GERMINAL (12 AVRIL
Ordre général du commandant HanrioL
• Des hoDiines plus que méchants, des fripons que la loi n*a pu encore atteindre, vont noctumement sur les grandes routes arrêter les œufs et le beurre destinés pour Paris; d'autres scélérats accaparent les oignons et légumes de première nécessité, les enfouissent dans la terre, et les y laissent pourrir plutôt que de les envoyer à Paris.
» D^autres brigaifds font accroire à certains hommes peureux et sans caractère que le commerçant n*est plus eo sûreté. Imposteurs, dites4ious, cites-nous l'atile du marchand qui a été violé par les pauvres démocrates sans-culottes! Riches propriétaires, nous ne voulons pas de vos piopnétés, de vos personnes ; respectei comme nous les décrets d% la Convention nationale, aimes les sans-culottes de la Convention comme nous les aimons, mettez en pratique l'humanité des mœurs et la vertu; riches propriétaires, marchez sous la loi avec nous, ne quittez jamais le sentier de la droiture, abandonnez votre éj^oisme, uriisse/-vous à nou> , embrassons-nous, serrons-nous étroitement, et tous les ennemis de la République seront vaiucus. »
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88 oBBimiAL (13 athil).
Subsistances et approvisionnements de la République.
La grande affiûre du moment est tonjoan la question des subsistanoes. Elle domine la politique et le gouvernement. La cir^ cnlaire miivante, que nous tirons des cartons des Archives de l'Empire (F. 12, 1546 6û), nous donne de précieux renseigne^ ments sur l*état de la question.
A Paris, le 23 germinal de l'an 11 de la République ■ne et indivinble.
La commission des subsistances et approvisionnements de la République au citoyen agent national de la commune de Paris,
« La loi Hii maxiynum était impatiemment attendue par le peuple, qui en faisait l'objet de ses espérances et la re(;ardait comme le terme de ses sacrifices; les marchands euxmêmes annonçant rimpossihilité de se soumettre aux conditions trop inégalesdupremiermaximum^semblaient promettre qn*à des conditions plus favorables le commerce ouvrirait ses magasins et déploierait ses eftbrts. Le nouveau maximum est proclamé ; nous sommes chargés d'en surveiller l'exécution; déjà nous sommes frappés du scandaleux spectacle de la violation de la loi et de l'inertie du commerce; les denrées sont soustraites aux yeux du peuple, ou lui sont offertes d'une qualité tellement altérée qu'il est réduit à chercher dans la transgression de la loi le remède à la disette, et à détruire ainsi la garantie du gouvernement, qui ne repose que sur le respect religieux qu'un peuple a pour ses lois.
» Quel génie malfiiisant s'attache donc aux institutions populaires pour les rendre sans effet? La nwlveiHance seraitp
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elle plus forte que la prévoyance de la loi? ses efforts plus puissants que l'énergie des magistrats? la soif de la cupidité plus insatiable que la patience du peuple n'est difficile i las&er?
» Lorsque le prix , souvent élevé, du nouveau maximum n'excite aucun mécontentement de la part des citoyens qui en supportent tout le poids, n'est-il pas étrange de trouver de la résistance du côté de ceux à qui la loi assure des bénéfices faisonnables ?
. • C'est à toi à tenir l'œil de la sunreillanoe oontinuellement ouvert sur les infractions, à provoquer contre elles toute ractivité d'une police sévère ; nous le le recommandons autant par respect pour la loi que pour l'intérêt de la commune de Paris. Paris ne produisant dans son sem aucune des dcn* rées nécessaires à sa consommation » serait bientôt à la merci de la cupidité des spéculateurs et la victime des combinaisons perfides des ennemis de la liberté, si on ne leur impose fortement le frein du cbàtiment.
> D'ailleurs, la justice et l'égalité exigent Tuniferme et générale exécution du maximum, autrement l'exact observateur ne recueillerait pour prix de sa soumission, s'il est consommateur, que la privation des objets auxquels il refuse de mettre un prix illicite ; s'il est marchand , la privatimi des bénéfices que la loi permet, la cnpidité de ses collègues tarissant bientôt les sources où il devait puiser.
» Après Texéeutiou exacte du maximum , l'attention des niii{;istrats doit se fixer sur la distribution des denrées que le coiimierce apporte à cette vaste cité, et que nous mettons à la disposition de ses administrateurs; et à ce sujet, nous ne pouvons dissimuler notic ( toimement sur la disette qu'aggravt! la fouie sans cesse e\i<>tante aux portes des détaillants de beurre, œufs, savon, sucre, et cependant les quantités de ces denrées arrivées et remises par nous à Paris, doivent suffire pour satisfaire pleinement à tous les besoins ou au moins en diminuer sensiblement la masse. Nous allons demander compte à l'administration des subsistances de la
commune de Teniploi des denrées que nous lui avons livrées de Marseille et d'Orléans. C'est à toi à examiner les niovens que l'administration de police emploie pour asMirer la distribution. Nous allons établir dans tous les lieux environnant Paris des surveillants actifs, qui épient la fraude, découvrent les manœuvres employées pour arrêter la circulation, et nous mettent à portée de détruire tous les obstacles.
» Toi, lève toutes les entraves intérieures qui gênent l'approYÎsionnement de Paris; s'il est juste que les denrées qui y sont appelées pour sa consomnMtîooii'en soient pas enlevées, il est imprudent de vouloir asservir le cultivateur à être le tributaire de cette commune, sans rien offirir en échaoge des denrées qu'il apporte. Que l'iodustrie et le commerce soient enfin afiBranobis de tout joug étranger À celui de la loi; qn'un zèle aveogle et malentendu ou une coupable malveillance n'enchatnent plus leurs efforts; qu'on laisse leurs productions suivre leur cours ordinaire, et attirer en retour les objets dont la privation nous est insupportable; qu*on cesse de décourager, de rebuter par d'inutiles fbnnalités ceux qui nous approvisionnent, et que tout ce que la loi a laissé de liberté au commerce et à Tindustrie leur soit garanti. Tels sont les moyens de fiûre cesser la disette alarmante qui nous assiège et de ramener Pabondanoe. Veille au dedans, et sois persuadé que nous veillons au dehors, pour assurer la subsistance de Paris contre tous les obstacles de la cupidité et de la malveillance. «
• Salut et firatemité.
• Pour copie :
• Le président de la commission, » JOCBIINEAIJLT. »