G PARIS £K
y est fort couou, et Ton fait cercle antour de lui pour apprendre ce qui se passe au tribunal révolutionnaire, et qu*ii se plaît k raconter avec des commentaires. Avant-hier,
comme il entroit au cafFé , une personne lui dit : Eh bien ,
voilà Hébert et consorts arrêtés! Qu'en dites-vous? L'autre le re{;;ircla d un air qui montroit de l'embarras et du dépit, et lui dit : <Juc voulc/ vous que je réponde? l'tiis il (ourna \r (!()>. et sortit. Hier, au uienie caffé, où il se Irouvoil quelque- eit()\eiis parlant devant lui des conspirateurs, qu'ils traituient il allVeux scélérats , se deniandoienl s'ils ne seroient pas bientôt dét apili's. Il ne faut |)as se hâter de les jufjer ainsi, répondit notre tionime, c'est lejuri et le juri seul qui peut le> ondamner. On a beau dire contre eux tout ce qui peut les faire regarder comme coupables, je ne prononce pas mon opinion que la majorité du juri n*ait prononcé. N'at-on pas vu ce qui est arrivé à Marat , que tant de malveillans vouloient faire condamner? 11 parut au tribunal révolutionnaire , et il fut absout; ceux dont vous parlez ne peuventils pas l'être aussi? On lui dit que cette comparaison n*étoit pas juste; il ne répliqua point. Cet homme est assez gros, d'environ cinq pieds quatre pouces, un visage gros et joufflu, les yeux un peu rouges; il est ordinairement vétu d*un habit de velours brun et un peu passé , et porte un chapeau rond. Je crois que cet homme doit être surveillé! Les remarques que je fais à son sujet peuvent n'être rien, mais aussi elles peuvent ouvrir la voye à des remarques et à des découvertes infiniment importantes. Où en seroit la chose publique, ou en .s< rion>-nous si les complices ou les amis des coupables pouvoient corrompre ou iuHuencer lejuri?*
Rapport du cUoyvii C.
« On débitoit aujourdMiuy qu'il y arrivoit à Paris, ces
jours cy, plus de cinquante voitures de beurre et d'œufs pour sou approvisiouuemeut. Voyez-vous, disoit une bonne
flemme, quo depuis» que ces coquins là sont pris les denrées nous abondent ; oh! pour le coup nous pouvons dire que cela va. Ne serolt-il pas possible, continua-t-elle , do renouveller la coniniuut' toule entier, car il v a lieu de croire qu'ils y sont tous pour quel(jue chose. Oh! sûrement, di.soit lui citoven ; je crois plus, c'c^l que i on l'eroit bien de les mètre provisoirement tous en état d'arrestation ■
Ohiftnationi du citoyen JioUn.
« On est alMolument persuadez dans le public que les indmdtts à la botitonoière desquels pend un petit bonoet de la liberté sont dans la conspiration qui vient d'être découverte, et que ce sifine de notre liberté devonoit, entre Ica niaius de ces hoinnies >yns pudeur, un si{»ue de rallienjent et de proscription pour le» p:uluils patriotes. Ce (ju'il v a en cela de très certain, c'est (pie la pluspart de ceu\ rpii le portoieut l'ont ôté ; on reuiarque que beaucoup de citoven> eu place daus les comili's rovolutiotniaires et civils qui atïectoient de s'en décorer n'o»e plus le porter.
» Ce matin les citoïennes de la halle et celles du marché de la place Maubert applaudissoieot à l'arrestation du citoyen Cbaumette. Un citoyen factionnaire, à la place Maubert, pour maintenir le bon ordre , dit à une des citoyennes qui claquoit des mains en se réjouissant de celte arrestation, qu^il n'étoit encore que présumé coupable, mais non con- ▼aincu ; elle lui dît : Va f...., si on lui rend justice , la guillotine ne le manquera point; il y a longtems que le j... f..... nous trompe. Et elle fut approuvée de tout le monde. «
Rapport de Latour'Lanumtagne.
« Datis tous les raFft's où on lit pnMifjunnenl le journal du soir, vl iiotninineiit au ta Ht- de la R('pui)li(jue , de lonjjs murmures «>e sont élevés quar)d le leeteur a annoiic»' <|ue la inuuici|)alit(> de Paris demaiidoit a être admise à la i»arre; c'est avec peine qu'on a oliteriii un njoiuent de «ileuce pour entendre son discours, qui a reçu les tnèmes marcjnes d'improbation. Tout le monde a applaudi à la réponse du président, qui a £ait sentir à la municipalité le tort que lui fiiisoit dans l'opinion publique une démarche aussi tardive. Quelques rires improbateurs ont égallement éclatés sur le passage de cette foule de tribunaux qui viennent protester de leur dévouement à la chose publique lorsqu'elle n'est plus en danger. Si les conspirateurs eussent réussi, disoit-on hautement, un grand nombre de ceux qui le traînent aujourd'hui à la Convention eussent volé au-devant d'eux. Les comités de sûreté générale et de salut public ne sauroient trop se hâter d'exécuter le sage décret qui les charge de l'épuration des autorités constituées, dont <ptelques membres ont trempé dans la conspiration, et qui ont (jnrdé un silence coupable quand les François de toutes parts venoient se serrer autour de la Convention et lui faire de leurs corps un bouclier impénétrable.
» Ou a appris avec transjiort que primidi prochain les conspirateurs comparaîtront de\nnt le tril)nnal redoutable qui doit prononcer sur leur Nort. Ouelipies vui\ encore s'élèvent en leur faveur et disi nt qu'il tant attendre la décision du juri pour savoir s'ils sont coupables. Les comités de salut public et de snreté {jéru'rale , disoit un saus-culotle , voilà mou juri, il ne m'a jamais trompé. Mais, lui a repli<pit" un citoyen , les comités dans cette affaire sont accusateurs et non ju(][es; ainsi il n'y a enom rien de prononcé. Gela vous plait à dire, a répondu le sans-culotte; les comités n'accusent point sans preuves, et, selon moi, il ne reste pas grand'chose à foire au tribunal. »
LA KUE, LE CLUB, LA Ï AMKNE.
Rapport (le Prévost.
• Beaucoup de particuliers annooçoient l'arrestation de Haoriot, et qu'il étoit détenu à l'Abbaye; d'autres, que Chabot avoit été empoisonné.
» Les prismis sont tenus le plus secrètement possible ; le« guichetiers n'ont pas la fiicilité d'y receroir leurs femmes; ils n*eu sont pas filchés, d'autant qu'ils aiment cette mesure de sâreté.
• Partout on entend dire aux citoyens qu^ils n'ont plus g[rande conBance à tous ceux qui sont en place, d'après Tarrcstation de plusieurs d'entre eux; cependant ils aKcndenI avec la plus grande conliauce la hieuveilhnice du comité de salut puhlic, qui veille sans ce«^^e à nos int» rctN cornnuins.
« Tous les citovens désirent (ju on nictlc en lilicrt»'- ton-> ceux d entre les délenn> (jui ne sont j)as conj)al)Ic>, et <jui soutirent cruellement d'être entérmés au milieu tl un ta■^ de scélérats; ils n'i(j:norent pa> (juc des onires arbitraires en ont fait incarcérer heaucoup; on demande (pie ceux des citoyens qui ne sont pas coupables soient rendir> à la société. »
m Police. — On fait des patrouilles depuis onze jusqu'à deux heures du matin daoi» les environs de Paris pour veiller à Tarrivage des vins dans la capitale, et empêcher qu'on ne les accaparent; beaucouj) de cUoyens désireroient que ces patrouilles ne sortent de chaque poste qu'à deux heures du matin jusqu'à six heures ; c'est absolument l'heure où les denrées arrivent dans Paris. »
liajiport de Perrière»
« On criait hier soir l'arrestation de la « Jacqueline
du P. Duchéne • . C'est ainsi que le peuple, mêlant l'ironie à la foreur contre celui qu'il aimait tant, se sert des propres expressions et des sentiments qu'il montrait dans sa feuille pour appeller sur sa téte la justice nationale et lui rendre
»0 l'AKlS K.N 179V.
son chàtim«iit plus amer. • Il jfwm véritablement sa yift aujounTbui» disent les uns. — > 11 en aura une à sa bouche, disent les autres, en allant à la guillotine; H çaura mieux (|uVn autre potier h la main chaude, mettre sa tête à la fc' nétre et cracher dans le sac. — SaTes-voûs, dit un troisième, quel était le fond de sa façon de penser? Quand il était bou' grement en colère, c*est que le complot allait bien, et quand il était en grande j'^yc, c'est qu*il y avait quelque chose qui clochait. — Quand il montera à l'échafaud, disent quelques autres , des citoyens seront chargés de crier à ses oreilles : « Il e»t l)ien content aujourd'hui, le P. Duchéne, de voir i|ue Ton pur^je les aristocrates, etc. »
•M) VENTÔSE (20 mars).
Uapport de J, B, B.
« On lit ^ur la porto et sur les murs de TObservatoire : Maison nationale à vendre» C'est sans doute par erreur que Ton à mis une pareille inscription sur un édifice que l'orgueil (Kun despote fit élever à grands frais, mais qu'une nation libre et éclairée doit conserver au progrés des sciences.
» Dénonciation» — Quelques sections font vendre des voitures de beurra et d*œofs qui arrivent dans leur arrondissement. Cette mesura serait excusable s'il y en avoit de destinées pour toutes les sections; quoiqu'alors il vaudrait mieux vendra les denrées dans les marché publics. Mais il parott que les sections voisines des barrières jouissent exclusivement de ce privilège. Ainsi les citoyens qui demeurent dans rintérieur de Paris, et qui n*ont d'autres ressources que le marahé , n'y trouvent rien , uu sont obligés de payer plus cher.
» Conspiration. — Dans tous les ijroupes, on ne parle que de la conjuration. Les prisonniers autrichiens, qui se trouvent, dit-on, au nombre de vingt-cinq mille, tant à Paris que
LA RUE, LE CLUB, LA FAMINE. fil
dans les environs, occupoient plus que les conspirateurs. CTëtoit sur le ministre de la guerre ' que retomboient toutes les imprécations; et cet homme qui, huit jours auparavant, méritoit seul d'être conservé au ministère, auroit été volon* tiers conduit aujourd'hui à Téchafaud par eux-mêmes qui le re(;ardoient un peu auparavant comme le meilleur des ministres. On dit qu'en foisaot venir les prisonniers autour de Paris il avoit les mêmes intentions que le tyran lorsqu'il fit camper les Suisses dans le Champ de Mars , et on en conclut naturellement qu'il doit avoir le même sort. Le peuple pareil se re[)tMitir de la facilité avec Lupielie il a donm'' jiisqn'i» i sa confiance h des hommes qui l'ont î>i cruellement trompé. C'ctoit un excès auquel il veut renoiu ( r j)onr doinier dans un antre; car il ne veut plus >e fier à personne. On pourrdit profiter de ce moment et do ces dispositioiis pour faire au peuple une adresse dans laquelle on le détacheroit des hommes qui figurent dans la révolution, pour rallacheraux principes, qui ne le tromperont jamais, et renga(;[er à rester uni à la Convention et au gouvernement révolutionnaire, qui peut seul sauver la France.
• Temples de la liaison. — T>an> quelques-uns, on a lu le rapport de Saint-Just, et cette lecture étoit couverte d'unanimes applaudissemens. Dans d'autres, le discours de Bîl» laud-Varennes aux Jacobins, sur la conspiration, le rapport d'Amar sur Chabot et ses complices, ont été lus et accompagnés «Fezcellentes réflexions , et même d'anecdotes intéressantes sur le capucin devenu si fameux.
» On voyoit autrefois dans les églises beaucoup plus de femmes que d'hommes : c'est de même dans les temples de la Raison : peu d'hommes et beaucoup de femmes.
» Observation. — Rien d'interressant dans les sections où il a été possible de s'introduire : rapport de la cârénionie qui avoit eu lieu le matin et grandes difficultés sur les certificats de civisme; mais rien qui intéresse l'esprit public* »
* BondMtle.
l'ARlS E2i 1794.
Rapport du citoyen Hanriot,
« Partout riudi^'jnad'on contre le {u'tc Ducliesneest portée à son comble. Jadis Deriie fut l'objet de rexëcration publique, aujourd'hui c'est le père Duchesne. Dans les groupes on les met en parallèlle. « Deriie a empoisonné et assassiné» disoit-on hier au jardin des Tbuileries ; le père Duchesne, en arrêtant les subsistances, a déjà fait mourir quantité de bous citoyens, et beaucoup d'autres ont été empoisonnés par les boissons. Mais, ajoutoilron, Deriie a subi un châtiment {)ioj)()rtionné à ses crimes', au lieu que le père Duchesne mourra de la mort la plus douce, p
» Les mêmes personnes disoient qu*à Texemplt* de Chabot il avoit cherché à s'empoisonner dans sa prison, el (]u'il éloit n«'f('-'>aire de prendre des précautions pour que la loi seule eu (il justice.
" On a>suroil auï.M (jue .>a Jat (]uelino et la cito\(Miiu' Moiiioro étoit dar»-. des eonvuI»ioii> ailreiises depiii> leur arrestation. " Tant niieuv, disoit-on, ce sont les reproches de la conî»cienee qui letii- eaiiNent de pareils tournienls. »
» Dans tou^ le» eafk> où j'ai parù, je me suis apperçû de la déiianee que Ton jettoit sur ces patriotes chauds et ardents qui portent tout à Texcès, et à qui la nature a donné ce talent d'éloquence qui transportent tout» ceux qui les écoutent; par leurs mesures ultra-ré vol utionnaiies, ils tendent la main à Taristocratie pour la faire sortir de son principe •
Rapport de Dugas.
« On assure que Vincent avoit placé une infinité de
traîtres dans nos armées, et qu'il est parti plusieurs courriers pour les iaire mettre en arrestation.
* Desnies, fameux enpoisonnear, avait été roué.
Digjtized
LA aOE» LE CLUB, LA FAMINE. 873
» Les scellés ont [été apposés sur la boutique du libraire, sous les galeries du jardin de la Révolution, et il y a eu un garde dans celle de Gatley, son Toisin et libraire comme lui.
» Tous les speclacles étoient pleins; mais l'affluence étoit si grande à celui de la rue Feydeau, que plus de cinq cents personnes n*ont pu avoir des billets.
» Les marchandes de la maison l^(|alité sont toujours bien pourvues (r.ijjneaux, de moutons de présalé, dt; {gibier et de toutes sortes de volaille. Aujourd'hui, dans le passa{j;e appelé Du Perron , on demandait d'un (;i(j;ot de mouton de présalé : trente livres!
» Sous Ie> jjaleries, on a encore ouvert le bal qui se lenoit dans la grotte flamande. En vain l'on a arrêté trois ou quatre fois les danseurs et les danseuses qui s'y rendoient , des rassemblemens s'y font encore, et ce lieu a besoin d'être bien surveillé. •
BappoH de Bacon*
K 11 y avoit beaucoup de monde au temple de la Raison (cy-devant église Saint^Augustin) ; Barron , juge de paix de la section de Guillaume-Tell, a lut le discours de Saint Just sur la nouvelle conspiration ourdie contre le peuple français. Gomme il parle avec chaleur et beaucoup de feu, j*ai vû des hommes , des femmes verser des larmes. Ce discours a été écouté dans le plus grand silence et avec le plus vif intérêt par les spectateurs. Aussi des porteurs d'eaiji qui étoient à côté de moi disoient : • Qui auroit cru cela de tous ces guerdins? A présent on n'aura pas beaucoup de confiance en tous ces braillards qui n*étoient occupés qu'à fiiire des motions pour mieux nous tromper. » D'autres orateurs ont aussi parlé de la nouvelle faction, et ont fait sentir au peuple que toute ^a force u étoit que dans l'union et dans^
une Buireillance contiDuelle. (Vîfe applaudÎMemens.) On a ensnite chanté des hymnes patriotiques, et toujours aux cris de Vwe la BépubU^iue! Vive la Cmweniion!
» L'assemblée générale de la section de ht Maison commune ëtoit extrêmement nombreuse. On a passé au scrutin épuratoire les gendarmes prés les tribunaux domiciliés dans Tétendue de la section. Beaucoup ont été rejettés, c*est- &-dire qu'au bas de la liste qui sera envoyée au comité de salut public contenant leur nom , il y aura ces motsH» ; iVbi>assidus à leurs devoin. On a parlé lon^^temps de toutes les autorités constituées de cette section. Après une lonf^ne et très-longue discussion, elles seront toutes passées au creuset épuratoire. (L'esprit public révolutionnaire.)
« L'asscmMée g«^nérale rie la section de l'Arsenal a été très-hruvante , tros-orageusi' pendant longtems. Un homme, qu'oti a dit être (jeudaime et qui n'est point de la section, est venu prendre j)lace parmi les citoyens de l'Arsenal, a voulu même motionner. ( Bruit , confusion ; 25 honunes armés sont vernis pour s'emparer d'un tel individu, qui a été conduit au roinité. Chacun disoit : C'est un complice d'Hébert qui vient pour savoir ce que nous faisons; vite et rite, à la GoDciergerie ! ) Enfin le calme s* est rétabli pour s^occuper des certificats de civisme, et c'est à quoi toute la séance a été employée.
" L'assemblée générale de la section du Contrat social a été assez orageuse. Les portes des entrées de la salle ont été fermées. On prélendoit qu'il y avoit des individus dans le sein de l'assemblée non citoyens de la section. (Bruit et bruit.) On a lu difFérens imprimés du département, et on s'est occupé longtems des certificats de drisme. (L'esprit public m'a parut excellent.)
» L'assemblée générale de la section des Lomlmrds étoit très-nombreuse. On a parlé long^ems des nouveaux conspirateurs, qui seront mis en jugement demain. Leliérre, le jeune, a annoncé que tous les jours on en découvrent de nouveaux , que même la fection des Lombards en avoit dans
son étendue, mais qu'ils iroient tous à Téchalaud. (Vifs applaudissemens.) Vn citoyen a parlé assez lon^jtenis sur le même objet, et a lait sentir combien nous devions cire alla- f ché et de cœur et d'esprit à la Convenlion et au comité de i salut public. (Vi& applaudissemens, — Oui! s'est-on écrié, nous mourrons pour ia Convention! Vive la République!) On a lu différens arrêtés de la commune. (L'esprit public m'a paru excellent.)
» L'assemblée générale de la section de Guillaume>Tell éCoit très-nombreuse, et a été asses bruyante. Oo a parlé loogtems de la TÎande. Un membre a dit que souvent les bouchers avoîent de reste cbes eux, après avoir servi les gens riches, plus de quarante livres de viande; que les pau> vres malades en manqnoient, et que c'étoit une manigance <du comité révolutionnaire. (Bruit et bruit.) Le desordre a régné une grosse demie-beure. Les commissaires ont traité de désorganisât eur celui qui les avoit dénoncés. (Bruit.) On veut, disoient-ils, chagriner les patriotes eû égard à la nou- * velle coDspnratîon. ( Bruit.) Cet objet ne pouvant être discuté parce que tout étoit en rumeur, un membre du comité de bienfaisance a fait succéder la paix à l'oraj^e en entretenant ras>eniblée des défenseurs de la patrie et des secours qui revenoient à leuis pères, inères, etc.
» Cet objet devant durer lonj;tein[)s, d'après mes ()l)servations, je me suis en allé. Aussi, dans la cour des cv-devant Petits-Pères, près le lieu des séances, environ une douzaine de personnes parloient sur l'orage et le bruit qui venoient de se passer à l'assemblée. Un d'eux disoil aux autres : u Pïc voyez-vous pas, mes amis» que ce tapage provient cVune nouvelle faction qui se forme pour ( basser les gens des comités, afin de prendre leur place! JKe voyez-vous pas qu'il profite de Tafiaire d'Hébert pour nous chagriner! Ne nous laissons pas engourdir; il faut tenir fermes. » Effectivement^ tous ces orateurs sont rentrés dans rassemblée.
• Rue Paul , près la rue Antoine, il y a eù du bruit i la porte d'une fruitière, occasionné par des femmes, qui étoient
iM PARIS EN 1794.
au moins trois è quatre cens, et qui attendoient pour avoir du beurre. Elles se sont battues; elles juroient après les autorités constituées, et la (;arde n'a pû empêcher les cris, les plaintes , les mauvais propos tenus par de telles femmes.
» Dans un caFé près l'arsenal , des femmes en ca.saquin , et qui m'ont paru vlrv du tauhour}^ Antoine, disoient qu'aujourd'huv on avoil traiiu- d;Mi> la l)oue le portrait de Marat, qui se trouve conq)ronii> dans l'artaire d'Hébert. Dans un autre (ott', sur le lioulcvard, de^ hommes assinoient (pic bOU> peu <le jours la Convention Ici oit oter du Panthéon le corps de Marat, conuiif indij;ne d'y être, et qu'on niettroit à sa place une femme dont on n'a pas nonnné le nom.
» Le bruit a couru à la halle que demain il arriveroit seize voitures chargées de beurre, et qu'il en viendroit tous les jours autant. Les femmes qui entendoieot cette nouvelle disoient : « Si cela est, nous sommes sauvées, car nous
nous f. d'avoir de la viande après cela comme de ne
pas en avoir. »
» Dans différents cafEés, on disoit qu*il y avoit des ordres donnés pour arrêter le Q^énéral Senterre.
■ On a dit de même que le commandant général de la garde nationale parisienne étoit compromis dans l*a£hire d*Hébert. Ce bruit s'accrédite aussi dans le petit peuple.
» Paris jouit d'une grande tranquillité. »
LE H018 DE FlTRIBR AUX MOIS Dl liKYlKE IT Dl MAES
OOCTLETS Sm LE CALE?IDRIER RÉPCIILICAIBI.
A m : Du Prévôt des nuurchands.
Mestiettrt de mm etdejaavi«ri Vont vont raoqniex de ftvrier :
Près de trois fois sii cents années , Entre vous je fus comprimé :
Mais enfin dei âmes bien nées Viennent secourir l'opprimé.
Quand je n'avais que viti;;l-liiiit jours. Sur trente-nn vdiis ( ((iiiitlitv toujours : Avril, en me |)ic-t;iiit sa iuuc, Secondait votre lâcheté ; ]lfaiiit«nant je ferai fortune A Tombre de la liberté. '
Tous I»>8 (juatre ans, un jour dt* plus Dana ic8 miens ne trouvait inclus.
Par cet arrangement bûtarre, Quelquefois je comptais vinglnieuf : Mais aujourd'hui tout se répare; La France ouvre un siècle tout neuf.
Le temps reprenant son vrai cours ,
Chaque luois aura trente jours.
Dans le calendrier de Rome
Je fus déshérité par vous :
Mais {;râce aux lumières de Romme
L'égalité règne entre nous.
Dans le nouveau calendrier.
Je perds le nom de février.
Ce nom ne disait pas grand' chose;
Les vôtres ne valaient pas mieux :
Mais sous le titre de ventôse ^
J'épure la terre et les cieux.
Au changement que Fabre * a fait Nous gagnerons tous en e0et :
Car cet élève de Mohèrc Grave nos noms eu lettres d'or»
Depuis le gai vcnilc'tni'fit'rc Jusqu'au mperbc fructidor.
Rien de plus doux que (jcrminal} Rien de plus licau que Jloréal :
Tous ont à l.i iiK-tainnrpiiose Ga{*ne des noms bien composés ; Aivàse même, et pluviôse , Sont heureusement baptises.
* Rnittmr, rapporteur du eomifé d'iiKinic fion pour \p noiive.iu calendrier. 2 Fabre d'Eglantiue, auteur du PhiUnie de Molière y ra|jporteur de la commiMion pour la nouvelle dénomination des mois at des jours.
J'rinu'ili iim im' ,i ilno(h' , Triili, tfutirfiili, ijuimiili; Sextidi vient , it'plidi pa«8e, Puis octodi, pni» nonUi.:
Enfin çalment on se dëluse Dani le repos du décadi*
Trois fiii> cent, Imis fois dix joiiri ,
Du travail aiirnnt le x toiii h.
Ce fut la vuluntc (riin 8a(;c '.
Mai» des pontife» charialans Mettaient ton» le» jours en chdmage , Et commandaient Tabu» du temps.
Nous rriiipl noiis li s vieux elu»
l'ar !<•> tail lis et If s \ rrliis :
Voila nos ilu-u\, voila nos (juiiles ;
El laissant iu le rit romain ,
Le» cinq jours des smU'CuhÊUdes
Sont filetés du r<lpublicain.
An boni de troin ans reviendra L'an (]nc sc.itih' on r»nmnipra, La (inci- riit si's itl) infU/tih's :
Avr<- {>oni|)C on li-s ci lcbra :
Mais noM8 aurons nos fraiiciadcs Que Tnnivers adoptera.