se donneront lâ |)eine d'en prendre conuais- «ance se seront bien vite fait une opinion sur le àcQré d'instruction, de moralité et de sa^jacité des Observ ateurs auxquels ils sont du.^. De ceux-ci, les uns paraissent avoir été pris dans le bas

56 PAHIS EN 179%.

licuple; ils sont à peu près étrangers aux règles de ronhogniphe et de la grammaire : Dugas, le Breton, Leharivd , Sirée, Prévost, Mercier, etc. Un, entre antres, incarne, à laire frissonner, les passions et les préjugés de la multitude, il s'appelle Pourvoyeur : on pourrait l'appeler Pourvoyeur de la guillotine. M II faut, dira-t-il, un épouvantailanx riches, la guillotine, n Une autre fois (rapport du 16 venlôte) tuL'on demandent combien y at*il eu de guillotinés aujourd'hui; il iaudrai que cela aille plus vile que cela dit on. » On voit qu'il écrit comme il' parie, avec une pittoresque incorrection; d'ailleurs partisan de la scène (pour saine) morale; il est vrai que dans ce rapport du

6 ventôse il est question d'une pièce de ihéAtre. — Bacon est préposé A la surveillance des sociétés populaires. Ses raf^rts sont intéressants, bien qu'on ne puisse vanter sa sagacité pas plus que sa littérature. Ainsi, il se plaindra qu'on vende an peuple du cheval pour de la viande (5 ventése). — Qndques-uns de ces obsen'ateurs sont Jacobins; presque tous sont modérés : Bérard accuse courageusement l'excès delà misère, qu'il n*est pas éloigné de mettre au compte d^inc mauvaise politique; Latour^La* montagne, un lettré celui-là, un favori des Muses, l'auteur d'une pièce intitulée le Montagnard à Bordeaux y scène patrûht^ue en vers lihres (Paris, Maret, 1794, in-8*), se déclare (5 et

7 ventôse) contre les Ilébcrtistes et les terroristes, contre la multiplicité des supplices, qui atteignent jusqu'à des vieillards. 11 fait la contre-partie de Pourvoyeur. — Déraud est également un modéré qui blâme la liréquence des exécutions (10 ventôse). — Perrière aime la morale, il clierche Tnnecdote piquante et le trait ; ses rapports sont détaillés, écrits d'un caractère tnVnef, (]U()iqne inférieurs à tous les points de vue à ceux de Grivel , un lettré lui aussi , le plus judicieux de la bande.

IVous n'en dirons pas (ia\antaf;(' ; (|nel)o<nu' soit la valeur des individus, leurs ténioigna|jc.s abondent en faits curieux, en remarques di{^ncs d'être recueillies dans rhistoire, prise sur le vif, de la démagogie parisienne.

l*' VENTÔSE (19 Février).

Du veiittee (19 ffévrier), l'an II de la Bcynbliqiie lrant:aMe.

Ordre ycnéraL

« Il part aajoiird*hui un convoy pour Metz et pour Sainl- Oiiier; les tamboars à la téte des détacbemens ëe battronspas le pas de charge, cette mesure n*est bonne que dans les instants de dangers.

» Les patrouilles de nuit ne doivent pas discuter dans lc« mes avec les personnes qu'elles arrêtent, ni les colleter, ni les brusquer; le service doit se foire avec la fierté imposant d'un républicain; les fonctionnaires publics seuls ne doivent pas être inquiétés dans leurs courses.

• Le citoyen commissaire de police de la section des Lombards a montré cette nuit beaucoup de surveillance, sa conduitte est di(jiuî de restiino des bons républicains.

n J'invite mes li tres d armes , les braves {jrenadier^ «le la CiOnvention nationale, à se priver de leurs bonnets lois(ju'iU sont de quelques tète civique; le peuple qui n'aime ni ces bonnets ni les gances à la Lafavette fraternisera avec vous, si vous faites ce petit sacrifice; ce ne sont pas les bonnets, mais le cœur et le courage qui (jaçnent les bataille».

» J'invite les bonnes républicaines à faire elles-mêmes la police aux portes des bouchers, et à déjouer cette nouvelle intri^e dont les magistrats recbercbe la cause.

» Le service général à l'ordinaire. Signé à l'original : Hambiot, commandant général. »

Jlujtf>urts tli' police*

Viande, — • L'autre jour, rue de la Montagne Sainte4^ene-> viève, presque toute occupée par des bouchers, une femme se

présenta chez l'un d'eux, fcsant partie de la fonle qu'assit'jjeait son étal. Lorsque miii tour \ iiit d'être s('r\ ic , ell»' «leniaïula ce (|u il lui fallait <le\ iando, et calt ulaiil à (|U('llt' >()mrne >'en élevait la (juantilé niic I<' pied du n»a\iinuiii , elle leiiiil celte >oiume au Itouelier et lui deniauda .>i e i-tait •son compte; non, dit l'houinie; eh hien , réplirpia la femme, si ce n'est pas le tien, c*est celui do la loi; et là-de.s.sns elle se retira malgré les cris du marchand de viande qui fui bien obligé de prendre son pai^i; c-e qui prouve jque les nombreuiies et criante» infractions à la loi du maximum viennent bien plus de la foiblesse des acheteurs que de la friponnerie et de Taudace des vendeurs , et que les uns ne doivent pas paraître moins coupables que les autres aux yeux de la loi.

» Les bonuiies de leur nature n'étant malheureusement que trop moutonniers , et ne s'élevant au sentiment même de leurs droits et de leur intérêt que jwr l'exemple , la Foule qui lut tiMiioins <le la fermeté et surtout du suerès de notre heronic , voulut alisolument avoir la viande au uu iiie jirix; le hduelipr résista : il v eut du hruit , on envoxa ciierclier la ;|arde , et mon homme fut emnien»* et mis en prison; |'i;;uore quelle suite aura ^on afiaire; il faudrait pourtant intimider l'audace mercantile. •

Spectacles. — l'our rendre les spectacles ce qu'ils doivent être, disaientqueltjues citoyens, c'est-à-dire accessibles au plu!> (jrand nombre, utile aux mœurs et à Tesprit public, et di{;ne.s en tout du peuple souverain qui les fréquente;... il faudrait d'abord les purger de tout cet ancien attirail de pohce qui a survécu au régime avilissant des despotes, et non content de régénérer les anciennes pièces, et dans les nouvelles de n'en présenter que de dignes de la République; il fiiut encore en faciliter l'accès au plus grand nombre de citoyens possibles par la diminution des prix d'une part, et de Tautre, en économisant le local ; ce qui s'exécuterait en étendant la loi contre les accaparements jusques sur la location des loges;

car assarément quand une loge de huit personnes est louée à des muscadins, qui n*y viennent qu'au nombre de deux . quatre ou six personnes, se prive du spoctacle , >ix . quatr*' on au moins deux ptM sonno , et peut-être cclle> u tjui ce (jeure d'iudlruction î>erait le plu> «alutaire

« Signe : Prhriére. »

.1 Dans hi niatint-e aujoia irinii à la halle uiu* de ce> l"euinie> de la canipa{jne qui veudeut à Paris des léjuuie» , a poussé la coquinerie jusques a au^jnienter des Jeolilles qu'elle vendait à 17 sous le litron» elle les a augmentés de 5 sous, ce qui faisait vingt un sous le litron. Cette au^jmentatiou a indigné les citoyennes elles ont fait du train, la garde y est accourue et 8*est servi des lentilles , ensuite Ton a été faire perqubition dans une cave qu'on disait appartenir à cette marchande Ton y a trouvé plusieurs paniers des pommes beaucoup de lentilles ainsi que des œufs tout cela a été vendu dans Té^jUsc cy-devant SaintJacques l'Hôpital. Les citoyennes se plaignaient de ce que Ton ne feit pas de visites dans toutes les maisons qui avoisinent la halle parce que disaiciil-elles les (jen> de cain|)aj;iic avec Ici malveillans de pari>», enfouissent les plu> (pTils peuvent de^ coninjc^tihlt ^ dans les caves et les revendent aux prix qu'il-, vciilcnf deux jotuN auparavant , Ton avoit trojivé ches ua boulangé nue caalité prodigieuse de beurre ficelle.

» Deux citoyens étant dans le catlV- (pii lait le coin de la rue des bons enfans et de la rue S'. Iionoré voulait cbauter une chanson patriotique le limonadier qu'est aristocrate n'a pas voimIo qu'ils chantent chez lui , ces citoyens lui ont dit : Mais c'est du patriotique que nous chantons, cela m'est égal TOUS ne chanterez pas chés moys ce qui a £àché ces citoyen!* et des paroles en paroles ils se sont pris au collet, mais d'au-

1res citoyens les ont M-patvs. (](■> deux citoveiis lui dirent en s'en allant, va aristocrate, tuincrilerait bien que nous allions te dénoncer.

« Signé : Moncey. »

• La diseUe eo tout genre est extrême, on se l>ftt à la porte des marchands, les malveillants augmentent le désordre en criant; ce n*est rien encore, vous en verres bien d*avan' tage, on se joue du peuple.... — Oui sans doute, s*est écrié un brave sans culotte, mais c*est vous prophète de malheurs, c'est vous et vos pareils qui vous joués du peuple , en cherchant semer le trouble et la discorde parmi les citoyens au lieu de les inviter à la concorde et à la patience, les seules vertus qui puissent adoucir nu^. maux. Selon vous il landroil tout piller; que vous en rcviendroit-il ? Nous ferions disparoltre le peu de denrées qui nous reste; point de violence, nies frères; le mal des uns ne {jut-rit point celui des autres; prenons patience, c'est une épreuve qu'il laut supporter en bons républicains; ne pouvant nous réduire par la force, on veut nous réduire par la faim; lie luen! <|uand nous n*aurons plus de vivre, savés-vous, ce qu il fout faire? il faut partir et tomber touts ensemble sur les brigands qui nous font la guerre, et terminer tout d'un coup par la victoire ou par la mort , la longue querelle des esclaves et des républicains. — Ce discours énergique a électrisé tous les cœurs, et on s*est écrié de toutes parts : Vive la République !

» Signé : Latour-Lamontagne. »

« Il parait une caricature qui représente les Prussiens et les Autrichiens fuyant des environs de Landau avec leur général, auquel on a donné six jambes. La foudre les poursuit, et on lit ces mots au-dessous :

» Ils n'ont pas assès de jambes pour- fuir.

LA UUË, LE CLUlt, LA FAMINE. 61

» On a dit aujourd'hui que Robespierre «tait plus malade et cette ucuvelle a beaucoup affectée les vrais amis de la patrie; on a assuré en même tems que Couthon était mieux.

» On s'est porté en foule au Lycée des arts on Laharpe a annalrsé plusieurs principes d*Uelvétius, En relevant les {jrandes erreurs ou ce philosophe moderne est tomln*, il a t'ait très-à propos quclqucb i'cflc.\ioiisi républicaines, (jui ont été lort applaudies,

» Au lliéàtre du Lycée, une femme fort éléjjamment mise a tourné le dos un parterre qui l'a invité à se tenir plus décennncnl; elle a reFusé, en s'ohstinant de rester dans la même posture. Alors les cris des spectateurs soiit devenu-s si violens , qu'tni oiTicier municipal a été obligé d'aller forcer lui-même la muscadine a plus de complaisance.

» A la sortie des spectacles plusieurs gendarmes ayant à leur tête des officiers municipaux ont investi les jeux publics et les catlPésdcs galeries du jardin de la Révolution, il en est résulté Tarrestation de plusieurs individus et de quelques femmes publiques.

n On s'entretenait dans les grpuppes des dispositions de noire armée du nord. Cest à sa première victoire, dont on ne doutait pas , qu'étaient attachés nos succès pour toute la campa(]ne prochaine et la destruction des tyrans coalisés contre nous. On ajoutait que la nuit dernière, il était parti 17 courriers du comité de salut public pour cette armée ou celles du Bas-Bbin et de la Mozelle. On a entendu dire a plusieurs citoyens à la porte des bouchers , nous ne pouvons pas n\'oir tir la viande ^ mais nous avons du pain, avec cela on peut attendre.

" On a parlé d'une femme qui a force de ^oins et de solli* il allons est parvenue ;i se proetucr trois livres de viandes poitr ini malade, et sur laquelle on lui a donné près de deux livre» de réjouissance.

> Signé : Dugas. •

«2 PABI$ EN 179«.

• Plosieurs ouvriers formant un ^ruuppe dans le nombre «lesquels se trouTBÎent des doreurs et sculpteurs, se plaî-

i; noient de ce (pie depuis loiifjtems ils étoienl >ans ouvrafje. < ioiniiM'iil v(>iil('/,-\ cHi> lions ti Mvaillons , tons Ifs rirlu'> |>.ilrii)tp> oy\ n«)ii , sont in< ;ii(cii'> et il n v ii «[ne < imi\ Iravailli iif ponr les Fournisseurs drs arme»", (jni ))ni^-«Mit ;;aj^;n('rleur vif, (la nedinr'ra pas lonMlcin^ a ri'j)li<iiif nn antre, il y a une commission nonunéc pour rerhtM ( lier dans les prisons Ci-u\ <|ui out été incarcérés ioju&U'meut , et von» verres que celui-là même qui n*occupait personne avant la révolution ; Mtôt qu'il sera élargi, occupera les bras du pauvre et conviendra que la république vaut mieux' que Tancien régime.

9 La commission a rétablie le calme dans plusieurs familles, et plusieurs citoyens au caffé Saint-Martin disaient : Nous sommes fort heureux que cette proposition ait été acceptée, car le comité de sûreté générale qui semble soutenir les comités révolutionnaires ne s'en serait jamais occupé. Un de ces citoyens disait , lorsqu'on se présente dans un comité ou à la porte pour une réclamation , il semble qu'on ait a faire à des ei-devants ministres, on vons rehule et plusieurs des membres rpii le compo>enl onltlient »|n'ils ont été nommes par le peuple, et <|ne l«* penpic pcnt les icniplaec r.

y» Plusieurs (piarlicr-^ «.ont ^^an^ la «K'-^olalion <lr n avoir pas de la viande, des trois lienres du matin, le monde se rassemble aux portes des bouchers; on s'y pousse, on s'y bat pour à qui le premier sera servi , enfin il en e^t de même que jadis pour le pain.

n Signé : Bafce. •

« Hier on a donné au théfttre de la Mépublique , Gharle^ et Caroline. Celte pièce représente un M. de Vemeuil, épousant (sans Paveu de son père) une demoiselle qu'il enlève et dont il a un enfant, il vient k Paris, et un M. de Fréval, de-

vient amoureux de Caroline, dont Fépoux, sous le nom de Charles s^est fait commissionnaire, il découTre que Charles e>t le HIs de M. <\e V( rneiul , il va trouver son pere et obtient .son coiiseiiteiiH iil pour le faire renternier par le iiioveii. d'une lettre de cachet dont il a loujourâ une provision à son service, etc., etc.

^ Celte pièce est plus digne de l'ancien régime que d'un régime républicain ; on y parle que de nobles, les miDistres sont sensé^i surpris dans leur conHance ; et par conséquent innocent du mal que Ton commet en leur nom , abusant de leurfeTeur, etc., etc.

• lie M. de Fréval' nantie de lettres de cachet dont il est sensé fiiire usage ponr satislaire ses plaisirs, etc., etc., donna lieu à deux jeunes citoyens et à une citoyenne, tous trois bien couverts , d*assurer que dans le moment présent , les comités de salut public et de sûreté générale avoient des agens toujours bien fournies d'ordre , en blancs, et signés, des membres de ces deux comités, avec lesquels ils arrétoient qui bon lenr sembloient et que souvent ils vendoient au dernier enchérisseur; des citoyens prétendirent que cela ne se j)ouvoient pas; mais ils asMirèrcnt eu ( onnoifre plusicur>, et dirent que s'il falloit le prouver ils u iioii iit peuti^lre pas loin , ce (]iii fit beaucoup de sensaliou. Un citoyen ajouta qu'il y avoit quebpies lems <pi'uu de ces scélérats avoit été coudaumé , à vingt ans de fer pour lauv témoignages, et qu'il lui avoit vu plusieurs ordres, en blanc avec lesquels il trafiquoit, j'ai fait l'impossible pour suivre ces deux citoyens, mais il ne me fut pas possible, vu la loule immense qui étoit an spectacle...

» Des citoyennes épouses des ouvriers m armes , de M aubcnge, établis aux ci devants Carmes de la place Maabert, se plaignent de ne pouvoir point avoir de la viande , hier dies assuroient être restées depuis trois heures du matin jusqn'à neof, sans en avoir pu obtenir un qaartron, ce qui pa« roil leur fiiire regretter d'avoir quitter leur pays ; aussi assurent-elles ne pas devoir rester longtems è Paris,

64 i'AHlS EN 17 94.

» La corruption, dit-on, est montée h son comble, h la Salpétriére, les filles de cette maison ont bannis toute pudeur on assure qu'elles ne se donnent point la peine de se cacher «du public , les cannoniers qui sont dans cette maison, se corrompent au point qu'on prétend que si il folloit s*eii serrir pour nos armées, sur éent; on n'en trouveroit pas trente capables de servir.

» Les jeunes Qçn$ appellés enfents de la patrie ' (cî-devant la Pitié) sont aussi corrompu qu'on puisse l*imaçiner, hier au jardin national de^ plantes, ils se permirent d*y chanter des « liîMisoiis les plus oltscèiics , ce <|iii fil murnuirer le l)lie , leur < oiiducteur n cti rou{;irent j>oint , des eitovens se permirent (rimj)nlei- la faute au eit(nen ribaunielte de ce (ju'il a obtenu qu iU ne beroient plui> curri(;és.

» Signé : Rolin. »

«i Saint-I rufjc * étoit ce nialin dans un ( altV- <le la rue de la (jtunt'die lVaiM;ai><'. et disait que le enuiile r('\ olulionnaire de son endroit était v«muis pour saisir ces proprit-tes à Saiutllru{;c , et il ajouttait (|ue tous les coniités r«"volutioiniaire* étaient tous remplis d'aristocrates et qu'ils incarcéraient 1 souvent bien des patriotes.

< Il rst i( i question (les enfiuMf trottvéi, qui avaient Léonard Bourdon

pour directeur.

' Le marquis de Saînl-lluniguc , gentHhoniine Loui^uij^on , av.iii li^ré, depuis 1789, dans tons les désordres populaires. Il joigiiait à noe

voix tonnante , à In force et h la toomiire d'un porto-faix, m caractère tour ;'i tour eiii|ior(i' et aiiil.u icux , \tnA et inaolrut , selon le* circonstanceK. U êtiiii connu, souit le nuni du |»èru Adam, de In canaille et des crochetetirs, avec lesquels il s'enivrait tous les jours. Il figura au 6 octobre, an 20 juin, parmi \v* pluit nclKiriiés à insulter le Roi et la llcine; il fut un «le» aj^rnfs les plim nelifiiic l.i Terreur. I,a liiufjtaphie viiul,-i iw ' vu V vol.) de 18U() dit tju'il était encore un des babitucH de café en 18Uo ; mais on 1 remarquait que son tèle patriotique s*éiait prodigieusement calmé: peuij Aire, à l'exempla de beaucoup d'autres terroristes de bas étage, s'était-il / mis aux gages de U police d'alors.

LA RUE, LE CLUB, LA FAMINE. fî5

1 Dans un {jr<»n[)pe an palais Ton observaient qu'au moment où Ton avait arri'té Ronsin et Vincetit plusieurs sans culottes l'avait été aussi , ce n'est pourtant pas que ces deux citoyens jouiiisent d'une très bonne réputation dans Topinion da peuple, notamment, Vincent depuis que les Jacobins ont réhxsé» de ie recevoir Ton dit qu'il faut qu'il y est quelque chose sur son compte en (jénéral , tous les individus chassés de la société des Jacobins on perdu la confiance pul)lique.

» Un citoyen dans un grouppe ce soir disais qu'il n'était pas juste que les restaurateurs, ils leur soient permis d'avoir malgré la disette de viande chez eux la moitié d'un bœuf, d'un veau et d*un mouton , tandis que des pères de famille ne pouvaient point mettre le pot au feu chez eus lorsqu'ils 1 ont leurs femmes malades; tandis que l'on y va faire unej partie de manger, les meilleurs morceaux chez les traiteurs, ce citoyen demandait qu'il ne fut pas permis à un restaurateur d*avoir plus.de viande qu'un autre particulier, et ^il veut donner à manger qu'il doiuie des haricots, des [lomnies de terre, quantité d'honnêtes citoyens sont l>ien ohli(;e/, d'en manger dans ce nioiiient-ci ; tous ceux qui l'écoutaient l'approuvèn'ut très -Fort, il n'y a fjue les fjens aisés qui vont mnn- {;er chez les traiteurs, l'on y va souvent avec des filles pour ce régalée tandis que le pauvre sans-culotte ne man{;e que du pain; il disait que les sections devraient prendre cela en considération et Je demander à la commune de Paris ; un citoyen disait que sa section avait pris un arrêté pour feire tomber toutes les marchandises, mais que lorsque l'on a demandé l'exécution de cet arrêté, les procès-verbaux, et les adhésions des autres sections se sont trouvés perdues parce que la plus part des sections soutiennent les marchands : c'est du moins ce qu'observe le peuple.

^ Vinccnl et It(>n»>in, arru-té.-* de (1ila|)ii]atiuns et ilénoncps p.ir Phillppcaux comme auteard de» revers de la guerre contre le« Vendécnii, avaient été dflorétôt d «ncMsliaa, puis pattchéi, put inoucént de nonveta. Row aorom occanon d« parler ailleun de cet deux dénu|ogiiet.

» Les aristocrates» dit le peuple, resemblent à une multitude de pigeons qui dévastent un champ, il leur fiiut un ëpouTantailles et cette ëpouvantail est la guillotine.

» Signé : POURVOYEI K. »

Cour du Commerce, me Marat.

SupplémeiU aux observations du l" ventAse.

K La séance des Jacohins n'a présenté après le scrutin épuratoire , par lequel (iarnier de Saintes a été admis , • d'autre intérêt qu'une discussion qui s'est élevée entre Dufourni et GoUot d'Uerbois. L'arrestation de Proli ' en a été la première cause. Quelques membres ayant annoncé cette nouvelle à un des secrétaires, Dufoumi, qui n'en avait pas encore entendu parler, la gobée avec avidité pour avoir le plaisir, de l'annoncer le premier il est monté à la tribune , et comme s'il avait contribué efficacement à cette arrestation , il a parié des avantages que devait en retirer la chose publique. Gollot d'Herbois le principal auteur de la découverte de Proli, lui qui avait mis des gens à la poursuite de ce contrevolutionnaire, a reproché à Dufoumi, sa manière de vouloir tout s'approprier, de vouloir toujours parler de se mettre en scène sur tous le» objets qui se présentaient et de faire perdre bcaucouj) de teius à Ui .so< iété pour Tentrctenir de lui, ou de quelques indivi(lii> tjui ne iiiéritaiciil pas souvent de roccuj)er. Celte >ioitie a excitt' l'bunieur de Dûfourni' tpii n'à prt, nial{;ré son patriotisme et ses talens, détruire les vérités dont Gollot d'Uerbois la accablé.

» Signé: DuGAS. »

* Pn^, baron allemand, était do parti d*H4bert, et devait partager le sort de ses chefs.

"- T>iifourny de Vîllicr- . ni < Intrctr . .n ;tit été un des rliefs de la révolatioii du 31 mai . rr rtnil parmi les orateurs les plus assidus des .Iacnliin!S. Il s'avisera un joui d atta<|ucr Hobeapicrre, qui le fera chasser du club san* lot accorder la parole pour se justifier. — Le 9 thermidor le sauva.

LA RUE, LE CLUB, LA FAMIiNE.

BÊ^pvrî du citoyen Hanriot, eammistain etseruaieur

dam Pam,

u La société de réconomie rurale séaate rue d'Anjou ThioDTille Tient de faire une adresse à la section de la Montagne.

s Cette société pleine de patriotisme représente que la bmine étant le seul espoir qui reste aux puissances coalisées pour subjuguer les Français , il étoit important de la prévenir ; mais comment! en mettant à profit tons les terreins qui sont incultes dans Paris, et dans ses emrirons, il ne feut pas même en excepter les jardins de luxe et de pur agrément ; c'est dans ces terres bien préparées que nous jetterons les semences de ces léf>^mes et de ces haricots dont le suc nourricier est si salutaire à la vie. Je demande doue au nom de la société que la section de la Montagne de concert avec les autres prenne connoissance de tous les terreins de son arrondissement et qu'elle s'occupe de> mesures les plus prompte.*» et les plus eflicaces pour en tirer les alimeus nécessaires. Cette motion fort applaudie a été mise aux Toix ; quant au défrichement qu'elle présente, quant à la pr^»aration des tepras, elle n'a souffert aucune difficulté. Tant que nous aurons des légumes, des haricots et des ponomes de terre, a dit un membre, nous sommes surs de vivre et d'éviter cette fiunine horrible que les malveillans souhaitent introduire dans Paris. La diffioilté n'a donc roulé que sur la question de savoir si les sections avoient le droit de s'approprier ces terreins sans Fagrément des autorités constituées. Un grand nombre prétendoit que la solution de cette question étoit du ressort de la Convention nationale et qu'il falloit lui présenter cette motion pour obtenir un décret ù ce sujet. La discussion étoit presque fermée lorsqu'un membre montant à la tribune a dit : En sollicitant un décret a ce sujet de la part de la Convention nou:> sommes sures qu'elle demandera d'abord d'examiner la proposition , qu*a-

près Texamen , elle la renTerra à son comité des domaines. Voilà donc, a-t^il dit sagement, deja du teros de perdu, tems pretieux puisque c*est dans ce moment que Ion prépare les terres à recevoir la semence des légumes dont nous pourrions jouir au printems. Mais c'est la hiérarchie des pouvoirs qui doit nous guider dans notre démarche. Le département, les directoires du district sont les seules autorités dont l'acquies* cernent nous est nécessaire en pareil cas. — Son avis a été unaniment accepté, et il a été décidé qu*on en ferait aussitôt la demande au département. *

3 VEMTOSB (80 PÉVRIEB).

Bapport de Charmant,

VIVE LA nÉPUBLIQlK!

Paris, ce dcttiicme jour dm tmiiAm, Tan dansièiiie àt b RépubliqiH!

Crançaiw une et indivisible.

«Les bouchers sontrohjet delà solicitude public. La majeur partie des traiteurs sont sans viande depuis deux jour et il nexiste point de légumes, une grande partie des ouvriers murmurent de ne point trouvér de de quoi mangér à Iheure de leurs repas, il seroit nécessaire que la Commune réfléchisse sur cette disette qui pouroit amenér quelque mouvement, car on dit si cela continue, il feudra nous égor^jer les uns les autres; puissent quil ny a plus rien pour -vivre. G*est ainsi que parloit les ouvriers aujourd'hui.

» Le cours du salpêtre se continue avec

force ; on admire avec plai«)ir ce concours prodigieux de citoyens qu'il attirent, tous veulleut apprendre à exploittér le salpêtre. Les sections sont dans la plus grande activité , la section Marat en a déjà fait plus de cent cinquante livres extrait de moyenne cbaudierre. Ainsi que doive penser nos

LA BUE, LE CLUB, LA FAMIKE. 6f)

ennemis de nos travaux, cela seul doit les faire trembler. Veilla comme od parle et comme pease les vray saos culotte de Pari^.M

Autre rapport.

l'ai tout on j'ai t'te aujourd'hui j'ai entendu Ifs citoyens se plaindio du manque de comestibles en général, j'ai été à la halle voir comme elle étoit approvisioné sur le midi, il ni avoit rien r|uc 3 ou 4 restants de saumons mais pas de légumes sèches ni heure ni œuf; faubourg Saint-Germain mêmes plaintes. Une personne dit dans un endroit ou jaitois :. Je suis d'Ârpajon nous en manquons a Arpajon tout comme a Paris; l'ou met tout en réquisition dans nos campagnes pour Paris. Paris ne devroit pas être sy acourt sy la malveillanoe n*en s'en mellait pas; c'est a quoy qu'il serait bon que Ton fit attention.

» A la société des gardes firançaises Ion a beaucoup parlé sur cet objet; un citoyen a dit qu'il était alreux de voir des marchands de draps avoir dans leurs caves des 50 a 60 pièces de vin ; quil en connoissoit ; quil déçoit avoir des provisions de bouche à ])roporsion. Un autre a dit quil avait vu entrer dans sa maison 22 barils dharens et un cochon tout entier que les riches é^joïstes sont fournis, tandis que les vrais sans culotea ne peuvent plus se procurer de quoy nourir leur famille. »

Rapport du cUoyen Hanriot, commissaire observateur

dans Paris,

• La disette de la viande va toujours en croissant, il faut se morfondre trois ou quatre heures à la porte des bouchers, incertains même d*en avoir au bout de ce terme. Voilà la plainte des malheureux sans-culottes; elle a même entièrement manquée aujourdhoi dans plusieurs étaux. Les patriotes bien portant supportent patiemment cette priva-

tion, mais elle e»t bien douloureuse pour les malades, à qui Ton ne peut donner le bouillon nécessaire en attendant le retour de T abondance que promet le zèle actif des administrateurs, il est très-instant (et c'est le vœu de tous) d'aviser aux moyens de fournir sans obstacle aux besoins de Thumanitë souffrante. — Il s'élève de toutes parts des plaintes contre le service de la poste de Paris , on lui reproche beaucoup d'ineiactitude soit pour la distribution des lettres , ou des journaux , plusieurs personnes m'ont assuré qu'il étoit trè»ordinaire de ne recevoir les lettres que le lendemain de leur remise à la poste, souvent le lendemain , quelque fois point du tout. EUes se proposent de dénoncer cette négligence reprehensibles. «

3 vbutôsb (21 rftvaiEa).

Cafjé de Voix, — » Ce caffé si fréquj'nté, si abonrinnl eu politique, se remplit aujourd'hui comme presque tous les lieux publics, d'indifféreuts ou de sourds et muets qui craignent d'entendre ou de parler. Hier au soir on y lisoit le journal qui, comme les sermons des fameux prédicateurs, était accompagnée d'une foule d'auditeurs si considérable^ , que la queue s'étendait jusques dans l'office du limonadier; après la lecture, qui par là devenait encore pins semblable à un sermon, silence profond, conversations à Toreille ou sur des choses étrangères, jeux et boissons.

s La maison Égalité elle-même, ce centre précoce et ardent de patriotisme, n'oSre plus depuis lon^^temps la moindre trace de rassemblement. Il n'existe absolument que le çrouppe immortel du jardin national et celui que la curiosité forme dans la cour du Palais de la Justice nationale.

» Est cela la preuve que le Gouvernement prend de la consistance, ou que l'un est las de politique, ou que l'on

trooTe aujourd^luii ce sujet trop épineux? J'ignore; c'est aux habiles à décider cette question.

» Signé : Pkrhière. »

« Les ouvriers ^e plai{pient trèb-tortement de ce

<|u il» ne peuvent plus avoir dans les auberges de viande ni soupe; ils mangent du pain et des liarengs-sors; dans presque tontes les aul)er(;es, il n'v avoit pas une once de viande. Les légumes par cette raison sont d'un rare étonnant et montés à un prix exorbitant.

> Quatre particuliers employés à tirer les cercueils des» églises , rapportent qu'il a été levé des Corps qui n'ont pas été imidés dans les cimetières. Les commissaires nommés à cet effet n'ont pas voulu; ces particuliers disent que bien certainement on y aura trouvé des bijoux en ce que les personnes qui y étoient renfermés étoient trés-rtcfaes, que sur ces cercueOs il y avoit de trèS'grandes plaques d'argent pour indiquer ceux qui. y étoient.

•.Les champs Elisées renferment non seulement des voleurs et filoux, mais encore des hommes sans pudeur qui insultent toutes les femmes qui y passent ; un de ces hommes vit passer une femme a qui il a tenu les propos les plus sàles a defeit sa culotte et la poursuivie, enfin il est impossible de dire qu ClIe en a été le résultat; cette femme s'est enfuie a toutes jand)es, beaucoup de ces scélérats s'adressent à des enfiants qu'ils cbercliml à corrompre; il seroit très-apropos de faire surveiller ces endroits qui touruiiiient de (|ueux.

• Signé : Prévost. »

« Lollier, agent national, recommande plus que jamais Fanion entre les vrais vépoblicains, et dans le même placard il feit sentir la néc«MÎIé de cette union sans laquelle tout serait perdu.

" On a répandu que la teinme de Cliaudot', livrée à son dt3sesj)oir depuis revéeution de son mari, s'était précipité j)ar la fenêtre et qu'elle était enceinte. On a pas manqué de citer à ce sujet Thistoire tragique de la femme Auriol,<le Lyon, qui s'est jettée dans le Rhône a%'ec ses deux enfans dans une même circonstance.

» Le Siège de Toulon, au théâtre de la rue Feydeau, attire toujours beaucoup de monde. On ne se lasse pas de M*f amuser du rolle que Pon y feit jouer an ci-devant iUbiisieur; et qui est rempli par un acteur qui le copie parfaitement.

» Âux Jacobins, après la lecture de la correspondance et le scrutin ëpuratoire de cinq ou six membres, Carrier, représentant du peuple , est montée à la tribune. Il y a fiiit Thistorique de la guerre de la Vendée, à peu près et dans les mêmes termes qu'il l'avait faite à la Convention. Les rësul^ t&ts en sont qu'il y a encore vinjjt mille lionuiies armés ou non armé-, à détruire dans ce mallieureux pavs, et que dans deux nmi> au [)1iin tard, par les me>ures <pii ont été prises, la paix réjjnera enfin dans toute cette contrée.

» ('arrier descendait de la tribune lorsque la société lui a demandé son opinion sur les généraux qui ont servi dans cette guerre. II a fait l'éloge des talens et de la modestie de Rossignol ; mais à l'égard de Westorman , il a déclaré que malgré son courage et son audace il ne le croyait pas propre a commander une armée. Phelippeaux n'a pas été oublié : Carrier ne le regarde pas comme un conspirateur, mais comme un fou, qui n*a jamais vu en fece un seul rebelle de la Vendée, et qui prétendait toujours que son panache avait été caressé par les balles des ennenus.

• Thirion a parlé pour dépendre Westerman, mais CoUot d*Herbois la refîité complètement.

«• Avant-hier, la force armée avait dissipé et arrêté piu- .sieurs personnes en hommes et en femmes dans un souter-

< Viv.ini-Jean-BapU«le Chaudot, notaire, condamné à mort le 25 plu-

vioie an II.

rain du jardin de la Hévolution, où l'on dansait; — aujourd'hui le bal a re])ri> de plus belle, et Ton a dansé jusqu'à ooze heures du soir.

» Stgné : Duc as. •

Le compte renda suivant de la séance du 3 venUtoe au club des Jacobins, que nous empruntons au Moniteur, fera oonnatire au juste l'état des esprits dans Ivs assemblées populaires et les

influences qui dominaient sur les Jacobins. Carrier est patroné . par Collot; c'est le lu'-ros du moment. Uousin , Rossignol , sont justifiés aux dépens de Phéiippeaux et de Westermann. Les bé> beriistes remportent : triomphe de courte durée.

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